Entretien avec François Gabory, président du Chainon manquant, à propos de la 28e édition

Francois-Gabory © Vincent Garnier

« Le Chainon Manquant, l’un des premiers diffuseurs de France »

Par Léna Martinelli
Les Trois Coups

François Gabory préside le Chainon Manquant, festival de spectacle vivant à la fois professionnel et grand public, qui s’installe au cœur de Laval (Mayenne) du 17 au 22 septembre. Au programme : 69 spectacles (danse, théâtre, jeune public, arts de la rue, arts du cirque, musique et humour), avec de jeunes talents venus de la France entière.

Pourquoi votre festival est-il incontournable à la rentrée ?

Durant six jours consécutifs, nous proposons une photographie de la création actuelle dans les grandes disciplines des arts vivants, dans une vingtaine de lieux à travers l’agglomération de Laval. Ces spectacles intègrent par la suite une tournée sur le Réseau Chainon, ce qui génère, chaque année, la programmation de plus de 1 000 représentations sur tout l’Hexagone, positionnant le Chainon comme l’un des premiers diffuseurs de France.

Donc, c’est effectivement le festival de la rentrée pour de nombreux programmateurs. Venir au Chainon donne la possibilité à des artistes de faire tourner leur spectacle, avec jusqu’à une quarantaine de dates. Jeanne Cherhal, repérée par les Pays de la Loire, avait même signé pour 80 représentations. Précieux outil pour faciliter la diffusion dans les lieux de proximité, c’est le seul festival qui permet de telles retombées, après Avignon.

Mais Le Chainon est également ouvert aux spectateurs avides de découvertes. Notre public accepte de prendre des risques car nous n’avons pas vraiment de têtes d’affiche. L’aspect « grand public » est important pour permettre aux artistes de s’exposer, de travailler sur la réception.

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« Vendredi », de La Fabrique fastidieuse © Christophe Reynaud de Lage

En quoi ce festival est-il novateur ?

Fondé au milieu des années 1980 par des responsables de structures de spectacles, le Réseau Chainon s’est forgé sur deux principes fondamentaux : le repérage artistique et le développement économique d’un circuit culturel équitable et solidaire.

Cette volonté de mise en réseau de professionnels débouche naturellement en 1991 sur le festival du Chainon Manquant, c’est-à-dire la création d’une plate-forme artistique permettant aux artistes de présenter leur projet et aux diffuseurs de repérer et d’échanger autour de la qualité des projets présentés pour bâtir leur programmation.

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« Le Bruit des choses », de Touttim

Le Festival du Chainon Manquant a donc été conçu comme un maillon. Les artistes y trouvent l’opportunité de soumettre leur travail au regard des programmateurs qui, eux, y trouvent des ressources. Et la boucle est ainsi bouclée !

Au cœur de la dynamique professionnelle, vous avez pour ambition de révéler la création. Concrètement, comment y parvenez-vous ?

À chaque printemps, les Fédérations du Chainon convient des centaines de professionnels (adhérents ou non adhérents) à découvrir la création de leur territoire. Nos neuf Région(s) en Scène(s) représentent l’ADN de la programmation, puisque elles sélectionnent un tiers des spectacles programmés au festival.

Pour la 4e année consécutive, vous organisez le Prologue, le week-end précédent.

Il s’agit d’un parcours artistique permettant de (re)découvrir des spectacles présentés lors des précédentes éditions du Chainon Manquant et qui, depuis, parcourent le Réseau Chainon, comme Pour que tu m’aimes encore, d’Élise Noiraud ou Soliloques, de la Compagnie Singulière (lire la critique ici). Cette décision politique permet d’ancrer l’identité du Chainon dans toute l’agglomération.

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« Pour que tu m’aimes encore », Élise Noiraud DR

De quoi êtes-vous le plus fier ?

De la durée. C’est une gageure de faire durer un projet collectif de cette nature, de promouvoir et partager la découverte de façon bénévole – car tous les adhérents sont des bénévoles. En somme, c’est une démarche militante et altruiste. Les principes sur lesquels nous nous reposons (coopération, mutualisation, circulation) reviennent d’ailleurs en force, dans de nombreux domaines.

Enfin, le format n’a pas changé, avec environ 70 propositions artistiques, dont plus de la moitié en musique, cirque et humour. En revanche, le rayonnement s’intensifie au cœur des territoires pour prolonger l’expérience et la partager avec tous les publics.

Une nouveauté cette année ?

Une soirée « Ultra-bal » au Square de Boston, pour danser le samedi de 18 h 30 à 1 heure. Pour encore plus de convivialité. 

Propos recueillis par
Léna Martinelli


Le Chainon manquant 2019

Du 17 au 22 septembre 2019 à Laval et Changé

Site : www.lechainon.fr

6 € et 8 € par spectacle en journée

8 € et 10 € par spectacle à partir de 20 heures

Réservations :

  • En ligne sur le site
  • Billetterie du festival (square de Boston / Point info) du mercredi 18 au samedi 21 septembre, de 11 heures à 19 heures
  • Office du tourisme (84, avenue Robert‑Buron, 02 43 49 45 26) du lundi au samedi de 9 h 30 à 18 heures, le dimanche de 10 heures à 13 heures
  • Centre d’information jeunesse (place du 18 juin, 02 43 49 86 55) lundi, mardi et jeudi de 14 heures à 18 heures, mercredi de 14 heures à 19 heures, vendredi de 11 heures à 15 heures
  • Librairie M’lire (3, rue de la Paix) lundi de 14 heures à 19 heures, du mardi au samedi de 9 h 30 à 19 heures