« Richard II », Shakespeare, Christophe Rauck, Gymnase Aubanel, festival Avignon

Après Jean Vilar en 1947, Ariane Mnouchkine en 1982, Christophe Rauck monte à son tour « Richard II », à la demande du comédien Micha Lescot. La création ne manque pas de qualités mais s’apparente à un alliage impur d’univers et de plans de réalités : il manque une direction cohérente (acteurs et mise en scène). Peut-être se dessinera-t-elle davantage au fil des représentations…

« Le théâtre fait génération », Nuits de Fourvière, Lyon, Festivals Avignon

Leurs-enfants-après-eux-Nicolas-Mathieu-Demain dès l’aube-Hugo Roux © DR

Lyon et Avignon fêtent la jeune création Par Trina MounierLes Trois Coups Deux événements récents ont donné une belle visibilité à de jeunes compagnies émergentes : le prix Incandescences, dont c’était la première édition, et les Nuits de Fourvière qui a programmé les derniers lauréats du festival Impatience. Certains sont programmés à Avignon, dans le cadre du IN et […]

« Iphigénie », Tiago Rodrigues, Opéra , festival Avignon

Anne Théron et Tiago Rodrigues (révélé par le théâtre de la Bastille, prochain directeur du festival) partagent une passion commune pour la littérature et le jeu avec les comédiens. Émue par la réécriture d’Iphigénie par le dramaturge portugais, la cinéaste et artiste associée au TNS offre une mise en scène qui valorise la poésie du texte et le point de vue féminin. Si l’on est incontestablement charmée par de nombreuses trouvailles scéniques, on déplore un jeu d’acteur peu dynamique, concentré surtout sur la parole.

« En transit », Anna Seghers, gymnase lycée Mistral, Festival Avignon

En-Transit- Amir-Reza-Koohestani © Christophe-Raynaud-de-Lage

Amir Reza Koohestani propose une lecture terrifiante et personnelle du roman « Transit » d’Anna Seghers. Palais des glaces kafkaïen, à l’inexorable administration, « En transit » brouille nos repères pour suggérer un parallèle entre l’exil empêché de victimes du nazisme et les migrations actuelles.

« One song – Histoire(s) du théâtre IV », Cour lycée Saint-Joseph, festival Avignon

1-Iphigénie-Tiago-Rodrigues-Anne-Théron © Christophe Raynaud de Lage

Une chanson pénétrante et assourdissante à la fois
Par Lorène de Bonnay
Après Milo Rau, Faustin Linyekula et Angelica Liddell, Miet Warlop expose à son tour son « histoire du théâtre ». Que représente cette forme pour elle ? Quelle est sa propre pratique depuis vingt ans ? La réponse de l’artiste flamande, plasticienne et performeuse, dans le quatrième volet de cette série, est une chanson d’une heure qui explore le motif de la répétition. Une performance coup de poing, coup de massue, fulgurante et assommante.

Exposition, lecture, Maison Jean Vilar, Festival Avignon

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À la Maison Jean Vilar : le grand jeu ! Par Laura PlasLes Trois Coups Pour célébrer deux flamboyants représentants du TNP, Maria Casarès et Gérard Philipe, la Maison Jean Vilar sort le grand jeu : des expositions et des évènements, le tout dans un écrin magnifique. Il n’y a pas ici de crépuscule pour les idoles. Ne pas manquer non plus la sublime exposition L’Œil présent, […]

« Royan. La professeure de français », Marie Ndiaye, Chartreuse de Villeneuve lez Avignon

« RoyaRoyan-La-professeure-de-français-Marie-Ndiaye © Christophe Raynaud de Lage

Dissimuler son être véritable, coûte que coûte ?
Par Lorène de Bonnay
« Royan. La professeure de français » de Marie Ndiaye est une pièce écrite à la demande de Nicole Garcia. Ce monologue mis en scène par Frédéric Bélier-Garcia, le fils de l’actrice et réalisatrice, évoque un tragique secret. Mêlant déni et culpabilité, il se déploie lentement sur le plateau à travers la parole, tels des flux de conscience fulgurants, entre ombre et lumière. Puissamment.

« Le Ciel, la nuit et la fête », Molière, cour minérale – université à Avignon

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Un réjouissant divertissement de circonstance
Par Lorène de Bonnay
Le Nouveau Théâtre Populaire, inspiré par l’héritage de Jean Vilar, présente un marathon théâtral dont le festival a le secret. Trois comédies de Molière se succèdent, ponctuées par des intermèdes radiophoniques qui jettent des ponts entre le Grand siècle et aujourd’hui. Durant ce temps suspendu, tous « reliés », nous explorons justement les rapports entre l’Homme et le Ciel.

« La Cerisaie », Anton Tchekhov, cour d’honneur, Avignon

© Christophe Raynaud de Lage

Une cerisaie aux modulations infinies
Par Lorène de Bonnay
« Je ne survivrai pas à cette joie » : « La Cerisaie » de Tiago Rodrigues nous entraîne dans une fête grinçante, joyeuse et mélancolique célébrant la destruction d’un monde, d’un éblouissement. Un petit trésor de subtilité présenté dans un lieu monumental.

« Se souvenir de l’avenir », Nicolas Truong et Edgar Morin, cour d’honneur à Avignon

« Se souvenir de l’avenir » © Christophe Raynaud de Lage

Une pensée en scène inoubliable !
Par Lorène de Bonnay
Dans la cour d’honneur, Nicolas Truong rend un vibrant hommage théâtral à Edgar Morin. Avec ses invités, il se souvient de quelques moments forts de la vie cet intellectuel hors norme (présent en visio-conférence). La dramaturgie de cette pensée crée, le temps d’une soirée grandiose et féconde, un îlot de fraternité que l’on souhaite pérenne.

« Fraternité, conte fantastique », Caroline Giela Nguyen, la FabricA, Avignon

« Fraternité, conte fantastique » © Christophe Raynaud de Lage

Une constellation de cœurs à consoler
Par Lorène de Bonnay
Après « Saïgon », l’autrice metteuse en scène et réalisatrice Caroline Giela Nguyen et sa compagnie entament un cycle de quatre créations autour du thème de la fraternité. Comment la reconnaissance de l’Autre comme un frère s’incarne-t-elle dans le monde actuel ? Ce premier opus, créé à Avignon, tend un miroir effroyable et tendre à l’humanité actuelle.