L’Homme qui ne pouvait plus fermer les yeux
Par Olivier Pansieri
« Jan Karski », mis en scène et adapté du roman éponyme de Yannick Haenel par Arthur Nauzyciel, fut l’un des évènements du Festival d’Avignon en 2011. Depuis, il n’a cessé de tourner dans le monde. Il ne fait pas que rafraîchir la mémoire, il l’honore aussi et rappelle que le monde peut être sauvé par le geste d’un seul homme qui dit non, ici dramatiquement ressuscité. Fort et nécessaire.

Le nain, ce plouc ?
Par  Olivier Pansieri
Sous la baguette attentionnée de Franck Ollu, ce « Nain » donné dans sa forme réduite, fait ressortir les rutilantes trouvailles du Viennois Zemlinsky, compositeur incurablement Art Nouveau. Mathias Vidal prête sa voix puissante au rôle-titre, Julie Robard-Gendre sa forte sensibilité à celui de Ghita et l’Orchestre symphonique de Bretagne sa fougue aux fulgurances de cette lettre ouverte aux sans-cœurs. On est moins convaincu par le reste.

Un Blanc au purgatoire
Par Olivier Pansieri
Cette adaptation du roman de John Maxwell Coetzee, « Disgrâce », a tout pour déplaire. Violences, humiliations, rien ne manque à ce sombre tableau de la vie rêvée des anges déchus de l’Afrique du Sud. Puis on se surprend à le contempler, de plus en plus remué. Quelque chose a lieu là, de l’ordre de l’universel, qui nous étreint et ne nous lâche plus.

Kery James persiste et saigne !
Par  Olivier Pansieri
Reprise au Théâtre national de Bretagne du spectacle « À vif » de Kery James, créé au Théâtre du Rond-Point dans une mise en scène de Jean-Pierre Baro. Cette première pièce du célèbre rappeur fait partout l’unanimité. Même chose ici, à Rennes, devant une salle comble et comblée. Quel est donc le secret d’un pareil succès ?

Jésus remeurt
Par Olivier Pansieri
Le metteur en scène Frédérique Loliée orchestre un chassé-croisé aussi délirant que vrai à partir de deux textes d’Antonio Tarantino : « Stabat Mater » et « Passion selon Jean ». Deux Jésus, une Marie et l’Administration comme chemin de croix, amen. On devrait étouffer et on éclate de rire, pour finalement y aller de sa larme. Ce n’est pas si fréquent. Les Deschiens attendant le Grand Inquisiteur de Dostoïevski.

Comment Damien Jalet déplaça les montagnes
Par  Olivier Pansieri
Coup de tonnerre avec ce « Yama », spectacle de danse inspiré des folklores, au sens le plus noble du terme. La montagne y est le lieu de tous les dangers, de tous les prodiges, de tous les exorcismes. Quelle joie de pouvoir se laver les yeux, et le cœur, à leur source merveilleuse. On en ressort ébloui, apaisé. Osons le dire, « aux anges ».

Voyage outre-tombes
Par  Olivier Pansieri
Depuis sa création en 2007, Rimini Protokoll flirte avec la mort. Nachlass n’échappe pas à la règle, invitant le spectateur à visiter les mausolées imaginaires de huit personnes, dont plusieurs disparues. Ce qu’elles voudraient laisser derrière elles. Quel intérêt ? Dramatique.

Les sœurs Corée de Nauzyciel
Par Olivier Pansieri
Créée à Séoul en 2016, comme adaptation d’un roman jouant judicieusement sur les apparences, « L’Empire des lumières » envoûte par son mystère et l’art de ses interprètes. À la duplicité de leur jeu, s’ajoute celle du récit qui joue à nous perdre pour mieux nous guider. Deux heures de pur plaisir.

Denis Lavant fait son Céline, incognito
Par Olivier Pansieri
« Faire danser les alligators sur la flûte de Pan ». Qu’es aquò ? Le titre d’un spectacle sur et avec, pour ainsi dire, Louis‑Ferdinand Céline. C’est Denis Lavant qui l’incarne, le mot est même faible, dans un montage d’Émile Brami, mis en scène par Ivan Morane.

« Victor » enfin grand !
Par Olivier Pansieri
Le Tout-Paris s’écrase au Théâtre de la Ville pour la première de « Victor ou les Enfants au pouvoir » de Roger Vitrac, mis en scène par le directeur Emmanuel Demarcy‑Mota

Un dernier rire avant de partir ?
Par Olivier Pansieri
Chantal Melior redonne vie à deux comédies méconnues de W. Shakespeare : « Tout est bien qui finit bien » et « les Deux Gentilshommes de Vérone » en son antre tapi au beau milieu de la gare d’Asnières…

Casse‑toi pov’ troupe ! (suite)
Par Olivier Pansieri
« Asnières ! Ton univers impitoya‑a‑a‑able… » Nos internautes se souviennent du cri que nous avions poussé pour les alerter sur le sort du Théâtre du Voyageur, menacé à brève échéance de se retrouver à la rue…