Célestes solos
Par Stéphanie Ruffier
Le solo du marginal qui tâtonne pour trouver sa place dans la société est un genre que le théâtre de rue affectionne. Il donne, avec tendresse, la parole à de doux paumés, souvent solitaires, dont le décalage et la loose tiennent de la poésie. Au festival Chalon dans la rue, portrait de quatre tenaces qui tentent de se dire et d’exister.

Au chevet de l’Histoire
Par Stéphanie Ruffier
Prendre le temps d’ausculter un fait divers américain ou exhumer les traces d’un épisode européen occulté : deux spectacles programmés par Chalon dans la Rue relaient dans l’espace public une grande diversité de voix. Un théâtre documentaire qui fait entendre l’Histoire par ceux qui l’ont vécue. Des puzzles mémorielles poignants.

Dissimuler son être véritable, coûte que coûte ?
Par Lorène de Bonnay
« Royan. La professeure de français » de Marie Ndiaye est une pièce écrite à la demande de Nicole Garcia. Ce monologue mis en scène par Frédéric Bélier-Garcia, le fils de l’actrice et réalisatrice, évoque un tragique secret. Mêlant déni et culpabilité, il se déploie lentement sur le plateau à travers la parole, tels des flux de conscience fulgurants, entre ombre et lumière. Puissamment.

Ni niaiserie, ni maître !
Par Laura Plas
Le conte est un territoire merveilleux aux sentes difficiles à frayer, mais la Compagnie O’navio, grâce à de très bons comédiens et à une mise en scène inventive et esthétique, nous y entraîne pour notre plus grand plaisir. Ode à l’insoumission, ce spectacle est un bijou de poésie et d’humour.

Un réjouissant divertissement de circonstance
Par Lorène de Bonnay
Le Nouveau Théâtre Populaire, inspiré par l’héritage de Jean Vilar, présente un marathon théâtral dont le festival a le secret. Trois comédies de Molière se succèdent, ponctuées par des intermèdes radiophoniques qui jettent des ponts entre le Grand siècle et aujourd’hui. Durant ce temps suspendu, tous « reliés », nous explorons justement les rapports entre l’Homme et le Ciel.

Paternités en chantier Par Laura Plas Les Trois Coups Dans un spectacle de poche, modeste comme une cuisine, la Cie Babel interroge les […]

Détruire, disent-ils
Par Stéphanie Ruffier
Au festival de Mulhouse, comme ailleurs, le pouvoir délire. Le théâtre de rue nous tend le miroir de la monstruosité de ceux qui nous gouvernent : les Batteurs de Pavés font de Richard III l’organisateur d’un vide-dressing radical, tandis que La Débordante nous peint un premier ministre tout aussi cynique et liquidateur. Alors, assister impuissants au massacre ?

Voix intimes au chapitre de la Nation 
Par Laura Plas
Déconstruisant les romans nationaux et médiatiques, « Mes ancêtres les Gaulois » et « Et c’est un sentiment qu’il  faut déjà que nous combattions je crois » nous invitent à entendre les récits de ceux qui n’ont pas voix au chapitre de l’histoire officielle. Un théâtre politique pour sortir des clichés.

Massues errantes et théâtre en bocal
Par Stéphanie Ruffier
Le festival Scènes de rue est passé entre les gouttes : ni intempéries ni passe sanitaire. Ouf, Mulhouse l’a fait ! Côté ville, ça jouait avec les contraintes désormais rituelles : chaises, barrières, rubalise, jauges limitées… Mais un inattendu dimanche sur l’herbe a mis de l’air dans les poumons. Dans ce contexte particulier, tour d’horizon des spectacles qui interrogent avec acuité la liberté et le lien social.

Familles, comme chants de batailles
Par Laura Plas
Comment parler de/avec ses proches au-delà de ce qui nous a séparés d’eux : le temps, les rancunes ou la maladie ? Trois spectacles que nous avons vus tentent d’y répondre par un travail sur les voix narratives… avec plus ou moins de finesse.

Une cerisaie aux modulations infinies
Par Lorène de Bonnay
« Je ne survivrai pas à cette joie » : « La Cerisaie » de Tiago Rodrigues nous entraîne dans une fête grinçante, joyeuse et mélancolique célébrant la destruction d’un monde, d’un éblouissement. Un petit trésor de subtilité présenté dans un lieu monumental.