Des ombres qui enchantent notre nuit
Par Lorène de Bonnay
Les Trois Coups
Après avoir monté « Karamazov » en 2016, Jean Bellorini revient à Avignon avec un nouveau spectacle exigeant et complexe. « Le jeu des ombres » est une commande faite à Valère Novarina, inspirée par le mythe d’Orphée. Une création tout en clair-obscur et en dissonance, qui célèbre les noces de la musique, de la poésie et du théâtre, avec une rare intensité.

« Je vous écris de la Platz » 
Par Stéphanie Ruffier
La Platz, c’est le nom que les Rroms donnent à leur campement, ce lieu qu’ils occupent, que d’aucuns appellent le bidonville. Margo Chou, en maîtresse de cérémonie un peu maquerelle, nous convie dans son « presque cabaret » à la rencontre de cette culture coruscante cousue de mélancolie. Spectacle vu dans le cadre des Scènes de rue.

O.V.N.I.
Par Michel Dieuaide
À l’origine, O.V.N.I., compilation d’entretiens vidéo tournés aux quatre coins de la planète, devait être un film qu’un oligarque finit par renoncer à financer. Jugeant le matériau collecté digne d’une seconde vie, Viripaev décide d’en faire un texte pour le théâtre. Olivier Maurin le met en scène.

24 heures de la vie d’une femme
Par Trina Mounier
Avec « Suzy Storck », Magali Mougel signe, dans une langue charnelle, acérée, crue, violente, une tragédie magnifique et bouleversante que Simon Delétang monte dans une forme chorale sobre et distanciée. Dans le rôle-titre, Marion Couzinié confère toute sa densité à cette femme silencieuse.

Comment reconstruire sur les ruines ? 
Par Léna Martinelli
Depuis longtemps déjà, les corps des acrobates défient la gravité. Mais aujourd’hui, certains circassiens rivalisent d’inventivité pour traiter de la chute ou de l’instabilité comme métaphores de l’effondrement. Figure majeure du cirque contemporain, Mathurin Bolze compose justement une passionnante chorégraphie sur trampolines au-dessus d’un monde en ruines. Un spectacle à la portée universelle.

La fresque sensible de Baro d’evel 
Par Léna Martinelli
Les fondateurs de Baro d’evel viennent d’ouvrir la saison du Théâtre 71 avec « Là » (prologue au spectacle coup de cœur de la saison passée « Falaise »). Outre sa qualité picturale, cette farce métaphysico-poétique se révèle d’une acuité saisissante, entre puissance sauvage et infinie délicatesse.

Entrez dans la danse : voyez comme on colonise !
Par Laura Plas
Première création d’Hassane Kassi Kouyaté en tant que directeur des Francophonies des écritures à la scène, « Congo Jazz Band » soutient la gageure d’être didactique sans faire la leçon, festif mais sans concessions. Sur le tableau noir de la colonisation, il esquisse ainsi une satire à la craie de couleurs.

Éloge de l’épure
Par Trina Mounier
Il n’en finit pas de gommer tout le superflu, tous les artifices, fussent-ils créateurs de beauté. Pour Peter Brook, le théâtre doit être nu. Pour permettre à l’émotion et à la vérité de surgir. Avec « Why ? », il s’en approche jusqu’à l’effleurer, maintenant le public dans une attention qui ne se laisse pas distraire, presque douloureusement concentré.

Jour de fête
Par Stéphane Ruffier
Qui n’a jamais rêvé de changer le cours de sa vie ? Ambitieuse et sensible, cette déambulation théâtrale des Fugaces nous invite à suivre des personnages dans un moment de crise, à envisager les rues comme autant de chemins de vie. On se laisse entraîner dans leurs bifurcations étourdissantes et généreuses.

Bob Wilson ressuscite Le Messie d’Haendel
Par Maxime Grandgeorge
Les Trois Coups
Pour célébrer la réouverture du Théâtre des Champs-Elysées, Robert Wilson offre sa vision très personnelle et énigmatique du « Messie » d’Haendel dans la version de Mozart. L’orchestre est dirigé avec maestria par Marc Minkowski.