Le nain, ce plouc ?
Par  Olivier Pansieri
Sous la baguette attentionnée de Franck Ollu, ce « Nain » donné dans sa forme réduite, fait ressortir les rutilantes trouvailles du Viennois Zemlinsky, compositeur incurablement Art Nouveau. Mathias Vidal prête sa voix puissante au rôle-titre, Julie Robard-Gendre sa forte sensibilité à celui de Ghita et l’Orchestre symphonique de Bretagne sa fougue aux fulgurances de cette lettre ouverte aux sans-cœurs. On est moins convaincu par le reste.

Travaux d’élèves
Par Trina Mounier
Dans le cadre d’un de ces weekends ouverts à la jeune création, les Subsistances accueillaient Les Divins Animaux et leur spectacle de sortie de résidence. Ils montrent qu’ils connaissent toutes les astuces du métier, malgré la fragilité du fil censé les conduire.

Un Blanc au purgatoire
Par Olivier Pansieri
Cette adaptation du roman de John Maxwell Coetzee, « Disgrâce », a tout pour déplaire. Violences, humiliations, rien ne manque à ce sombre tableau de la vie rêvée des anges déchus de l’Afrique du Sud. Puis on se surprend à le contempler, de plus en plus remué. Quelque chose a lieu là, de l’ordre de l’universel, qui nous étreint et ne nous lâche plus.

Babel sur scène
Par Trina Mounier
Avec « Tous des oiseaux », Wajdi Mouawad revient aux grandes fresques dont il a le secret, mêlant les histoires intimes d’amour et de filiation aux conflits qui ensanglantent son Moyen-Orient natal. Une fable admirable sur le poids des héritages.

Vinaver mal employé
Par Trina Mounier
Michel Vinaver écrit « la Demande d’emploi » au début des années 1970, juste avant la fin des trente glorieuses. Avec une grande clairvoyance, il annonce les bouleversements du monde de l’entreprise, et le broiement progressif des individus. La démonstration, mise en scène par René Loyon, est brillante mais glacée, et surtout terriblement datée.

Terreur dans les salles obscures
Par Trina Mounier
Deux jeunes metteurs en scène à peine sortis du Conservatoire de Lyon, Benjamin Groëtzinger et Benoît Peillon, s’emparent du livre de Jim Thompson et du film qu’Alain Corneau en a tiré : « Série noire ». Une adaptation culottée, pleine de références, mais non sans distances.

Justice pour le bovarysme !
Par Trina Mounier
Quand le metteur en scène Tiago Rodrigues s’empare du célèbre roman de Gustave Flaubert, il s’intéresse à sa sulfureuse héroïne autant qu’à l’auteur et à la société bien-pensante de l’époque. Plaidoyer pour une conception scandaleuse de la littérature !

Zone à défendre
Par Michel Dieuaide
Dans la mythologie grecque, Antigone n’est pas la seule femme qui s’élève contre l’injustice des hommes. Du côté d’Ithaque, la sœur sans nom de Télémaque, fils d’Ulysse, a elle aussi quelques revendications à faire entendre. De cette petite sœur de Télémaque, Gilles Granouillet s’est inspiré pour imaginer « Deux enfants ». Corinne Méric et sa Bande d’Art et d’Urgence adaptent cette pièce écrite à l’origine pour trois personnages en un seule-en-scène.

L’amour et les forêts
Par Sarah Elghazi
Christophe Rauck, directeur du Théâtre du Nord, reprend une pièce mise en scène en 1997 pour clore une trilogie amoureuse entamée avec « Phèdre » et « Les Serments Indiscrets ». Sa version 2018 de « Comme il vous plaira » s’avère une belle surprise et un divertissement profond, donnant la part belle aux personnages féminins.