Émile Lansman © lansman.org

« Lampedusa », « les Larmes de Barbe‑Bleue », « Chamailleries », de Gilles Boulan, paraissent chez Lansman

« Lampedusa », « les Larmes de Barbe‑Bleue », « Chamailleries »
de Gilles Boulan

lampedusa-couvLansman éditeur

Collection : « Théâtre en tête »

116 pages

Format : 14,5 cm × 20,5 cm

15 euros

I.S.B.N. : 978-2-8071-0135-7

Né en 1950 à Deauville, Gilles Boulan vit, travaille et écrit à Caen et dans sa région.

Aux fonctions de dramaturge, d’adaptateur et d’auteur, Gilles Boulan a collaboré avec de nombreuses compagnies sur des projets ponctuels ou plus durables.

Il s’est aussi activement intéressé à la promotion des textes d’auteurs contemporains, se mettant au service de partenaires tels que le Panta Théâtre et la Maison d’Europe et d’Orient.

Plusieurs de ses pièces, dont la plus connue, Kinderzimmer, ont été créées et publiées, notamment chez Lansman éditeur.

Résumé

Lampedusa – Une femme d’origine égyptienne vit dans un village français, mariée à un instituteur rencontré lors d’un séjour touristique… Son plus jeune frère, garçon rebelle et sans travail, tenté par l’aventure de l’immigration, croise l’opportunité de s’embarquer sur un rafiot de fortune pour passer en Europe.

Les Larmes de Barbe‑Bleue – Toutes l’affirment : elles vivent dans l’ombre de la peur. Pourtant la Petite a poussé la porte de la chambre interdite. Elle a découvert l’horreur et devient, contre son gré, l’instrument d’une vengeance de celles qui l’ont précédée… Une approche originale et ambiguë de la cruauté du célèbre conte popularisé par Charles Perrault.

Chamailleries – Comment parler de ses sentiments lorsqu’on ne dispose que d’un lexique limité aux obsessions arithmétiques et à de vagues considérations sur le désert et sur la navigation ? Sinon en imitant le modèle parental qui génère bien des chamailleries…

Les Trois Coups


Lansman éditeur • 63‑65, rue Royale • B‑7141 Carnières / Morlanwelz

Tél. 00 32 (0) 64 23 78 40

« les Trois Coups » signalent les parutions récentes consacrées au théâtre à ne pas manquer [8]

Bulletin no 8 : en librairie…

Par Rodolphe Fouano
Les Trois Coups

Monographies, biographies, mémoires, réédition de classique…

Dans les coulisses de la Comédie-Française, de Lætitia Cénac, dessins de Damien Roudeau

Éditions de La Martinière, « Histoire et société », 2016

coulisses-comedie-françaiseÀ l’opposé des « beaux livres » de photos sur papier glacé qu’on feuillette paresseusement, ou des ouvrages universitaires si souvent soporifiques, le reportage de la journaliste Lætitia Cénac dessiné par Damien Roudeau est passionnant. Il ravira les curieux soucieux de découvrir le fonctionnement des trois salles de la Comédie-Française, le premier de nos cinq théâtres nationaux fondé en 1680, sept ans après la mort de Molière. Sa triple spécificité (troupe permanente, théâtre de répertoire et alternance) est expliquée avec clarté et un sens pédagogique qui n’ennuie jamais. Comment intègre-t‑on la troupe ? Quelle est la différence entre un pensionnaire et un sociétaire ? Quel est le rôle du doyen ? À quoi sert le « semainier » ? Qui choisit les pièces qui entrent au répertoire ? Comment sont attribuées les loges ? Où et par qui sont construits les décors ? Quand décide-t‑on qu’un décor peut être détruit ? Comment sont organisées les répétitions ? Voilà quelques-unes des questions traitées. L’ouvrage a aussi le mérite, conformément à son titre, de rendre hommage aux travailleurs de l’ombre, peu connus du grand public, sans lesquels les spectacles n’existeraient pas : coiffeurs, couturiers, tapissiers, techniciens et machinistes, services administratifs, directeur technique, responsables de l’accueil, du protocole, de la presse, etc. Les métiers du plateau font l’objet d’un développement particulier qui permet de découvrir de l’intérieur l’envers du décor, la fabrique de l’illusion et le fonctionnement de la scène. La Comédie-Française apparaît telle une ruche de 400 abeilles (l’effectif du personnel) qui produit 800 représentations par an réparties entre la salle Richelieu, le Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre.

À l’exception d’une référence à Jean Vilar (p. 230) non contextualisée, qui tombe comme un cheveu sur la soupe, et d’une bibliographie manquant pour le moins de rigueur, la promenade est belle, fort belle (sic) même. L’on y croise bien évidemment le « capitaine Ruf », actuel administrateur général depuis août 2014, Gérard Giroudon, le doyen, la benjamine, Rebecca Marder, qui n’a que 20 ans, Claude Mathieu, qui détient le record de longévité au sein du « Français », mais aussi Denis Podalydès, Michel Vuillermoz, Dominique Blanc et tous leurs camarades. Répertoire complet de la troupe en fin de volume et succincte chronologie de la Maison de Molière. Le « reportage dessiné » est assurément un plaisant concept.

240 p., 29 €

http://www.editionsdelamartiniere.fr/ouvrage/dans-les-coulisses-de-la-comedie-francaise/9782732475202

Pour en savoir plus sur la Comédie-Française :
www.comedie-francaise.fr/

l’Effort d’être spectateur, de Pierre Notte

Les Solitaires intempestifs, 2016

effort-pierre-notteLe texte a pour origine une conférence donnée par Pierre Notte à Tokyo, au cours de l’été 2015. Le titre ne manque pas d’audace, ni de provocation. Les chapitres proposent un vrai chemin de croix, une déclinaison du spectateur dans tous ses états. Au hasard : « les poils », « l’inutile », « la toux » ou encore « le sommeil », position qualifiée de « presque critique » quand le spectacle est ennuyeux… Et comment nier qu’il l’est souvent ?

Une divagation subjective en 34 volets, à l’image de l’auteur, personnalité sympathique et iconoclaste du paysage théâtral français. Ancien journaliste, ex‑secrétaire général de la Comédie-Française, auteur associé au Théâtre du Rond-Point, auteur dramatique original (on lui doit en particulier Moi aussi je suis Catherine Deneuve et Pour l’amour de Gérard Philipe), metteur en scène, romancier, compositeur, parolier, chanteur, Pierre Notte est tout cela à la fois et plus encore. Tendre et drôle parfois, pudique toujours, notamment à l’endroit de la famille, ou lorsqu’il évoque sa « voix manquante », son « souffle éraillé », l’aphonie qui l’ont fait écrire, cruel souvent, il fixe ici mine de rien (et c’est bien là sa patte et son talent) les ridicules et les usages d’un secteur qu’il connaît parfaitement, non sans autodérision quant à sa vocation personnelle et ses propres comédies et « farces à chansons » qu’il qualifie de « merdouilles ». Une humilité que l’on aimerait voir plus largement partagée !

94 pages, 15 €

http://www.solitairesintempestifs.com/livres/605-l-effort-d-etre-spectateur.html

Pièces de Pierre Notte à l’affiche, saison 2016-2017 :

Roger Planchon

Introduction et choix de textes par Michel Bataillon

Actes Sud-Papiers, coll. « Mettre en scène », 2016

planchon-bataillonChef de troupe, acteur, metteur en scène, auteur, réalisateur, Roger Planchon (1931-2009) dirigea successivement trois théâtres : la Comédie (1952-1957), la Cité (1957-1972) et le T.N.P. (1972-2002). Planchon prisait le caractère essentiellement éphémère du théâtre, rêvant « d’un théâtre qui n’aurait pas de mémoire ». Il aurait volontiers tout brûlé ! Il aimait le silence et la nuit, ce n’est sans doute pas sans rapport. Les historiens du théâtre l’ennuyaient et plus généralement tous les discours sur l’art. Faire, et non pas commenter, est le propre de l’artiste. Ses archives, ou ce qu’il en reste, ont cependant atterri au département des Arts du spectacle de la B.N.F., réunies depuis dans un « Fonds Planchon » sur lequel veillent des conservateurs patentés.

Michel Bataillon, compagnon de route arrivé à Villeurbanne en 1972, explique, dans son introduction, en quoi consistait le fameux « travail à la table » : une lecture sans jeu, sans intention, pour ne pas enfermer le texte dans un sens unique, mais en découvrir les contradictoires richesses. Créateur en France de la Bonne Âme de Se-Tchouan en 1954, le metteur en scène brechtien, refusant l’approche psychologique traditionnelle des personnages autant que le moralisme petit-bourgeois, reste dans l’esprit de tous l’un des piliers de la décentralisation théâtrale, dont les « relectures » de Molière (tout particulièrement du Tartuffe et de George Dandin) ou la Mise en pièces du Cid sont des références mythiques.

Michel Bataillon a composé ce bref ouvrage en réunissant des entretiens que Planchon avait eus avec Jean Mambrino, Jean‑Jacques Lerrant, Bernard Villeneuve, Catherine Unger, Jean Deloche, Olivier Schmitt ou encore Gilles Costaz, notamment. Dans l’échange avec ce dernier qui date de 1996, Planchon commente le fait que Jean Vilar ait « abandonné le T.N.P. » en 1963, trouvant cela « extraordinaire ». Lui déclare se sentir plus proche de la morale de la Chèvre de M. Seguin, l’animal se battant avec le loup jusqu’à la mort. Comme Dullin. Ce que fit aussi Planchon, s’écroulant quelques instants après avoir lu à voix haute son ultime pièce, Sade, dyptique, conçue en collaboration avec Max Schoendorff.

Avant des repères biographiques et une bibliographie sélective, on découvre en fin de volume quelques fragments inédits d’une espèce de « journal nocturne » que Planchon a tenu de façon discontinue entre 1965 et 1980, et que son épouse et leurs enfants ont retrouvé après sa mort. On peut y lire : « Au théâtre tout discours didactique, si éblouissant soit‑il, est toujours une façon de contourner l’obstacle, ou déplacement. On croit décrire la montagne en écrivant sur la montagne pour éviter de les grimper. » C.Q.F.D.

106 pages, 14 €

http://www.actes-sud.fr/catalogue/essais-et-ecrits-sur-le-theatre/roger-planchon

Émile Lansman © lansman.org

« les Insoumis », de Carole Prieur, paraît chez Lansman

« les Insoumis », de Carole Prieur

Parution
Les Trois Coups

les-insoumisLansman éditeur

Collection : « Théâtre à vif »

40 pages

Format : 11,6 cm × 20,5 cm

10 euros

I.S.B.N. : 978-2-8071-0133-3

Carole Prieur partage son activité d’auteur entre littérature jeunesse, théâtre et chansons. Elle est aussi comédienne et aime travailler tant dans l’espace public que dans des théâtres.

Résumé

Marcelline, Jacinthe et Azriel, tous trois octogénaires, sont en maison de retraite.

Marcelline est par nature « désobéissante ». Elle a besoin de se battre, de se sentir utile. Elle s’ennuie profondément dans cette maison où tous les jours se ressemblent.

Azriel a été toute sa vie « désobéissant », mais rêve d’une vieillesse tranquille, coupée du monde T.G.V.

Jacinthe, dont l’état de santé se dégrade, se découvre « désobéissante », elle qui a appris à vivre dans la discrétion depuis son enfance de peur d’être renvoyée « là-bas ».

Vont-ils pouvoir s’accorder sur leurs envies, leurs désirs, et faire bouger cette maison de repos qui ressemble à tant d’autres ?

Les Trois Coups


Lansman éditeur • 63‑65, rue Royale • B‑7141 Carnières / Morlanwelz

Tél. 00 32 (0) 64 23 78 40

« Danse contemporaine » © Laurent Philippe

« Danse contemporaine », de Rosita Boisseau et Laurent Philippe, Nouvelles Éditions Scala

La danse contemporaine a déjà son histoire !

Par Léna Martinelli
Les Trois Coups

Avec cet ouvrage de Rosita Boisseau largement illustré par Laurent Philippe, les Nouvelles Éditions Scala retracent l’histoire récente de la danse contemporaine au travers d’une quarantaine de portraits. Passionnant !

Au début des années 1980, des chorégraphes alors inconnus, comme Jean‑Claude Gallotta, Régine Chopinot ou Philippe Decouflé́ inventent « une danse jamais vue, pleine de fraîcheur et d’imagination, proche de tous par sa capacité à parler une langue directe, émotionnelle ». Au carrefour d’expérimentations entre le geste, la musique, le théâtre, le cirque, les arts plastiques, la danse renverse effectivement les valeurs jusque-là dominantes.

Après les ballets classiques qui symbolisent l’ordre et l’harmonie, le néoclassicisme tutoie les cieux. L’élégance prend à ce moment-là sa source ailleurs que dans les chevilles, longtemps centre de gravité des danseurs. Les interprètes s’ancrent alors davantage dans le sol, mobilisent d’autres parties du corps, explorent l’horizontalité, sinon la chute.

Si certains courants continuent de frôler le sublime, d’autres s’affranchissent ensuite allègrement de ces contraintes en en créant de nouvelles. Décadence ? Faire voler en éclats les codes usuels provoque en effet souvent les controverses. En adéquation avec son époque, cette libération des corps exprime surtout de façon plus juste les tourments de l’âme humaine, comme les conflits du monde. La danse se fait récit (courant narratif et « danse-théâtre »), voire manifeste, tandis que des chorégraphes épris d’abstraction développent une tout autre approche du plateau allant jusqu’à modifier le déroulement classique d’un spectacle, notamment le lien avec la musique.

De nouvelles voies de création

Depuis, la danse contemporaine n’a jamais cessé de se réinventer, car cette lame de fond s’est amplifiée et métamorphosée. Après les années 1990, de nouveaux interprètes (Jérôme Bel, Christian Rizzo, Boris Charmatz, Emmanuelle Huuynh) imposent la « non-danse » ou la danse conceptuelle ou encore plasticienne : « Une danse… qui ne danse plus. L’obscurité plombe les plateaux, la nudité devient le costume ultime de la modernité, le silence enveloppe le tout… ».

Mais la danse ne perd pas son appétit d’expériences ou de découvertes et continue de représenter un pan particulièrement vivace de la création. À la décennie suivante, l’éclectisme des propositions explose littéralement en s’ouvrant au multimédia, au collage des arts, grâce aux expérimentations et aux explorations artistiques récentes, comme avec Hiroaki Umeda expert en numérique, Alain Platel et ses performances, ou encore Akram Khan relié à des forces profondes.

« Danse contemporaine » © Laurent Philippe

« Danse contemporaine » © Laurent Philippe

« Le grand mix »

Instinctives ou cérébrales, les démarches s’enrichissent d’influences diverses. Scène livrée à la prouesse de mouvements ciselés, essence du geste au service d’un concept, corps plongés au beau milieu d’une scénographie élaborée, langage chorégraphique au même rang que les mots d’une fiction, la danse est un vrai laboratoire où tout se teste, se transforme.

Les techniques puisent aussi leurs sources dans de nombreux domaines, y compris les traditions, les esthétiques vont de l’épure à la fantaisie la plus baroque. Quoi de commun entre le classique contemporain Angelin Preljocaj et l’iconoclaste Maguy Marin, par exemple ? Entre le minimalisme de Raimund Hoghe et les fresques vidéo, hip-hop, flamenco de José Montalvo ? Sans compter que les artistes en vue actuellement continuent d’explorer d’autres champs du possible. Trente‑cinq ans après son avènement, cette danse contemporaine reste donc en permanente évolution. Elle est aussi dopée par des interprètes virtuoses, surtout qu’aujourd’hui ceux-ci doivent savoir (presque) tout faire : bouger, chanter, jouer, incarner une pensée du monde…

Choix forcément subjectifs que ces 38 chorégraphes. Après les incontournables références (Maurice Béjart, Merce Cunningham, Pina Bausch), l’accent est mis sur les plus représentatifs de notre époque. Ils composent un parcours thématique très bien pensé : « Volontairement non chronologique, ce livre est découpé en cinq chapitres qui font se cogner les époques et les styles autour de motifs essentiels ». Efficace pour tisser l’évolution de la pensée et de la fabrique du geste, d’autant que des « hors-texte » apportent un éclairage précieux sur les grandes tendances, comme le hip‑hop.

Journaliste au Monde et à Télérama, critique de danse, Rosita Boisseau maîtrise son sujet et écrit remarquablement. Chaque chorégraphe choisi fait l’objet d’une approche entre portrait et parcours. Enfin, l’édition, soignée, est émaillée des très belles photos de Laurent Philippe. Quand on n’a pas eu la chance d’assister aux spectacles, ce sont autant de chocs visuels à voir et à revoir. 

Léna Martinelli


Danse contemporaine, de Rosita Boisseau et Laurent Philippe

Nouvelles Éditions Scala, 2016

144 pages,
130 illustrations en quadri

Format : 23 cm × 30 cm

29 euros

Site : http://www.editions-scala.fr

Photo : © Laurent Philippe