Tendres fantômes
Par Marie Lobrichon
Que devient la relation à ceux que nous avons aimé, quand vient la mort ? Quelle place leur laisser dans la mémoire ou, en creux, dans notre oubli ? Porté par un très beau trio d’acteurs et par un texte foisonnant où la drôlerie le dispute à la profondeur, le spectacle de Lucia Calamaro à l’Odéon–Théâtre de l’Europe nous entraîne dans une introspection douce sur ce thème universel.

Camera obscura hypnotique
Par Marie Lobrichon
Bang, bang, bang. Avec la fulgurance d’une balle de colt, la compagnie Plexus Polaire nous projette dans l’univers mental sombre et violent d’une femme à la dérive. Ce spectacle à l’humour aussi noir que décapant mêle avec brio musique live, vidéo et marionnettes. La grande classe.

Fascinante éclosion
Par Marie Lobrichon
Robyn Orlin et son stupéfiant interprète Albert Ibokwe Khoza transforment le jeu burlesque en une affirmation identitaire et politique, agrémentée d’une belle dose d’humour. Une performance puissante et jouissive.

Tragédienne malgré elle
Par Marie Lobrichon
Peut‑on se soustraire au théâtre ? Dans le rôle de la fille du remarquable Jean‑Baptiste Poquelin, Ariane Ascaride livre une performance à la fois sobre et virtuose. Du grand art.

Vous avez dit baroque ?
Par Marie Lobrichon
Pour les dix ans de sa création, le Centre national du costume de scène à Moulins consacre une exposition évènement à l’univers baroque des Arts florissants, à travers trente ans de costumes. Une découverte passionnante, qui réussit avec brio le pari de concilier démarche muséale et spectacle vivant.

Un acteur d’exception
Par Marie Lobrichon
Bim, bam, boum : Samuel Beckett, Peter Stein et Jacques Weber. Un « trois‑en‑un » qui sonne comme une promesse monstrueusement sacrée, avant de déboulonner avec délectation cette triple statue du commandeur, sublime de décrépitude.

Des limites de la performance en milieu bobo
Par Marie Lobrichon
« Touch Me », « Taste Me », « Trade Me » : la performance en trilogie de Gurshad Shaheman, bien léchée et tout en cohérence théorique, peine à susciter l’émotion… et révèle les démons exhibitionnistes d’un public bobo.

L’anti-Disney
Par Marie Lobrichon
Blanche-Neige s’encanaille au cabaret, sous un déluge de strass où affleure le tragique. Pari risqué, mais la magie opère.

Hôtel des esprits
Par Marie Lobrichon
Pour le troisième volet de sa « traversée » sous le signe de la féminité noire, Eva Doumbia dynamite le huis clos classique et livre la scène aux fantômes du passé esclavagiste. Un métissage brutal et complexe, puissant et bruissant d’évocations, qui séduit autant qu’il interroge.

Qualité suisse
Par Marie Lobrichon
Avec une comédie composée sur le motif de ce lit confortable, Christoph Marthaler livre un bonbon chocolaté sympathique et plein d’humour, bien léché et réglé comme une horloge suisse. Un peu trop peut-être ?