« Combat de nègre et de chiens », de Bernard-Marie Koltès, Théâtre de La Renaissance à Oullins

L’ennemi intérieur
Par Michel Dieuaide
Laurent Vacher et la Compagnie du Bredin s’emparent avec justesse et lucidité d’une œuvre de Koltès publiée en 1979, toujours aussi percutante.
« Maîtres anciens – Comédie », de Thomas Bernhard, Théâtre de la Bastille à Paris

Affreux, drôle et touchant
Par Laura Plas
Tous les soirs au théâtre de la Bastille, Nicolas Bouchaud nous attend (vraiment) pour se livrer à un jeu de massacre jubilatoire inspiré du roman de Thomas Bernhard : « Maîtres anciens ». Et à ce jeu, le bouffon est ici roi.
« Paradise», de Akaji Maro et la Compagnie Dairakudakan, Maison de la culture du Japon à Paris

Nô, nô, nô
Par Léna Martinelli
Dairakudakan, revient à Paris avec deux créations inédites. Créée il y a 45 ans, la compagnie japonaise est toujours dirigée par Akaji Maro, à la vision singulière teintée d’ironie. La preuve avec « Paradise », une création récente qui en met plein la vue, plus qu’elle ne dérange.
« Festen », de Thomas Vinterberg, à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, à Paris

Un étrange piège théâtral
Par Lorène de Bonnay
Cyril Teste, comme d’autres metteurs en scène avant lui, s’attaque à l’adaptation théâtrale du film « Festen », de Thomas Vinterberg. Quand l’inceste s’invite dans une fête de famille, c’est le désastre, la déflagration. Or, la forme élaborée ici, entre film et théâtre, ne suscite pas un tel trouble.
« Pippin tombe à l’eau », troisième volet de la tétralogie « Moby Dick », d’après Herman Melville, au Théâtre du Voyageur, à Asnières

Melville, la vie
Par Cédric Enjalbert
La traversée continue. Le Théâtre du Voyageur, à Asnières-sur-Seine, nous mène sur la trace de « Moby Dick ». Il est encore temps de prendre le bateau en marche, le troisième épisode se joue jusqu’en décembre. Quelle pêche !
« Le Médecin malgré lui », de Molière et Charles Gounod, Opéra à Rennes

Dynamique, leste et léger
Par Jean-François Picaut
Chacun se souvient peu ou prou de Sganarelle, le médecin malgré lui, personnage principal d’un texte de Molière n’ayant guère quitté le programme des collèges. C’est cette pièce, « Le Médecin malgré lui », que Gounod choisit, en 1858, pour écrire son opéra-comique qui porte le même titre. L’Opéra de Rennes en fournit une version qui colle de très près à l’original.
« Déjeuner chez Wittgenstein », de Thomas Bernhard, Théâtre de l’Elysée à Lyon

Familles je vous hais !
Par Trina Mounier
L’écriture acerbe, pleine de sous-entendus et cependant très vive de Thomas Bernhard est un délice pour les acteurs. Trois jeunes comédiens réunis pour ce « Déjeuner chez Wittgenstein » nous en proposent une version gouleyante au Théâtre de l’Élysée, à Lyon.
« Loveless », d’après « Une Vie de putain » de Claude Jaget, La Ferme du Buisson, Scène Nationale de Marne-la-Vallée

Parole de prostituées
Par Bénédicte Fantin
Inspiré par le témoignage de prostituées, « Loveless » revient sur le combat de femmes qui protestent contre la répression policière. Cette parole précieuse recueillie par Claude Jaget, alors journaliste à Libération, peine toutefois à nous parvenir une fois transposée sur scène.
« Stalingrad », de Rezo Gabriadze, cabane du Monfort Théâtre à Paris

Requiem as a dream
Par Laura Plas
Le Monfort Théâtre présente une séance de rattrapage pour ceux qui ne connaîtraient pas encore l’œuvre du marionnettiste géorgien Rezo Gabriadze. Au programme : « Ramona » et surtout « Stalingrad », un requiem onirique dont on sort ému et époustouflé.
« la Tempête » de William Shakespeare, Théâtre de Privas

La magie du théâtre
Par Michel Dieuaide
Dominique Lardenois, directeur du Théâtre de Privas, réalise une époustouflante mise en scène de « la Tempête ». Nouvelle traduction, interprétation, scénographie, images vidéo, musique et jeux circassiens participent tous à la réussite de ce magnifique défi théâtral.
« Le K.O. d’Ali », de Alexis Jebeile, Théâtre des Clochards célestes à Lyon

Uppercutant !
Par Trina Mounier
Avec « Le K.O. d’Ali », le Théâtre des Clochards Célestes accueille une fois de plus une toute jeune compagnie dont la valeur n’attend point le nombre des années. Alexis Jebeile s’y livre à un exercice périlleux : écrire à partir de sa propre histoire, puis dire ce monologue, seul face au public. Il réalise un sans faute.
« l’Empire des lumières » de Kim Young-Ha, National Theater Company of Korea, Théâtre national de Bretagne

Les sœurs Corée de Nauzyciel
Par Olivier Pansieri
Créée à Séoul en 2016, comme adaptation d’un roman jouant judicieusement sur les apparences, « L’Empire des lumières » envoûte par son mystère et l’art de ses interprètes. À la duplicité de leur jeu, s’ajoute celle du récit qui joue à nous perdre pour mieux nous guider. Deux heures de pur plaisir.