Celles et ceux…

…  qui racontent
les aventures
de leur âme au milieu
des chefs‑d’œuvre

 

© Philippe HanulaVincent Cambier

Décédé le 18 avril 2017.
Était journaliste, rédacteur en chef et créateur de ce journal. Il se voulait résolument indépendant et refusait catégoriquement qu’on modifie ses articles sous quelque forme que ce soit – pratique courante dans la presse, en général, et dans la presse quotidienne régionale, en particulier. Amoureux fou des mots, Vincent poussait le vice jusqu’à posséder un diplôme de correcteur professionnel [« L’orthographe est la politesse de la langue. » Jean Guéhenno]. Il appréciait surtout les auteurs contemporains, si possible vivants, et les œuvres créées spécialement pour être jouées par des comédiens, avec une écriture spécifiquement dramatique. Il habitait à Avignon et avait noué, depuis 1990, des liens étroits avec les comédiens, metteurs en scène et compagnies de France.

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La belle équipe

Lorène de BonnayLorène de Bonnay

Lorène est journaliste rédactrice, auteur et professeur de lettres modernes. « Passionnée par la littérature et les arts, j’ai d’abord voulu travailler dans la recherche. Une fois professeur, j’ai donc fait un D.E.A. sur la poétique du désir chez le poète et peintre Henri Michaux, puis ai entamé une thèse. Mais c’est mon propre désir d’écrire – hors du cadre universitaire – que j’ai découvert. J’ai alors travaillé deux ans pour la revue culturelle le Journal de la culture rebaptisée la Presse littéraire : je tenais une chronique « Arts » et ai publié une nouvelle (le Temps des goyaves). J’ai également rédigé le pilote d’une émission T.V. pour enfants (« Rues nommées »), avant d’effectuer plusieurs missions de rédactrice et maquettiste pour des associations culturelles (L’Art au garage, Opalciné, L’Eau vive Théâtre), une société de production (Cantina Film) et un studio de création photo. Puis j’ai passé un master 2 de journalisme à l’École supérieure de journalisme de Paris. J’ai ensuite travaillé pour les sites web des magazines Géo et Femmes et suis devenue pigiste spécialisée en spectacles et expos (critiques, interviews, portraits, reportages) – avec une prédilection pour le théâtre contemporain. J’aime la pulvérisation des mots, des corps et des lumières sur scène. La question du lien. La possibilité de faire cohabiter ou non texte, danse, cirque, vidéo, installation… Aujourd’hui, j’enseigne et continue d’écrire des articles culturels ainsi que des fictions plus personnelles ».

Anne Cassou-NoguèsAnne Cassou-Noguès

Je suis une spectatrice née… J’aime qu’on me raconte des histoires, qu’on me montre des images, qu’on me fasse rêver. J’aurais adoré trouver un métier où l’on me paie pour rester dans mon canapé à lire des romans, mais je crois que cela n’existe pas. J’ai donc entrepris de former des jeunes à la lecture et, professeur agrégée de lettres, j’enseigne en Z.E.P. le français et le théâtre. Cela m’a permis de prendre conscience qu’au-delà du plaisir égoïste et indéniable que procurent les livres, les spectacles et plus généralement les œuvres d’art, la culture est au cœur de notre démocratie et qu’elle est une ouverture indispensable. Je n’oserais pas dire qu’en écrivant pour les Trois Coups depuis quelques mois, je me bats pour la laïcité et la liberté, mais inciter les gens à sortir, à aller au théâtre, tient aujourd’hui du combat politique. Je le fais donc avec enthousiasme ! Souvent accompagnée par mes enfants, je parcours les salles de théâtre parisiennes à la recherche de spectacles qui pourront susciter la curiosité et l’appétit…

Michel Dieuaide

Le théâtre, c’est quand on va au théâtre ! Tout petit déjà, j’y allais, mais pour chanter ou pour interviewer, pas pour regarder et écouter. Plus tard, avec mes élèves, je fatiguais comme eux sur les auteurs classiques, et nous partions à la recherche des auteurs contemporains. Pas facile à Paris à cette époque ! Un peu plus tard, ce fut l’éblouissement ! Sur scène, Philippe Avron et deux heures après, au bistrot… Philippe Avron ! La conjugaison d’un talent immense et d’un désir de dialoguer avec les spectateurs. C’est cette double rencontre qui a sans doute décidé du long parcours de comédien et metteur en scène que je suis toujours. Aujourd’hui, par l’écriture critique, je suis heureux de pouvoir faire partager mon éblouissement toujours aussi vivace pour le théâtre.

© Jean-Marie LegrosCéline Doukhan

J’écris dans les Trois Coups depuis septembre 2008. Depuis, que de rencontres, au propre (parfois) et au figuré (souvent) ! Pour autant qu’on se laisse toucher, qu’on ouvre avec intérêt et bienveillance son esprit et ses sens, le spectacle dans toutes ses formes me semble pouvoir procurer une variété infinie de sensations et d’émotions. Il y a à chaque fois un plaisir de la découverte : par exemple, j’aime à aller dans les grandes et belles salles, mais aussi dans de nouveaux lieux, des petits théâtres dans des petites rues, qui réservent souvent de très bonnes surprises. Je suis sensible sans les hiérarchiser au théâtre (ah, la découverte du théâtre d’objets ! ou encore les frissons de la diction baroque…), à la musique (plutôt classique, mais pas seulement), à la danse. Je ne laisse pas de m’étonner du lien qui peut encore exister entre des textes vieux de plusieurs siècles et les spectateurs que nous sommes. Mais je dois certaines de mes expériences les plus marquantes à des auteurs vivants, que les Trois Coups sont fiers de défendre. Si j’avais depuis longtemps plaisir à « aller au spectacle », partager mes impressions grâce à l’écriture m’a donné de plus grandes joies encore.

© Nikolaï SaoulskiCédric Enjalbert

Cédric va au théâtre parce que c’est bon pour son corps. Il va aussi à l’opéra ; ça lui fait le teint joli. Il est passé par un cursus universitaire – une maîtrise de lettres sur le théâtre dada et un master de philosophie politique – pour la beauté du geste. Mais il n’entendait pas faire de vieux jours sur les bancs de la fac. Il a donc rejoint la belle corporation des journalistes après un passage à l’école de la rue du Louvre et travaille aujourd’hui pour Philosophie magazine. Les Trois Coups sont pour lui une belle aventure humaine depuis l’été 2007. [N.D.L.R. : c’est le doyen de l’équipe !]

benedicte-fantinBénédicte Fantin

J’ai commencé à jouer et à aller au théâtre à Buenos Aires. J’y ai découvert un espace de liberté rare. Pas besoin d’une salle à l’italienne pour jouer, le théâtre se vit partout et se nourrit des lieux qu’il investit.
Je suis très attachée à l’aspect ludique du théâtre. Faire du théâtre, c’est avant tout « jouer ». L’esprit de sérieux qui entoure trop souvent cet art entretient l’image d’une sortie culturelle pour initiés. Or, le théâtre offre à chacun une parenthèse d’écoute privilégiée : écoute entre les partenaires de jeu, écoute des réactions des spectateurs, écoute du texte. Aller au théâtre, c’est réapprendre à écouter.

Rodolphe Fouano

Docteur ès lettres, Rodolphe Fouano est journaliste et éditeur. Il a été secrétaire général du centre français de l’Institut international du théâtre / U.N.E.S.C.O. et chargé de cours à l’université. Ses entretiens avec Daniel Mesguich, Je n’ai jamais quitté l’école, ont paru en 2009 chez Albin Michel.
Rédacteur en chef des Cahiers Jean-Vilar de 2010 à 2014, il a publié cinq pièces inédites du fondateur du Festival d’Avignon et directeur du T.N.P. à l’Avant-scène théâtre. En 2015, il rejoint les Trois Coups pour proposer une sélection mensuelle d’ouvrages sur le théâtre et des entretiens avec des personnalités du spectacle vivant.

Élisabeth HennebertÉlisabeth Hennebert

De mes études, j’ai retenu que les critiques littéraires étaient de sinistres casse-pieds et que mon inculture m’interdisait de parler de littérature et de théâtre. Je suis devenue professeur d’histoire. Vingt‑cinq ans de thérapie plus tard, j’ose enfin prendre la plume. Mon manifeste tient en trois phrases. 1) Je préfère rire plutôt que pleurer, mais j’aime qu’une pièce me force à changer d’avis. 2) C’est un violent bonheur qu’un spectacle qui nous fait oublier la raideur du fauteuil et la pesanteur des paupières, or le bonheur, ça se partage. 3) L’adjectif « déjanté » n’aurait jamais dû quitter le registre du cyclisme et « jubilatoire » est un gros mot.

Isabelle JouveIsabelle Jouve

Férue d’art et d’écriture, Isabelle est allée voir du côté de l’Irlande, de l’Angleterre et de la Russie avant de se poser en France. Intéressée par une vraie démocratisation de la culture, elle considère le théâtre comme l’un des médias indispensables pour apprendre, échanger, transmettre, communiquer et rendre ainsi aux hommes la tendresse humaine. Elle admire Louis Jouvet et Sacha Guitry. Elle aime Jacqueline Maillan et Guillaume Gallienne. Et bien d’autres encore. Isabelle est aussi l’auteur de nouvelles, de contes et son premier roman rêve de voir le jour. Un jour !

Marion Le NevetMarion Le Nevet

J’ai commencé par gâcher les vacances de ma sœur et mon frère en les obligeant à rester enfermés tout l’été pour apprendre leur texte. J’ai toujours aimé manier les mots, sans jamais vraiment les maîtriser. J’ai assisté à maints ateliers, cours et stages de théâtre, jusqu’à épuisement. Je me suis finalement inscrite en licence d’art du spectacle, douze ans après ma première année de médecine. J’ai toujours eu l’esprit de contradiction, celui qui me pousse à me faire l’avocat du diable, et surtout à inciter ma génération à venir au théâtre. J’aime la performance, l’engagement, la légèreté, les belles lumières, Jean Genet et les jeunes metteurs en scène.

Anne Losq

Anne goûte au théâtre de mille manières, que ce soit par le biais du jeu, de l’écriture, de l’enseignement ou de la mise en scène. Ayant besoin de retrouver la source de sa passion et de s’imprégner de l’art des autres, elle redevient très souvent spectatrice : les yeux rivés sur la scène, laissant le champ libre aux émotions et aux pensées qui l’envahissent. De retour chez elle et armée d’un stylo, elle invoque ses souvenirs afin de rédiger un article qui atteste à la fois de l’esprit du spectacle et de sa propre expérience. En 2007, Anne avait rejoint les Trois Coups et avait été abreuvée de créations. Elle y revient désormais, avec l’envie accrue d’écrire et de témoigner.

© Jean-Marie LegrosLéna Martinelli

Léna a un doctorat d’études théâtrales de l’université Paris-III. Elle est journaliste pour la Revue Théâtre/Public, le magazine la Scène, le site Mouvement, etc. « Coups de cœur, coups de gueule, coups de sang. Passionnée du spectacle vivant, j’aime partager mes découvertes ou mes déceptions. Car j’attends beaucoup de l’art, qu’il me transporte ou me laisse scotchée sur place, qu’il me divertisse, me bouscule, me choque, me transforme. À coup sûr, j’aime partager mes émotions, les traduire par des mots sensés, prolonger les rencontres par des portraits sensibles. Parallèlement à mes activités d’auteur et d’enseignante en arts du spectacle, je mets mon savoir-faire de médiatrice culturelle au service d’artistes ou de structures. » Léna est également secrétaire de rédaction adjointe du journal.

Trina Mounier

Si j’avais pu, dans la vie, j’aurais été spectateur de théâtre… pas seulement de temps en temps pour le plaisir, non, spectateur professionnel… et ni de film ni d’opéra, mais bien de théâtre. Sans doute à cause du lien très particulier qu’opère le théâtre entre texte et spectacle. J’aime le charnel, gouleyant ou rocailleux, des mots, des phrases… Et je dis bien spectateur, pas acteur, pour satisfaire mon côté contemplatif et taiseux… Et parce que je sais, et j’aime, écouter ou simplement entendre… Écrire ? Je n’aime pas tellement écrire, c’est une activité qui me remplit d’inquiétude… Et pourtant, je me suis arrangée pour ne faire que cela, pour vivre de cela, des mots si difficiles à trouver et à coucher sur le papier, et surtout à relire… Bizarre comme on construit sa route… L’essentiel est que, à la croisée des chemins, écrire sur le théâtre m’est apparu comme une évidence…

Jean-François Picaut

Professeur agrégé de lettres classiques, titulaire d’un D.E.A. de littérature française, chroniqueur (littérature et littérature de jeunesse) à Radio Rennes, rédacteur en chef de l’Unité 35. Jean-François a enseigné du collège à l’université, en France, en Turquie et au Sénégal. Codirecteur de la revue d’histoire ancienne, Poikilia, de 1990 à 1995 avec Pierre Brulé (professeur à Rennes-II). Coauteur avec Jean Rohou, Francine Dugast et Michèle Touret (Rennes-II) d’ouvrages didactiques. Auteur d’articles de revue, de brochures pédagogiques, de nouvelles, de textes dramatiques. Parolier et librettiste, etc. « Longtemps professeur puis conseiller à la culture dans une collectivité territoriale, je nourris depuis l’enfance une passion pour le théâtre. Depuis, l’opéra et la musique sous toutes ses formes se sont aussi disputé mon cœur. Le spectacle vivant, la lecture et l’écriture sont des aliments quotidiens nécessaires à ma vie d’homme et de citoyen. C’est parce que les Trois Coups les défendent avec intelligence et talent que je suis fier de rejoindre “la Belle Équipe”. »

Collaborateurs occasionnels

bruno-beziadeBruno Béziade

Oui, lecteur curieux, sois rassuré, j’ai les diplômes, j’ai le passé, j’ai la pratique, j’ai même enseigné. Mais cela n’explique pas ma présence parmi cette assemblée. Peut‑on expliquer pourquoi l’on sort, pourquoi l’on supporte toutes ces heures dans l’attente de la minute inoubliable, pourquoi oui et parfois non ? Par chaleur sûrement, par cette recherche d’humanité qui nous crée, quitte à laisser un goût de sang parfois. Je peine à dire ma déception, car il y a des êtres derrière, mais c’est le prix pour partager ma joie, inciter, amener peut‑être. Aimer le théâtre, c’est un cadeau que l’on déballe chaque fois avec espoir. C’est tomber en amour collectivement pour soi tout seul.
N.B. J’aime lire aussi, comme quoi nul n’est parfait.

Jacques Casari

Salut l’ami. Qui es-tu ? Un surfeur égaré ? Un acteur paumé ? Un lecteur excédé ? Peu importe. Sois le bienvenu. Es‑tu là pour savoir qui je suis ? Je suis celui qui suit. Oui, je suis depuis des lustres ce que le spectacle vivant m’offre. Je suis les acteurs et les metteurs en scène. Je suis l’actualité du théâtre, de la musique, de la danse. Passionnément. En quête de sensations, d’émotions, d’évasion. Je suis donc ce qui donne sens à l’existence. Et j’écris. Je suis un amateur, celui qui aime. Ombre parmi des ombres cherchant la lumière dans les salles obscures. La lumière qui réchauffe et fascine, illumine ou inquiète et brûle aussi parfois. Je suis celui qui suit parce que j’aime. À bientôt l’ami – amateur éclairé –, mon semblable, mon frère.

Sarah Elghazi

« La même fièvre pousse à écrire, à jouer, à créer… à critiquer. C’est cette fièvre qui m’a saisie quand j’avais douze ans, la première fois que je suis allée au théâtre, devant une mise en scène du Misanthrope, avec Andrzej Seweryn dans le rôle-titre. Maladie salutaire qui ne m’a jamais quittée. Elle m’a accompagnée tout au long de mon apprentissage : un master 2 de lettres modernes, indissociable d’une formation théâtrale touche-à-tout, ateliers, cours, stages, expériences de mise en scène et de créations. Ça a été, et c’est encore un parcours jalonné de merveilleuses découvertes, d’expériences – bonnes ou mauvaises – bouleversantes de spectatrice, qui donnent envie d’alpaguer les gens dans la rue pour les partager, pour s’en délivrer en les recréant par la parole et par l’écrit. Voilà ce que j’aimerais faire avec les Trois Coups : communiquer, partager, célébrer… et parfois blâmer, mais toujours avec intégrité. En restant fidèle aux idéaux, aux rêves, qui font que nous sommes là. »

Lise Facchin

« Il me serait fort doux de partager cette aventure réunissant autour d’une passion commune tant de personnalités différentes. La critique théâtrale accorde trois de mes passions les plus chères : l’écriture que je pratique au quotidien sous de multiples formes, le théâtre que j’ai exercé assidûment pendant près de dix ans et le xixe siècle français sur lequel je me spécialisais au cours de mon D.E.A. d’histoire de l’art. Cette période est véritablement celle de l’apogée de la critique d’art, acteur fondamental de la progression artistique tout au long de ce siècle extraordinaire, jonché de révolutions, de coups d’État, de scandales et d’immenses artistes réinventant sans cesse leur langage. Il est déplorable que ce métier si précieux soit, de nos jours, tombé dans une telle désuétude. Pouvoir me joindre aux Trois Coups répond à un de mes souhaits de longue date. Si je crois posséder les qualités d’un rédacteur, il me faut être honnête et prévenir que la critique négative me semble aussi constructive que les louanges. Ainsi, lorsqu’une pièce me déplaît, non seulement je mets un point d’honneur à écrire tout de même mon article, mais, surtout, je ne retiens pas mes chiens de mordre. »

Benjamin Janlouis

Si Benjamin était une œuvre dramatique, ce serait le Soulier de satin (1re version) ou Phèdre ou Incendies. Un objet ? Une statuette cycladique ou un bronze du Bénin ou une aiguière ottomane. Une œuvre musicale ? La Flûte enchantée ou Rhapsody in Blue ou A Kind of Blue. Un(e) comédien(ne) ? Laurent Terzieff ou Jeanne Moreau ou Sandrine Bonnaire. Un(e) musicien(ne) ? Doudou N’Diaye Rose ou Sonny Rollins ou Brigitte Engerer. Un plat français ? Un magret de canard aux clémentines ou des profiteroles au chocolat ou un bar aux dattes. Une chanteuse ? Nathalie Dessay ou Ella Fitzgerald ou Dee Dee Bridgewater. Un chanteur ? Brassens ou Nougaro ou Ruggero Raimondi. Une œuvre littéraire ? Aurélien ou l’Odyssée ou Mémed le mince. Une fleur ? Le jasmin tunisien ou la rose qu’on tient au poing. Un légume ? Le fenouil ou la pomme de terre ou le melon. Un fruit ? Une poire William, une pomme Belchard ou une mangue. Un film ? À bout de souffle ou Norma Rae ou Bright Star. Un arbre ? Un flamboyant ou un fromager ou un olivier. Une plante ? Un chèvrefeuille ou une azalée ou un fuchsia. Un meuble ? Un secrétaire ou une bibliothèque ou un fauteuil relax ou un lit.

Aurore Krol

« Si je voulais être journaliste quand j’étais petite, c’est qu’à mes yeux il s’agissait du plus beau métier du monde. Depuis, j’ai étudié, voyagé, aimé des êtres et des œuvres, pleuré, vibré et frissonné. J’ai découvert des choses trop intimement liées à la passion pour les envisager comme un métier. De peindre un tableau, d’écrire un poème, de danser où d’interpréter un personnage, j’en vis, mais au sens premier du terme. Je ne suis pas capable de délimiter ces élans, de les maîtriser. De ces passions, néanmoins, peut naître une chose plus raisonnée, sans pour autant perdre son émotion vive. Cette chose, appelons-la « texte journalistique » : une réflexion moins intime, mais tout aussi charnellement ressentie et tendue vers le partage. Car, si je connais (pour l’avoir ressentie) l’urgence, la beauté et la vulnérabilité d’un acteur, j’ai forcément envie que tout se passe pour le mieux quand le public et les comédiens se rencontrent, se retrouvent, ou se découvrent. J’écris donc une mise en lumière, une médiation, un hommage aux artistes et un partage avec ceux qui, comme moi, ont le cœur qui s’accélère quand le rideau se lève. Mon avis est celui d’une spectatrice dont le regard s’est aiguisé au fil des années, c’est une subjectivité assumée, une critique pas forcément positive, mais toujours infiniment respectueuse du travail artistique. Participer aux Trois Coups, c’est prolonger l’enthousiasme. C’est permettre à toutes ces sensations de se confronter à d’autres regards qui viendront, je l’espère, les enrichir. Et le journalisme reste donc, selon moi, le plus beau métier du monde. »

Marie LobrichonMarie Lobrichon

Le théâtre, Marie est tombée dedans quand elle était toute petite. « Le petit chat est mort », « Je ne t’ai point aimé, cruel ? Qu’ai-je donc fait ? », « Je suis une mouette »… Toute son adolescence, elle arpente les textes et la scène au gré de ses cours de théâtre, rêve beaucoup, envisage un temps de faire sa vie sur les tréteaux. Puis se ravise : il sera bien toujours question de spectacle, mais pas forcément sur scène. Aujourd’hui versée dans l’opéra et la musique classique par sa profession, elle n’en oublie pas pour autant sa passion première et cardinale, qu’elle continue d’attiser en spectatrice et de partager par l’écriture.

© Julie ReggianiAurélie Plaut

« Le théâtre est un point d’optique. Tout ce qui existe dans le monde, dans l’histoire, dans la vie, dans l’homme, tout doit et peut s’y réfléchir, mais sous la baguette magique de l’art » ( Victor Hugo ). L’art transcende la réalité, cette réalité si dure qui est la nôtre. En ces temps difficiles, plus que jamais l’art est une nécessité. Dénoncer, montrer, rendre intelligible un monde parfois abrupt tout simplement pour mieux pouvoir lutter. Ce sont ces raisons qui me poussent à aimer profondément le spectacle vivant, à admirer les comédiens, à vibrer durant la représentation parce que le metteur en scène donne à voir sa propre lecture du texte. Je suis une amoureuse des mots. J’aime les lire, les entendre, les regarder, les sentir. Écrire pour transmettre au public l’envie de pénétrer les salles de spectacle, voici ce qui me pousse à pratiquer la critique théâtrale.

Maud Sérusclat-Natale

Titulaire d’une maîtrise de lettres modernes ; d’un master « enseignement du français » (D.E.S.S.), spécialisation en français langue étrangère ; du C.A.P.E.S. de lettres modernes ; d’un master de recherche en littérature française (D.E.A.). « Je nourris depuis ces trois dernières années une vive passion pour le théâtre, que j’ai redécouvert depuis que je suis enseignante. J’ai eu l’occasion de franchir ses portes avec un autre œil, moins formaté, plus simplement sensible, curieux et certainement plus libéré depuis ma sortie de l’université, ce qui me permet quotidiennement de faire partager cette passion à mes élèves, souvent étrangers à l’univers de la scène mais réjouis de le découvrir. »

Bénédicte Soula

Journaliste art et culture. Certains ont dans leur panthéon des dieux du stade, des idoles faites de rock ou de toute autre matière musicale, des icônes hollywoodiennes, des divinités en papier glacé. Mes héros sont trop nombreux à convoquer, mais disons que pour filer jusqu’au bout la métaphore, Victor Hugo est leur Zeus et Picasso leur Jupiter… Les livres ont décidé de mon existence. Ils m’ont conduite à l’université de lettres et sciences humaines de Clermont-Ferrand, où j’ai rencontré Assia Djébar, Vassili Alexakis et le regretté poète palestinien Mahmoud Darwich. M’ont menée jusqu’à la maîtrise de lettres, puis jusqu’à l’École de journalisme de Toulouse, où je m’agrippais à l’idée chimérique mais attendrissante de « vivre de la critique ». Quoi qu’il en soit, cette école de l’efficacité stylistique m’a apporté tout ce qui manquait à la leçon universitaire. Et réciproquement. Au terme de cette double formation, je me suis sentie « réunie ». Et prête à écrire. Une fois diplômée, je me suis spécialisée en « art et culture », couvrant, entre autres choses, l’actualité théâtrale toulousaine, et reprenant par ailleurs le chemin de la faculté pour une formation libre en histoire de l’art. Je collabore à diverses publications dont les magazines Parcours des arts et À Toulouse, et enseigne, dans un collège, les toutes premières techniques de presse. Restait à réaliser mon rêve de critique. Les Trois Coups l’exaucent désormais.