Entretien avec Mathilde Alluin, attachée de production de Jazz sous les pommiers 35e édition

Mathilde Alluin © D.R.

Le festival s’autofinance à plus de 50 %

Par Jean-François Picaut
Les Trois Coups

Jazz sous les pommiers célèbre cette année son 35e anniversaire, la force de l’âge. Pour l’occasion, « les Trois Coups » ont voulu interroger une personne qui n’était pas née lors de la première édition.

Mathilde Alluin, il y a quelques années, vous avez rejoint l’équipe de Jazz sous les pommiers. Quel rôle y tenez-vous ?

Je suis attachée de production et travaille toute l’année pour le festival. J’assiste le directeur, Denis Lebas, pour la programmation, et nous sommes aidés par une dizaine de bénévoles, avec qui nous formons un comité de programmation. C’est ce qui donne toute la richesse de notre proposition. Je suis également en charge de la coordination des bénévoles, sur le festival mais aussi toute l’année, pour le comité des bénévoles qui travaillent quasi quotidiennement à nos côtés. Je m’occupe également des musiciens amateurs et de l’espace de prévention sur le festival. Il m’incombe aussi d’accompagner les musiciens de jazz régionaux par différents moyens toute l’année.

Avant de travailler pour Jazz sous les pommiers, aimiez-vous le jazz, connaissiez-vous le festival et quelle image en aviez-vous ?

Avant, je n’écoutais pas beaucoup de jazz, mais j’ai toujours été passionnée de musique et avec un esprit très ouvert à tous les styles. Aujourd’hui, j’en écoute tous les jours, pour le travail et pour le plaisir ! Je suis originaire de la Manche donc je connaissais le festival, qui existait déjà avant ma naissance ! Je ne m’y rendais pas chaque année, mais c’est vraiment un évènement incontournable dans la région.

Cette année, des festivités exceptionnelles ont-elles été prévues pour marquer la 35e édition du festival ?

Nous avons fait le choix de ne pas fêter cet anniversaire et de nous concentrer plutôt sur les dizaines ! Mais il y aura tout de même des moments exceptionnels durant cette édition, comme un focus sur la Corée et la présence exceptionnelle de la chanteuse Yun Sun Nah. Je pense aussi à la parade à vélo « Roulez sous les pommiers », en clin d’œil au Tour de France qui se terminera par une déambulation mettant à l’honneur La Nouvelle-Orléans avec le groupe Red Line Crossers.

Dans la programmation, avez-vous un ou des coups de cœur ?

Oui, cette année j’en ai plusieurs, que j’ai déjà vus en concert pour la plupart, car malheureusement nous n’avons pas beaucoup le temps de voir des concerts pendant le festival. Je pense à Eric Bibb et Habib Koité, Christian Scott, David Sanborn Electric Band, Taj Mahal, le duo Ferlet / Cochard, Vincent Peirani Quintette… De grands noms mais aussi des découvertes !

Indépendamment de vos goûts personnels, quels sont pour vous les temps forts de cette édition ?

La liste pourrait être plus longue, mais je vais en citer quelques-uns, en plus de tous les projets déjà énoncés. Il y a bien sûr Dee Dee Bridgewater avec Irvin Mayfield & The New Orleans 7 ainsi que le Megapulse Orchestra, un projet regroupant plus de soixante amateurs et professionnels de la Manche, de l’Orne, de la Sarthe, du Calvados et de l’Ille-et-Vilaine. Je citerai aussi la création Brotherhood Heritage et enfin la soirée exceptionnelle « 1, 2, 3, piano » avec Thomas Enhco Solo, Bojan Z & Julien Lourau avec le René Urtreger Trio.

De nombreux festivals ont disparu ou sont en train de disparaître, beaucoup d’autres ne cachent pas leurs difficultés. Quel est le secret de la longévité de Jazz sous les pommiers ?

Une partie de la pérennité et du maintien face aux difficultés peut être justifiée par le fait que le festival s’autofinance à plus de 50 %. Et la clé de la réussite provient aussi d’un savant mélange entre, d’un côté des têtes d’affiche, et de l’autre un grand volet de découvertes et de créations (qui font la spécificité du festival), comme d’un budget artistique bien maîtrisé.

Merci, Mathilde Alluin et à bientôt sous les pommiers ou plus précisément dans tous les lieux où résonnera Jazz sous les pommiers, 35e édition.

Propos recueillis par
Jean-François Picaut


Jazz sous les pommiers 2016, à Coutances (Manche)

35e édition

Du 30 avril au 7 mai 2016

Jazz sous les pommiers • les Unelles • B.P. 524 • 50205 Coutances cedex

Tél. 02 33 76 78 50 | télécopie 02 33 45 48 36

Site : http://www.jazzsouslespommiers.com

Courriel : jslp@jazzsouslespommiers.com

Billetterie : 02 33 76 78 68 (du lundi au samedi, et tous les jours pendant le festival)

Photo de Mathilde Alluin : © D. R.