« Le Dernier jour du jeûne » et « L’Envol des cigognes », de Simon Abkarian, Théâtre du Soleil à Paris

Bats-toi si t’es une femme !
Par Olivier Pansieri
Dix ans après Pénélope Ô Pénélope, Simon Abkarian présente deux nouvelles fables sous la verrière étoilée du Théâtre du Soleil, en tout six heures de spectacle. Des trous d’air, mais quel souffle ! Un grand bravo à Ariane Ascaride, Marie Fabre et Catherine Schaub qui tiennent, de bout en bout, ce marathon de l’amour, de la peur et de la famille.
« Stabat mater » de Giovanni Battista Pergolèse, La Renaissance à Oullins

Les écueils de la transdisciplinarité
Par Michel Dieuaide
S’appuyant sur le « Stabat mater » de Pergolèse, morceau d’anthologie de la musique baroque italienne, David Bobée et Caroline Mutel tirent et étirent un spectacle consensuel qu’on ne peut qu’applaudir… mais qui écrase par son didactisme.
« Songs » de l’Ensemble Correspondances et de Samuel Achache, Théâtre de la Croix-Rousse à Lyon

Mariage forcé
Par Michel Dieuaide
L’union ne fait pas forcément la force dans « Songs », un spectacle qui associe jeu théâtral et musique baroque.
« Et Dieu ne pesait pas lourd », de Dieudonné Niangouna, par Frédéric Fisbach, Festival des Francophonies, Théâtre de l’Union à Limoges

Nitroglycérine d’un verbe mythomane Par Laura Plas Les Trois Coups Frédéric Fisbach met en scène et interprète « Et Dieu ne pesait pas lourd » de Dieudonné Niangouna. Une performance forte qui porte la langue à incandescence et laisse le spectateur perdu comme dans un bon polar, chahuté par la force explosive des mots. Et Dieu ne pesait pas lourd naît en 2014 d’une demande que formule le metteur en scène […]
« la Nuit des rois », de William Shakespeare, la Comédie-Française à Paris

Quand la folie résonne, elle nous rend gais
Par Lorène de Bonnay
Thomas Ostermeier partage son sens de la démesure toute shakespearienne avec les comédiens du Français : sa mise en scène de « la Nuit des rois ou tout ce que vous voudrez » détonne et régale.
« La Dame aux camélias », d’Alexandre Dumas Fils, Théâtre national de Bretagne à Rennes

Jeu interdit
Par Olivier Pansieri
L’adaptation qu’Arthur Nauzyciel tire de la « La Dame aux camélias » laisse de marbre. Trois heures d’ébats au ralenti entre des personnages réduits à des figurants, entrecoupés de scènes assénées au public comme des rapports d’activité. Pourquoi ne pas relire l’œuvre chez soi, tranquillement ?
« Chandala, l’impur », de Koumarane Valavane, d’après « Roméo et Juliette », de Shakespeare, Théâtre de l’Union, Limoges

Super Will contre les castes
Par Laura Plas
Avec « Chandala, l’impur », L’indianostrum propose une adaptation bigarrée, indienne mais surtout engagée de « Roméo et Juliette » pour dénoncer le système des castes. Une proposition forte qui emporte le public par son audace et sa folle énergie.
« Ich Bin Charlotte », de Doug Wright, Théâtre du Poche-Montparnasse à Paris

Agent trouble
Par Cédric Enjalbert
Steve Suissa met en scène « Ich Bin Charlotte », le récit biographique d’une icône transgenre berlinoise, durant la guerre. Succès du Off d’Avignon cet été, le spectacle est repris au Théâtre de Poche-Montparnasse.
« Construire un feu », de Jack London, Studio-Théâtre de la Comédie-Française à Paris

La voix de la survie
Par Bénédicte Fantin
Marc Lainé transpose la nouvelle de Jack London, « Construire un feu », en mobilisant ses multiples talents de plasticien, scénographe, réalisateur et metteur en scène. Le dispositif scénique, qui fait la part belle à la projection vidéo, semble presque superflu face à l’écrasante présence des deux conteurs : Pierre Louis-Calixte et Alexandre Pavloff.
« Le Procès », d’après Franz Kafka, Odéon-Théâtre de l’Europe, dans le cadre du Festival d’automne à Paris

Lupa plaide Kafka
Par Trina Mounier
Alors qu’un parti ultraconservateur accédait au pouvoir en Pologne, Krystian Lupa s’est emparé de Kafka. Le metteur en scène présente aujourd’hui une adaptation du « Procès », dont il explore les méandres dans un spectacle halluciné de presque cinq heures.
« Au plus noir de la nuit », d’après André Brink, Théâtre de la Tempête à Paris

Trouver sa direction, au plus noir de la nuit !
Par Laura Plas
Approfondissant les questions de l’exil et du racisme, Nelson Rafaell Madel adapte « Au plus noir de la nuit », de l’écrivain sud-africain André Brink. Si la proposition n’est pas dépourvue d’audace, elle manque de maturation, en particulier en ce qui concerne la direction d’acteurs.
Le romantisme et le bidet

En cette rentrée, trois pièces et deux metteurs en scène s’intéressent aux choses de l’amour.