« 2 : 14 », de David Paquet, Théâtre du Roi René à Avignon

La tragédie en 90 minutes chrono
Par Élisabeth Hennebert
Les jeunes prodiges de la Compagnie Luce érigent l’adolescence au rang d’épopée antique et élargissent le lycée aux dimensions d’un amphithéâtre grec.
« Ibsen Huis », d’après Henrik Ibsen, cour du lycée Saint-Joseph à Avignon

Du bel ouvrage
Par Lorène de Bonnay
De Simon Stone à Antonio Latella, la famille est à l’honneur, dans cette 71e édition. L’auteur et metteur en scène australien invente l’histoire brûlante des Kerkman, à partir de figures empruntées au dramaturge norvégien. L’architecture de sa « Maison d’Ibsen », mêlant les styles et les époques, en impose.
« De Meiden (les Bonnes) », de Jean Genet, l’Autre Scène du Grand Avignon – Vedène à Avignon

De sacrées empoisonneuses
Par Lorène de Bonnay
Katie Mitchell dévoile une lecture piquante des « Bonnes » : leur aliénation, qui résonne avec celle de milliers de personnes actuelles, est soulignée par des moyens scéniques efficaces. Le malaise, appelé de ses vœux par Genet, culmine dans la salle.
« Le Sec et l’Humide », de Jonathan Littell, l’Autre Scène du grand Avignon – Vedène à Avignon

Anatomie de la langue fasciste
Par Lorène de Bonnay
Avec « Le sec et l’humide », le flamand Guy Cassiers poursuit son exploration fascinante de l’histoire politique européenne. Son spectacle questionne finement la figure du Mal, qui ne cesse de faire retour, et prend ici le visage du fasciste belge Léon Degrelle.
« Triptyque Masculin-Féminin », par la Compagnie Avant l’Aube, Théâtre des Barriques à Avignon

Génération sans tabou
Par Anne Cassou-Noguès
Trois pièces tentent d’établir le portrait d’une génération née au tournant des années 1980 et 1990 : « L’Âge libre », « sauvagement inspiré des Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes », « Ground Zéro » composé à la façon d’Annie Ernaux, et « Boys Don’t Cry » de Jean-Gabriel Vidal-Vandroy. Ce triptyque interroge la question du désir dans une forme originale orchestrée par Maya Ernest.
« Éperlecques », de Lucien Fradin, Présence Pasteur, à Avignon

Éperlecques vaut le détour !
Par Cédric Enjalbert
Avec beaucoup d’humour et de finesse, le comédien Lucien Fradin mêle, dans « Éperlecques », les souvenirs biographiques et les réflexions sociologiques et philosophique.
« Clouée au sol », de George Brant, le Nouveau Ring à Avignon

Un monologue de haute volée
Par Bénédicte Fantin
Seule sur un plateau dépouillé, la comédienne Pauline Bayle incarne une militaire de l’US Air Force forcée de se reconvertir dans le pilotage de drones. Un réquisitoire contre les dérives de la guerre moderne brillamment traduit et mis en scène.
« Dans les ruines d’Athènes », de et par Le Birgit Ensemble, Gymnase Paul Giéra à Avignon

Leçon de morale européenne
Par Bénédicte Fantin
Le Birgit Ensemble signe un projet ambitieux avec sa tétralogie Europe mon amour, dont les deux derniers volets sont présentés au Festival d’Avignon. Dommage que le final de cette relecture de l’histoire européenne contemporaine se perde dans des dérives formelles, au détriment du jeu théâtral.
« Sopro », de Tiago Rodrigues, Cloître des Carmes, à Avignon

Inspiré
Par Anne Cassou-Noguès
Tiago Rodrigues invite Cristina Vidal, souffleuse au Teatro Nacional Dona Maria II, à quitter l’ombre pour la lumière. Elle monte sur scène, se donne à voir, et c’est l’occasion d’un vibrant hommage au spectacle vivant.
« Jaz », de Koffi Kwahulé, Chapelle du Verbe Incarné, à Avignon

Histoire d’une femme « chassée de l’arc-en-ciel »
Par Bénédicte Fantin
« JAZ » est une expérience musicale cathartique qui nous mène au cœur de l’enfer du viol. La force du texte et l’interprétation flamboyante de Ludmilla Dabo, dans le rôle du personnage éponyme, sont toutefois desservies par une mise en scène un brin aguicheuse.
« Santa Madera », de Juan Ignacio Tula et Stefan Kinsman, Festival des Nuits de Fourvière à Lyon

Renversant !
Par Trina Mounier
Deux artistes virtuoses de la roue Cyr, Juan Ignacio Tula et Stefan Kinsman, tous deux venus d’Amérique du Sud, offrent un spectacle exceptionnel. Ils sont accompagnés par la compagnie MPTA (comprenez Mathurin Bolze) dans une chorégraphie sauvage et envoûtante.
« la Cabale des dévots. le Roman de Monsieur de Molière », d’après Mikhaïl Boulgakov, Parc des Expositions à Avignon

Les adieux d’un Maître dramaturge
Par Lorène de Bonnay
En mai 2016, Frank Castorf créé une œuvre-testament adaptée de Boulgakov, en réaction à l’annonce de son éviction du mythique théâtre berlinois, la Volksbühne. Rejouer, aujourd’hui, à Avignon, ce spectacle endiablé et engagé, ne manque ni de panache ni d’émotion. Ce geste marque bien la fin d’une ère. Une très grande ère théâtrale.