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« l’hiver quelle tonalité », de Philippe Crubézy, paraît chez Lansman éditeur

« l’hiver quelle tonalité ? »
de Philippe Crubézy

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Les Trois Coups

Lansman éditeur

Collection : « Théâtre à vif »

34 pages

Format : 11,6 cm × 20,5 cm

10 euros

I.S.B.N. : 978-2-8071-0101-2

Philippe Crubézy est comédien. Depuis 1989, il écrit aussi régulièrement pour le théâtre. Il est édité aux éditions Théâtrales, Crater, Le Bruit des autres, Lansman, Actes Sud-Papiers, L’Amandier.

Résumé

Librement inspirée des années de détention du pianiste Miguel Ángel Estrella, cette pièce rend hommage à tous ceux qui ont su, ou non, résister en silence au vacarme de la torture, mais qui n’ont pourtant rien oublié, sauf la haine.

Ce texte est le lauréat du prix de l’InédiThéâtre 2016.

Les Trois Coups


Lansman éditeur • 63‑65, rue Royale • B‑7141 Carnières / Morlanwelz

Tél. 00 32 (0) 64 23 78 40

« La grenouille avait raison » © Hugues Anhès

« La grenouille avait raison », de James Thierrée, les Célestins à Lyon

Thierrée avait raison

Par Trina Mounier
Les Trois Coups

Avec « La grenouille avait raison », son nouveau spectacle au titre aussi énigmatique que les fantasmagories qu’il met en scène et en corps, James Thierrée a ensorcelé le public des Célestins.

Petit-fils de Charlie Chaplin, enfant de la balle né de deux virtuoses de la scène et, déjà, de « l’Invisible », nom de leur dernier cirque, James Thierrée ne se limite pas à être le fils de. Il a su créer un univers, des univers poétiques et changeants qui n’appartiennent qu’à lui. Non content d’avoir conçu ce spectacle, il en a écrit la musique, la scénographie, est aux commandes des lumières et y joue avec maestria un rôle essentiel.

La grenouille avait raison démarre sans qu’on y prenne garde. Le grand rideau de scène rouge qui dégouline des cintres est encore en place. Une voix chuchote au milieu des bavardages des spectateurs. Mots indistincts. Puis cette voix prend corps, une femme toute drapée d’écarlate, avec un masque d’or, s’avance, s’approche du rideau, s’y love, glisse, se fond, rapetisse, disparaît, comme engloutie. Première métaphore qui sera filée par la suite…

On la retrouve assise dans un grand fauteuil tendu de velours de la même flamboyance, d’où elle observera et commentera, le plus souvent par un chant dont la musique prend le pas sur les mots. Qui est-elle ? Un mystère de plus. En vrai, une chanteuse originaire de Sierra Leone au registre très large, capable d’embrasser les aigus comme les graves, une voix magnétique, profonde et suave, ensorcelante, magique, qui flotte à l’unisson du spectacle. C’est Mariama, un nom à retenir.

Univers enchantés, corps improbables

Quand enfin le rideau se lève, révélant l’abondance de ses plis, c’est une luxuriance qui remplace la grande sobriété de ce début. Le plateau est entouré d’immenses voilages sombres mais mordorés, chatoyants, soyeux, sublimes oripeaux. Des cintres pend une espèce de soucoupe volante qui serait faite de plusieurs corolles, de cuivre et de nacre translucide qui laisse filtrer la lumière. Au-dessus de ce vaisseau fantôme qui évoque celui de Starwars par son aspect maléfique, une femme est perchée dans une sorte de cage dont elle descendra de loin en loin, sorte de sirène qu’on croit voir voler ou nager d’un filin à l’autre, comme en apesanteur : Thi Mai Nguyen, une liane, fluide comme l’eau qui sera l’élément constitutif de cet univers.

Au sol des fils, filins, cordes, comme autant de chausse-trapes. À jardin, un vieux piano poussiéreux. Sur le clavier, une femme est effondrée, écroulée. Ses membres vont un par un tomber et renaître, tels des tentacules d’une créature marine. Cette merveilleuse interprète, c’est Valérie Doucet, contorsionniste ahurissante au corps apte à adopter les positions les plus invraisemblables, quasi magiques, mais aussi, et c’est sans doute le plus important, les plus poétiques. Ainsi dans ce pas de deux qu’elle danse avec James Thierrée, glissant entre ses mains, puis se collant à lui, légère, toute souplesse, nébuleuse quasi transparente et pourtant incroyablement présente. Ou lorsqu’elle se cache dans l’espace exigu d’un aquarium rempli d’eau d’où ses traits de sirène nous parviennent déformés…

Enclencher des miracles

Les interprètes ont chacun une spécificité, comme Samuel Dutertre, acteur énigmatique, ou Yann Nédélec et sa naïveté joyeuse apte à enclencher des miracles : touches du piano qui sous son regard prennent leur indépendance, poste de télévision aux images d’outre-monde… James Thierrée, bien sûr, acrobate poète dont les mains à elles seules inventent des univers, déconstruisent la réalité, personnages dotés d’une vie propre…

C’est tout un livre d’images et ses références multiples, 20 000 lieues sous les mers, mais aussi les Temps modernes, la Ruée vers l’or… Un chef-d’œuvre technique également, car il faut admirer un imbroglio d’acier, de poulies, de liens, ou cet escalier en colimaçon qui part de nulle part et s’élance, sans l’atteindre, vers le ciel, qui se balance en tous sens tandis que James Thierrée tente d’en gravir les degrés dans un déséquilibre permanent. Et toutes ces créatures, araignées, poulpes, poissons, sirènes… qui ont l’air de ne tenir qu’à un fil et qui ne tiennent en réalité qu’à un fil, invisible du public, mais manipulé par des artistes dans les coulisses. Cette débauche d’accessoires renvoyant à une multitude d’images ensorcelantes ne gêne pas. On se laisse facilement emmener dans ce labyrinthe encombré à la poursuite d’une fratrie mystérieuse enfermée là-dessous pour un crime inconnu. Tout juste manque-t-il un ressort dramaturgique moins ténu pour émouvoir vraiment… 

Trina Mounier


La grenouille avait raison, de James Thierrée

Cie du Hanneton

Avec : Valérie Doucet, Samuel Dutertre, Mariama, Yann Nédélec, Thi Mai Nguyen, James Thierrée

Scénographie et musique originale : James Thierrée

Coordination technique : Anthony Nicolas

Son : Thomas Delot

Lumières : Alex Hardellet, James Thierrée

Costumes : Pascaline Chavanne

Marionnette : Victoria Thierrée

Plateau : Samuel Dutertre, Laurent Graouer, Anthony Nicolas

Habillage et plateau : Sabine Schlemmer

Assistantes à la mise en scène : Pénélope Biessy et Sidonie Pigeon

Assistant à la scénographie : Laura Léonard

Constructions, fabrications, confections : Thomas Delot, Samuel Dutertre, Fabrice Henches, Anthony Nicolas, Sabine Schlemmer, Monika Schwarzl, Matthieu Bony, Olvido Lanza Bermejo, Simon Zaoui, Patrick Lebreton, Camille Joste

Peintures et patines : Marie Rossetti

Production et coordination : Emmanuelle Taccard, Sidonie Pigeon

Photos : © Hugues Anhès

Production déléguée : Cie du Hanneton / Junebug

Coproduction : Théâtre de Carouge-Atelier de Genève / Célestins, Théâtre de Lyon / Théâtre du Rond-Point, Paris / Théâtre de la Ville, Paris / Théâtre Royal de Namur / la Coursive scène nationale de La Rochelle / Sadlers Wells Londres en collaboration avec Crying out Loud / l’Arc scène nationale, Le Creusot / le Radiant-Bellevue, Caluire / Opéra de Massy / Odyssud, Blagnac / Théâtre de Villefranche-sur-Saône / la Comédie Clermont-Ferrand / Théâtre Sénart / Festival international d’Édimbourg

Les Célestins • 4, rue Charles-Dullin • 69002 Lyon

04 72 77 40 00

Programmé en collaboration avec le Radiant-Bellevue

En complicité avec la Maison de la danse

http://www.celestins-lyon.org/

Du 24 mai au 5 juin 2016 à 20 heures (relâche les lundi et jeudi 26 mai et le 2 juin)

Les représentations du 3 au 5 juin sont présentées dans le cadre du festival UtoPistes en partenariat avec la compagnie M.P.T.A.

Durée : 1 h 15

De 36 € à 9 €

Dès 10 ans

Ce spectacle sera repris aux Célestins la saison prochaine du 11 au 23 octobre 2016.

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« Sept », adapté de « l’Épreuve de feu » de Magnus Dalström, Festival de caves à Besançon

À la limite du dicible

Par Morgane Patin
Les Trois Coups

Inscrit dans le cadre du Festival de caves, le spectacle « Sept » propose d’explorer les sept péchés capitaux à travers sept interdits : vol, violence conjugale, infanticide, inceste, pyromanie, mutilation, nécrophilie. Une expérience étrange qui met à l’épreuve les oreilles du spectateur !

Faire de l’espace souterrain qu’est la cave un lieu de théâtre, voilà l’ambition du Festival de caves, qui organise cette année sa onzième édition. Il en ressort immédiatement une dimension mystérieuse : on vous donne rendez-vous à un endroit dont vous avez connaissance la veille de la représentation ; une fois tout le monde arrivé, vous suivez votre guide qui vous emmène jusqu’au sous-sol qui servira de scène. La troupe a ainsi décidé de tirer profit de ce lieu insolite pour qu’il devienne le terrain d’expression de ces interdits que la société rejette.

Disposés en cercle dans un espace clos, nous découvrons sept personnages qui incarnent les péchés abhorrés pour leur caractère profondément immoral. Les rôles sont alternativement pris en charge par deux comédiens. Bruits lointains de la rue, cave fermée, spectateurs qui se font face, impression d’intimité, une chaise que l’on scie vivement, tout est là pour créer une atmosphère oppressante, lourde, presque inquiétante, qui vient encore ajouter au malaise provoqué par le texte.

Car il faut dire que chacun des personnages prend corps à travers un monologue dans lequel le crime est avoué avec la simplicité de la discussion de comptoir. Ce qu’il peut y avoir de plus noir dans les pulsions humaines est exposé avec une sorte d’évidence, dans un discours qui met entièrement de côté le jugement moral. Et c’est bien cette apparente normalité qui dérange rapidement : on serait presque proche de ces criminels que l’on considère pourtant comme monstrueux.

Dans le sillage des poètes maudits

C’est sous le patronage de Lautréamont et des poètes du xixe que la performance est placée.

« Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison […]. Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. » Lautréamont, les Chants de Maldoror, chant I.

Ce sont sur ces mots que vous entrez dans le cénacle. Les âmes sensibles et moins sensibles sont donc averties. Il n’en demeure pas moins que la pièce, adaptée de l’Épreuve de feu de Magnus Dalström, dérange davantage que les œuvres du romantisme noir et d’inspiration gothique du xixe siècle. Peut-être est-ce que nos personnages sont bien ancrés dans la société contemporaine et qu’il n’y a, de ce fait, pas d’effet de distance, ce qui donne la sensation qu’il pourrait s’agir de n’importe lequel d’entre nous. Il faut dire que le jeu des comédiens tend à nous rapprocher de ces êtres que l’immoralité rend hideux. Leur incarnation est juste, mesurée, et c’est ce qui provoque le trouble.

Aux frontières de l’humanité

On sait que le théâtre sonde les limites de l’humain et de l’inhumain depuis l’Antiquité. En cela, Sept remplit parfaitement sa mission. L’apparente normalité de ces personnages hors des critères habituels de la morale nous oblige à nous interroger sur ce qui engendre le crime. Toutefois, dans ce questionnement, on ne nous ménage pas : on ne nous montre pas des êtres loin de nous, comme le faisait la tragédie antique qui réservait les atrocités les plus abjectes à des héros extraordinaires. Sept nous plonge au contraire dans l’ordinaire jusqu’au cou. La simplicité de ces monologues qui expliquent tranquillement le progrès dans l’horrible nous heurte parce que nous préférons penser que ces êtres sont des monstres, au-delà des bornes de l’humanité. Les voir évoluer dans un quotidien qui est le nôtre, dans notre société, dans nos habitudes est particulièrement perturbant.

Il est évident que la pièce ôte la passivité au spectateur : la réalité du crime est présentée de façon brute, sans remords, sans discours moralisateur, sans jugement culpabilisant. Aucun tabou, aucune métaphore ou aucun euphémisme pour décrire la pulsion et sa satisfaction égoïste et immorale. On se retrouve face à ces personnages un peu démuni et désappointé. Aussi sort-on sans être capable de dire, et ce pendant un bon moment, ce que l’on a pensé du spectacle. L’expérience est en tout cas singulière et étrange. 

Morgane Patin


Sept, adapté de l’Épreuve de feu de Magnus Dalström

Mise en scène : Jean‑Michel Potiron

Avec : Marie Champain et Charly Marty

En coproduction avec la Cie Théâ̂tre à tout prix (Besançon)

Festival de caves

Réservations : 03 63 35 71 04

Site : http://www.festivaldecaves.fr/

Du 30 avril au 30 juin 2016

12 € | 10 € | 7 €

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« Noyade(s) », de Jean‑Fançois Guilbault et Andréanne Joubert, va paraître chez Lansman éditeur

« Noyade(s) »

de Jean‑François Guilbault
et Andréanne Joubert

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Les Trois Coups

Lansman éditeur

Collection : « Théâtre à vif »

60 pages

Format : 11,6 cm × 20,5 cm

12 euros

I.S.B.N. : 978-2-8071-0087-9

Jean‑François Guilbault est acteur, auteur et metteur en scène. Diplômé de l’école de théâtre de Saint‑Hyacinthe, il poursuit actuellement une maîtrise en théâtre. Il codirige, depuis 2011, la compagnie Samsara Théâtre.

Artiste plurielle, Andréanne Joubert travaille comme comédienne et acrobate depuis plus de dix ans. Depuis 2012, elle a fondé sa propre compagnie, Des bouts du monde, qui crée des spectacles au croisement du cirque et du théâtre.

Résumé

Louis et Sedna naviguent entre vie réelle et connexion internet. Il se sent prisonnier de l’image parfaite qu’il projette. Elle s’entraîne à retenir son souffle pour disparaître dans le lac.

Narcisse, un personnage mystérieux à la tête de loup, va apparaître sur le web. Il offre la liberté de rejoindre la meute en seulement quelques clics.

Tous deux embarquent sur son forum et s’y accrochent comme à une bouée. Très vite, les frontières entre réalité et virtualité deviennent floues. Et c’est l’enclenchement du drame…

Une pièce ancrée dans l’univers d’adolescents d’aujourd’hui plongés dans le monde paradoxal et omniprésent des médias sociaux.

Les Trois Coups


Lansman éditeur • 63‑65, rue Royale • B‑7141 Carnières / Morlanwelz

Tél. 00 32 (0) 64 23 78 40

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« Trouver grâce », de Luc Tartar, paraît chez Lansman éditeur

« Trouver grâce »
de Luc Tartar

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Les Trois Coups

Lansman éditeur

Collection : « Théâtre à vif »

40 pages

Format : 11,6 cm × 20,5 cm

10 euros

I.S.B.N. : 978-2-8071-0102-9

Luc Tartar est auteur et comédien. On lui doit une bonne vingtaine de pièces, deux romans et un journal. Son écriture est aujourd’hui appréciée tant par les adultes que par les jeunes, en particulier les adolescents. Ses pièces sont montées en Europe et aux Amériques.

Ce texte s’inscrit dans le cadre d’une résidence virtuelle en lien avec dix classes de collège de la métropole de Lyon et du département du Rhône en partenariat avec le centre Érasme et la compagnie Ariadnearie.

Résumé

Grâce a disparu. Elle a quitté précipitamment le collège après une dispute avec son ami Hakim et n’est pas rentrée chez elle. La famille, les camarades, les professeurs, tous se mobilisent pour retrouver la jeune fille, tandis que la police mène l’enquête et que les médias s’emparent de l’affaire. Où est Grâce? Elle est peut-être en danger. Le temps presse. Il faut la retrouver.

Les Trois Coups


Lansman éditeur • 63‑65, rue Royale • B‑7141 Carnières / Morlanwelz

Tél. 00 32 (0) 64 23 78 40