L’équipe

Comité de rédaction

© Jean-Marie Legros

 

Léna Martinelli, co-rédactrice en chef, responsable des partenariats et du développement du site, secrétaire trésorière de l’association.

Léna a un doctorat d’Études théâtrales de la Sorbonne Nouvelle. Elle pige pour le quotidien Ouest France, la Revue Théâtre / Public, le mensuel La Terrasse, le site Artistik Rezo, etc. Parallèlement à ses activités d’auteur et d’enseignante, elle met sa plume au service d’artistes ou de structures culturelles. « Passionnée du spectacle vivant, j’aime partager mes découvertes. J’attends beaucoup de l’art, qu’il me transporte ou me laisse scotchée sur place, qu’il me divertisse ou me bouscule car, indéniablement, il contribue à me transformer. À coup sûr, j’aime partager mes émotions, les traduire par des mots sensés, prolonger les rencontres par des portraits sensibles  ».

Lorène-de-Bonnay

 

Lorène de Bonnay  co-rédactrice en chef,  présidente de l’association.

Lorène est journaliste rédactrice, autrice et enseignante (en Lettres modernes et option théâtre). « Passionnée par la littérature et les arts, j’ai d’abord voulu travailler dans la recherche et ai entamé une thèse sur la “poétique du désir” chez le poète et peintre Henri Michaux. Mais c’est mon propre désir d’écrire – hors du cadre universitaire – que j’ai découvert. J’ai alors travaillé deux ans pour la revue culturelle le Journal de la culture rebaptisée la Presse littéraire : je tenais une chronique « Arts » et ai publié une nouvelle (le Temps des goyaves). J’ai également rédigé le pilote d’une émission T.V. pour enfants (« Rues nommées »), avant d’effectuer plusieurs missions de rédactrice et maquettiste pour des associations culturelles (L’Art au garage, Opalciné, L’Eau vive Théâtre), une société de production (Cantina Film) et un studio de création photo. Après un master 2 Journalisme à l’École supérieure de journalisme de Paris, j’ai travaillé pour les sites web des magazines Géo et Femmes et suis devenue pigiste Culture (art vivant, expos, cinéma) – avec une vive prédilection pour le spectacle vivant ! J’aime la pulvérisation des mots, des corps, des lumières (et autres signes) sur scène, et les émotions, sensations que leur interaction et présence produisent. La transversalité, donc. La parole incorporée ou son absence. La question du lien. La transmission. »

Chroniqueurs

Benedicte_Fantin

 

Bénédicte Fantin : Après une classe préparatoire littéraire et des études de commerce, Bénédicte se prend de passion pour le théâtre en Argentine, où elle se forme auprès des comédiens Matias Scarvaci, Maria Figueras et Bernardo Cappa. Elle poursuit sa formation au cours de nombreux stages en France et à l’étranger (commedia dell’ arte, clown, voix off), puis au sein de l’école d’art dramatique du Lucernaire à Paris. En 2018, c’est dans ce même théâtre du Lucernaire qu’elle interprète Héléna dans Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, mis en scène par Philippe Person et Florence Le Corre. Depuis, elle collabore avec différentes compagnies qui axent leur travail sur les créations contemporaines (Pas exactement l’amour, Gavarnie Ensemble, Les Souffleurs de braises). En parallèle de son activité de comédienne, Bénédicte est professeure de théâtre au Cours Clément. Enthousiasmée par l’effervescence de l’actualité théâtrale, elle rédige des critiques pour Les 5 pièces avant de rejoindre Les Trois Coups en 2017.

Florence-Douroux

 

Florence Douroux : Après 20 ans d’exercice au barreau de Paris, Florence a troqué sa plume d’avocate contre une plume mise au service du spectacle vivant, et plus spécifiquement du cirque. Elle réalise depuis plusieurs années des interviews d’artistes, notamment au sein du Festival Mondial du Cirque de Demain, dont elle est administratrice, et dont elle a signé le livre anniversaire Un Vaisseau de Joie, paroles d’artistes. Elle écrit pour Les Trois Coups depuis 2020.

Maxime Grandgeorge, curieux incurable, a fait sienne l’injonction de Bertolt Brecht dans La Vie de Galilée : « Notre ignorance est infinie : entamons-la d’un millimètre cube ! ». Passionné par les arts et la culture, il fait ses premières armes en classe préparatoire littéraire avant de poursuivre des études de cinéma à l’université de Nanterre et de journalisme culturel à l’École supérieure de journalisme de Paris, en Master. Il partage depuis septembre 2017 ses coups de cœur culturels (théâtre, cinéma, opéra, expos et musique) sur son blog Cultur@Max. Comédien amateur et spectateur insatiable contaminé très jeune par la fièvre du spectacle vivant, Maxime rejoint Les Trois Coups en 2019 pour de nouvelles aventures théâtrales.

Élisabeth Hennebert

 

Élisabeth Hennebert : « De mes études, j’ai retenu que les critiques littéraires étaient de sinistres casse-pieds et que mon inculture m’interdisait de parler de littérature et de théâtre. Je suis devenue professeur d’histoire. Vingt‑cinq ans de thérapie plus tard, j’ose enfin prendre la plume. Mon manifeste tient en trois phrases. 1) Je préfère rire plutôt que pleurer, mais j’aime qu’une pièce me force à changer d’avis. 2) C’est un violent bonheur qu’un spectacle qui nous fait oublier la raideur du fauteuil et la pesanteur des paupières, or le bonheur, ça se partage. 3) L’adjectif « déjanté » n’aurait jamais dû quitter le registre du cyclisme et « jubilatoire » est un gros mot. »

Trina-Mounier

 

Trina Mounier : « Si j’avais pu, dans la vie, j’aurais été spectateur de théâtre. Pas seulement de temps en temps pour le plaisir, non, spectateur professionnel. Et ni de film ni d’opéra, mais bien de théâtre, sans doute à cause du lien très particulier qu’opère le théâtre entre texte et spectacle. J’aime le charnel, gouleyant ou rocailleux, des mots, des phrases. Et je dis bien spectateur, pas acteur, pour satisfaire mon côté contemplatif et taiseux. Je n’aime pas tellement écrire, c’est une activité qui me remplit d’inquiétude. Et pourtant, je me suis arrangée pour ne faire que cela, pour vivre de cela, des mots si difficiles à trouver et à coucher sur le papier, et surtout à relire. Bizarre comme on construit sa route ! L’essentiel est que, à la croisée des chemins, écrire sur le théâtre m’est apparu comme une évidence. »

Laura-Plas

 

Laura Plas  est correspondante pour Les Trois Coups depuis 2012. Elle enseigne au lycée en option et en spécialité théâtre depuis plus de dix ans. Elle collabore depuis deux ans à la rédaction des dossiers sur le Prix Sony Labou Tansi mis en ligne pour le site théâtre-contemporain.net.

Stéphanie-Ruffier

 

Stéphanie Ruffier découvre les arts de la rue après une rencontre impromptue avec le Théâtre de l’Unité. Au cours d’études en Littérature et en Sciences politiques, elle s’intéresse à Brecht, aux écritures du réel, à la subversion et à la poétique de l’espace public. Professeure agrégée de Lettres Modernes et doctorante en Arts du spectacle, elle enseigne actuellement le théâtre au lycée de Salins-Les-Bains et à l’université de Besançon. Sillonnant les festivals, elle est aussi rédactrice spécialisée dans le spectacle vivant pour Artcena, divers lieux culturels, Canopé et plusieurs sites, dont Les Trois Coups, depuis 2019. Elle a aussi collaboré à plusieurs ouvrages (éditions Deuxième Époque) : « Passionnée de théâtre en marge, je reste en quête d’espaces et de formes insolites ».


Ont collaboré…

bruno-beziadeBruno Béziade : « Oui, lecteur curieux, sois rassuré, j’ai les diplômes, j’ai le passé, j’ai la pratique, j’ai même enseigné. Mais cela n’explique pas ma présence parmi cette assemblée. Peut‑on expliquer pourquoi l’on sort, pourquoi l’on supporte toutes ces heures dans l’attente de la minute inoubliable, pourquoi oui et parfois non ? Par chaleur sûrement, par cette recherche d’humanité qui nous crée, quitte à laisser un goût de sang parfois. Je peine à dire ma déception, car il y a des êtres derrière, mais c’est le prix pour partager ma joie, inciter, amener peut‑être. Aimer le théâtre, c’est un cadeau que l’on déballe chaque fois avec espoir. C’est tomber en amour collectivement pour soi tout seul. N.B. J’aime lire aussi, comme quoi nul n’est parfait. »

Jacques Casari : « Salut l’ami. Qui es-tu ? Un surfeur égaré ? Un acteur paumé ? Un lecteur excédé ? Peu importe. Sois le bienvenu. Es‑tu là pour savoir qui je suis ? Je suis celui qui suit. Oui, je suis depuis des lustres ce que le spectacle vivant m’offre. Je suis les acteurs et les metteurs en scène. Je suis l’actualité du théâtre, de la musique, de la danse. Passionnément. En quête de sensations, d’émotions, d’évasion. Je suis donc ce qui donne sens à l’existence. Et j’écris. Je suis un amateur, celui qui aime. Ombre parmi des ombres cherchant la lumière dans les salles obscures. La lumière qui réchauffe et fascine, illumine ou inquiète et brûle aussi parfois. Je suis celui qui suit parce que j’aime. À bientôt l’ami – amateur éclairé –, mon semblable, mon frère. »

Anne Cassou-NoguèsAnne Cassou-Noguès : « Je suis une spectatrice née… J’aime qu’on me raconte des histoires, qu’on me montre des images, qu’on me fasse rêver. J’aurais adoré trouver un métier où l’on me paie pour rester dans mon canapé à lire des romans, mais je crois que cela n’existe pas. J’ai donc entrepris de former des jeunes à la lecture et, professeur agrégée de lettres, j’enseigne en Z.E.P. le français et le théâtre. Cela m’a permis de prendre conscience qu’au-delà du plaisir égoïste et indéniable que procurent les livres, les spectacles et plus généralement les œuvres d’art, la culture est au cœur de notre démocratie et qu’elle est une ouverture indispensable. Je n’oserais pas dire qu’en écrivant pour les Trois Coups depuis quelques mois, je me bats pour la laïcité et la liberté, mais inciter les gens à sortir, à aller au théâtre, tient aujourd’hui du combat politique. Je le fais donc avec enthousiasme ! Souvent accompagnée par mes enfants, je parcours les salles de théâtre parisiennes à la recherche de spectacles qui pourront susciter la curiosité et l’appétit… »

Michel Dieuaide : « Le théâtre, c’est quand on va au théâtre ! Tout petit déjà, j’y allais, mais pour chanter ou pour interviewer, pas pour regarder et écouter. Plus tard, avec mes élèves, je fatiguais comme eux sur les auteurs classiques, et nous partions à la recherche des auteurs contemporains. Pas facile à Paris à cette époque ! Un peu plus tard, ce fut l’éblouissement ! Sur scène, Philippe Avron et deux heures après, au bistrot… Philippe Avron ! La conjugaison d’un talent immense et d’un désir de dialoguer avec les spectateurs. C’est cette double rencontre qui a sans doute décidé du long parcours de comédien et metteur en scène que je suis toujours. Aujourd’hui, par l’écriture critique, je suis heureux de pouvoir faire partager mon éblouissement toujours aussi vivace pour le théâtre. »

© Jean-Marie LegrosCéline Doukhan : « J’écris dans les Trois Coups depuis septembre 2008. Depuis, que de rencontres, au propre (parfois) et au figuré (souvent) ! Pour autant qu’on se laisse toucher, qu’on ouvre avec intérêt et bienveillance son esprit et ses sens, le spectacle dans toutes ses formes me semble pouvoir procurer une variété infinie de sensations et d’émotions. Il y a à chaque fois un plaisir de la découverte : par exemple, j’aime à aller dans les grandes et belles salles, mais aussi dans de nouveaux lieux, des petits théâtres dans des petites rues, qui réservent souvent de très bonnes surprises. Je suis sensible sans les hiérarchiser au théâtre (ah, la découverte du théâtre d’objets ! ou encore les frissons de la diction baroque…), à la musique (plutôt classique, mais pas seulement), à la danse. Je ne laisse pas de m’étonner du lien qui peut encore exister entre des textes vieux de plusieurs siècles et les spectateurs que nous sommes. Mais je dois certaines de mes expériences les plus marquantes à des auteurs vivants, que les Trois Coups sont fiers de défendre. Si j’avais depuis longtemps plaisir à « aller au spectacle », partager mes impressions grâce à l’écriture m’a donné de plus grandes joies encore. »

Sarah Elghazi : « La même fièvre pousse à écrire, à jouer, à créer… à critiquer. C’est cette fièvre qui m’a saisie quand j’avais douze ans, la première fois que je suis allée au théâtre, devant une mise en scène du Misanthrope, avec Andrzej Seweryn dans le rôle-titre. Maladie salutaire qui ne m’a jamais quittée. Elle m’a accompagnée tout au long de mon apprentissage : un master 2 de lettres modernes, indissociable d’une formation théâtrale touche-à-tout, ateliers, cours, stages, expériences de mise en scène et de créations. Ça a été, et c’est encore un parcours jalonné de merveilleuses découvertes, d’expériences – bonnes ou mauvaises – bouleversantes de spectatrice, qui donnent envie d’alpaguer les gens dans la rue pour les partager, pour s’en délivrer en les recréant par la parole et par l’écrit. Voilà ce que j’aimerais faire avec les Trois Coups : communiquer, partager, célébrer… et parfois blâmer, mais toujours avec intégrité. En restant fidèle aux idéaux, aux rêves, qui font que nous sommes là. »

© Nikolai Saoulski
© Nikolai Saoulski

Cédric Enjalbert : « Cédric va au théâtre parce que c’est bon pour son corps. Il va parfois à l’opéra ; ça lui fait le teint joli. Il est passé par un cursus universitaire – une maîtrise de lettres sur le théâtre dada et un master de philosophie politique – pour la beauté du geste. Mais il n’entendait pas faire de vieux jours sur les bancs de la fac. Il a donc rejoint la belle corporation des journalistes après un passage à l’école de la rue du Louvre et travaille aujourd’hui pour Philosophie magazine. Les Trois Coups sont pour lui une belle aventure humaine depuis l’été 2007. [N.D.L.R. : c’est le doyen de l’équipe !] »

Lise Facchin : « Il me serait fort doux de partager cette aventure réunissant autour d’une passion commune tant de personnalités différentes. La critique théâtrale accorde trois de mes passions les plus chères : l’écriture, que je pratique au quotidien sous de multiples formes, le théâtre que j’ai exercé assidûment pendant près de dix ans et le xixe siècle français sur lequel je me spécialisais au cours de mon D.E.A. d’histoire de l’art. Cette période est véritablement celle de l’apogée de la critique d’art, acteur fondamental de la progression artistique tout au long de ce siècle extraordinaire, jonché de révolutions, de coups d’État, de scandales et d’immenses artistes réinventant sans cesse leur langage. Il est déplorable que ce métier si précieux soit, de nos jours, tombé dans une telle désuétude. Pouvoir me joindre aux Trois Coups répond à un de mes souhaits de longue date. Si je crois posséder les qualités d’une rédactrice, il me faut être honnête et prévenir que la critique négative me semble aussi constructive que les louanges. Ainsi, lorsqu’une pièce me déplaît, non seulement je mets un point d’honneur à écrire tout de même mon article, mais, surtout, je ne retiens pas mes chiens de mordre. »

Rodolphe Fouano : docteur ès lettres, Rodolphe est journaliste et éditeur. Il a été secrétaire général du centre français de l’Institut international du théâtre / U.N.E.S.C.O. et chargé de cours à l’université. Ses entretiens avec Daniel Mesguich, Je n’ai jamais quitté l’école, ont paru en 2009 chez Albin Michel. Rédacteur en chef des Cahiers Jean-Vilar de 2010 à 2014, il a publié cinq pièces inédites du fondateur du Festival d’Avignon et directeur du T.N.P. à l’Avant-scène théâtre. En 2015, il rejoint Les Trois Coups pour proposer une sélection mensuelle d’ouvrages sur le théâtre et des entretiens avec des personnalités du spectacle vivant.

Benjamin Janlouis : « Si Benjamin était une œuvre dramatique, ce serait le Soulier de satin (1re version) ou Phèdre ou Incendies. Un objet ? Une statuette cycladique ou un bronze du Bénin ou une aiguière ottomane. Une œuvre musicale ? La Flûte enchantée ou Rhapsody in Blue ou A Kind of Blue. Un(e) comédien(ne) ? Laurent Terzieff ou Jeanne Moreau ou Sandrine Bonnaire. Un(e) musicien(ne) ? Doudou N’Diaye Rose ou Sonny Rollins ou Brigitte Engerer. Un plat français ? Un magret de canard aux clémentines ou des profiteroles au chocolat ou un bar aux dattes. Une chanteuse ? Nathalie Dessay ou Ella Fitzgerald ou Dee Dee Bridgewater. Un chanteur ? Brassens ou Nougaro ou Ruggero Raimondi. Une œuvre littéraire ? Aurélien ou l’Odyssée ou Mémed le mince. Une fleur ? Le jasmin tunisien ou la rose qu’on tient au poing. Un légume ? Le fenouil ou la pomme de terre ou le melon. Un fruit ? Une poire William, une pomme Belchard ou une mangue. Un film ? À bout de souffle ou Norma Rae ou Bright Star. Un arbre ? Un flamboyant ou un fromager ou un olivier. Une plante ? Un chèvrefeuille ou une azalée ou un fuchsia. Un meuble ? Un secrétaire ou une bibliothèque ou un fauteuil relax ou un lit. »

Isabelle JouveIsabelle Jouve : férue d’art et d’écriture, Isabelle est allée voir du côté de l’Irlande, de l’Angleterre et de la Russie avant de se poser en France. Intéressée par une vraie démocratisation de la culture, elle considère le théâtre comme l’un des médias indispensables pour apprendre, échanger, transmettre, communiquer et rendre ainsi aux hommes la tendresse humaine. Elle admire Louis Jouvet et Sacha Guitry. Elle aime Jacqueline Maillan et Guillaume Gallienne. Et bien d’autres encore. Isabelle est aussi l’auteur de nouvelles, de contes et son premier roman rêve de voir le jour. Un jour !

Aurore Krol : « Si je voulais être journaliste quand j’étais petite, c’est qu’à mes yeux il s’agissait du plus beau métier du monde. Depuis, j’ai étudié, voyagé, aimé des êtres et des œuvres, pleuré, vibré et frissonné. J’ai découvert des choses trop intimement liées à la passion pour les envisager comme un métier. De peindre un tableau, d’écrire un poème, de danser où d’interpréter un personnage, j’en vis, mais au sens premier du terme. Je ne suis pas capable de délimiter ces élans, de les maîtriser. De ces passions, néanmoins, peut naître une chose plus raisonnée, sans pour autant perdre son émotion vive. Cette chose, appelons-la « texte journalistique » : une réflexion moins intime, mais tout aussi charnellement ressentie et tendue vers le partage. Car, si je connais (pour l’avoir ressentie) l’urgence, la beauté et la vulnérabilité d’un acteur, j’ai forcément envie que tout se passe pour le mieux quand le public et les comédiens se rencontrent, se retrouvent, ou se découvrent. J’écris donc une mise en lumière, une médiation, un hommage aux artistes et un partage avec ceux qui, comme moi, ont le cœur qui s’accélère quand le rideau se lève. Mon avis est celui d’une spectatrice dont le regard s’est aiguisé au fil des années, c’est une subjectivité assumée, une critique pas forcément positive, mais toujours infiniment respectueuse du travail artistique. Participer aux Trois Coups, c’est prolonger l’enthousiasme. C’est permettre à toutes ces sensations de se confronter à d’autres regards qui viendront, je l’espère, les enrichir. Et le journalisme reste donc, selon moi, le plus beau métier du monde. »

Marion Le NevetMarion Le Nevet : « J’ai commencé par gâcher les vacances de ma sœur et mon frère en les obligeant à rester enfermés tout l’été pour apprendre leur texte. J’ai toujours aimé manier les mots, sans jamais vraiment les maîtriser. J’ai assisté à maints ateliers, cours et stages de théâtre, jusqu’à épuisement. Je me suis finalement inscrite en licence d’art du spectacle, douze ans après ma première année de médecine. J’ai toujours eu l’esprit de contradiction, celui qui me pousse à me faire l’avocat du diable, et surtout à inciter ma génération à venir au théâtre. J’aime la performance, l’engagement, la légèreté, les belles lumières, Jean Genet et les jeunes metteurs en scène. »

Marie LobrichonMarieLobrichon : Le théâtre, Marie est tombée dedans quand elle était toute petite. « Le petit chat est mort », « Je ne t’ai point aimé, cruel ? Qu’ai-je donc fait ? », « Je suis une mouette »… Toute son adolescence, elle arpente les textes et la scène au gré de ses cours de théâtre, rêve beaucoup, envisage un temps de faire sa vie sur les tréteaux. Puis se ravise : il sera bien toujours question de spectacle, mais pas forcément sur scène. Aujourd’hui versée dans l’opéra et la musique classique par sa profession, elle n’en oublie pas pour autant sa passion première et cardinale, qu’elle continue d’attiser en spectatrice et de partager par l’écriture.

Anne Losq : Anne goûte au théâtre de mille manières, que ce soit par le biais du jeu, de l’écriture, de l’enseignement ou de la mise en scène. Ayant besoin de retrouver la source de sa passion et de s’imprégner de l’art des autres, elle redevient très souvent spectatrice : les yeux rivés sur la scène, laissant le champ libre aux émotions et aux pensées qui l’envahissent. De retour chez elle et armée d’un stylo, elle invoque ses souvenirs afin de rédiger un article qui atteste à la fois de l’esprit du spectacle et de sa propre expérience. En 2007, Anne avait rejoint les Trois Coups et avait été abreuvée de créations. Elle y revient désormais, avec l’envie accrue d’écrire et de témoigner.

Juliette Nadal © DR

Juliette Nadal : « Pendant longtemps, très longtemps, je ne suis pas allée au théâtre. Je me suis tenue loin des salles ; le théâtre me mettait mal à l’aise. Au cours de mes études de Lettres, j’ai lu et traduit les tragédies antiques, j’ai commenté les pièces classiques. Le théâtre à la mode scolaire ; l’épuisement du texte sous un autre texte. La voix, le corps, la présence, le rituel, pas encore. J’ai écouté parler théâtre. Un écho me parvenait des amis ou de professeurs passionnés. Ils vivaient des rendez-vous mystérieux dans des salles obscures. Ils évoquaient des noms qu’on ne trouvait pas dans les manuels scolaires. Cela me semblait fort suspect. J’ai habité rue Charles Dullin, au dos du Théâtre des Célestins fermé pour rénovation. Je ne me suis pas méfiée. Plus tard, une amie insiste. Une pièce qu’elle aime beaucoup y passe. Je dois y aller, ne serait-ce que pour réparer cette aberration d’avoir vécu adossée à ce théâtre et de ne jamais y avoir mis les pieds. Je cède. Et puis tout cède. Un séisme intime, salutaire. La rencontre commence là et se poursuit ici. »

Olivier Pansieri : « Aller au théâtre ne va pas de soi. On a beau connaître l’endroit, les gens, le propos, tout ce qu’on voudra, au fond on n’a en poche qu’un billet de loterie. Raconter ce qu’on y a ressenti, c’est donc faire œuvre utile, quelquefois même de charité. Se souvenir en effet que le lecteur, lui, paie sa place. Et qu’échaudé, il met du temps avant de retourner au théâtre. Alors que nous, dès le lendemain ! »

Jean-François Picaut estprofesseur agrégé de lettres classiques, titulaire d’un D.E.A. de littérature française, chroniqueur (littérature et littérature de jeunesse) à Radio Rennes, rédacteur en chef de l’Unité 35. Jean-François a enseigné du collège à l’université, en France, en Turquie et au Sénégal. Codirecteur de la revue d’histoire ancienne, Poikilia, de 1990 à 1995 avec Pierre Brulé (professeur à Rennes-II). Coauteur avec Jean Rohou, Francine Dugast et Michèle Touret (Rennes-II) d’ouvrages didactiques. Auteur d’articles de revue, de brochures pédagogiques, de nouvelles, de textes dramatiques. Parolier et librettiste, etc. « Longtemps professeur puis conseiller à la culture dans une collectivité territoriale, je nourris depuis l’enfance une passion pour le théâtre. Depuis, l’opéra et la musique sous toutes ses formes se sont aussi disputé mon cœur. Le spectacle vivant, la lecture et l’écriture sont des aliments quotidiens nécessaires à ma vie d’homme et de citoyen. C’est parce que les Trois Coups les défendent avec intelligence et talent que je suis fier de rejoindre “la Belle Équipe”. »

© Julie ReggianiAurélie Plaut : « Le théâtre est un point d’optique. Tout ce qui existe dans le monde, dans l’histoire, dans la vie, dans l’homme, tout doit et peut s’y réfléchir, mais sous la baguette magique de l’art » ( Victor Hugo ). L’art transcende la réalité, cette réalité si dure qui est la nôtre. En ces temps difficiles, plus que jamais l’art est une nécessité. Dénoncer, montrer, rendre intelligible un monde parfois abrupt tout simplement pour mieux pouvoir lutter. Ce sont ces raisons qui me poussent à aimer profondément le spectacle vivant, à admirer les comédiens, à vibrer durant la représentation parce que le metteur en scène donne à voir sa propre lecture du texte. Je suis une amoureuse des mots. J’aime les lire, les entendre, les regarder, les sentir. Écrire pour transmettre au public l’envie de pénétrer les salles de spectacle, voici ce qui me pousse à pratiquer la critique théâtrale. »

Maud Sérusclat-Natale est titulaire d’une maîtrise de lettres modernes, d’un master Enseignement du français, du C.A.P.E.S. de lettres modernes, d’un master de recherche en littérature française. « Je nourris depuis ces trois dernières années une vive passion pour le théâtre, que j’ai redécouvert depuis que je suis enseignante. J’ai eu l’occasion de franchir ses portes avec un autre œil, moins formaté, plus simplement sensible, curieux et certainement plus libéré depuis ma sortie de l’université, ce qui me permet quotidiennement de faire partager cette passion à mes élèves, souvent étrangers à l’univers de la scène mais réjouis de le découvrir. »

Bénédicte Soula est journaliste Art et Culture. « Certains ont dans leur panthéon des dieux du stade, des idoles faites de rock ou de toute autre matière musicale, des icônes hollywoodiennes, des divinités en papier glacé. Mes héros sont trop nombreux à convoquer, mais disons que pour filer jusqu’au bout la métaphore, Victor Hugo est leur Zeus et Picasso leur Jupiter… Les livres ont décidé de mon existence. Ils m’ont conduite à l’université de lettres et sciences humaines de Clermont-Ferrand, où j’ai rencontré Assia Djébar, Vassili Alexakis et le regretté poète palestinien Mahmoud Darwich. M’ont menée jusqu’à la maîtrise de lettres, puis jusqu’à l’École de journalisme de Toulouse, où je m’agrippais à l’idée chimérique mais attendrissante de « vivre de la critique ». Quoi qu’il en soit, cette école de l’efficacité stylistique m’a apporté tout ce qui manquait à la leçon universitaire. Et réciproquement. Au terme de cette double formation, je me suis sentie « réunie ». Et prête à écrire. Une fois diplômée, je me suis spécialisée en « art et culture », couvrant, entre autres choses, l’actualité théâtrale toulousaine, et reprenant par ailleurs le chemin de la faculté pour une formation libre en histoire de l’art. Je collabore à diverses publications dont les magazines Parcours des arts et À Toulouse, et enseigne, dans un collège, les toutes premières techniques de presse. Restait à réaliser mon rêve de critique. Les Trois Coups l’exaucent désormais. »

Élise Ternat : titulaire d’un master 2 de philosophie et d’une licence d’histoire de l’art, Élise a toujours eu un intérêt très marqué pour la question du corps, au point d’en faire le principal sujet de ses investigations universitaires. De la théorie à la critique, il n’y a qu’un pas. C’est ce pour quoi, elle a décidé de rejoindre l’équipe en 2008. Elle y assouvit sa passion pour le spectacle avec le plus grand des plaisirs.

Le créateur du site

© Philippe HanulaVincent Cambier : créateur et rédacteur en chef de ce journal, Vincent est décédé le 18 avril 2017. Il se voulait résolument indépendant et il refusait catégoriquement qu’on modifie ses articles sous quelque forme que ce soit – pratique courante dans la presse, en général, et dans la presse quotidienne régionale, en particulier, où il a œuvré. Amoureux fou des mots, Vincent poussait le vice jusqu’à posséder un diplôme de correcteur professionnel [« L’orthographe est la politesse de la langue. » Jean Guéhenno]. Il appréciait surtout les auteurs contemporains, si possible vivants, et les œuvres créées spécialement pour être jouées par des comédiens, avec une écriture spécifiquement dramatique. Il habitait à Avignon et avait noué, depuis 1990, des liens étroits avec les comédiens, metteurs en scène et compagnies de France.