Dianne Reeves en concert, Le Liberté à Rennes

Dianne Reeves © Jean-François Picaut

Tout simplement magnifique

Par Jean-François Picaut
Les Trois Coups

Elle était attendue par tous ses fans impatients. Pour son premier passage à Jazz à L’Étage (Rennes), la diva Dianne Reeves a conquis le public du Liberté.

Quand deux amateurs de jazz vocal se rencontraient, depuis des mois, c’était toujours la même question : « Tu as réservé pour Dianne Reeves ? ». Et la voici, elle est là. Pas tout à fait encore, car son quartette commence par préparer son entrée en interprétant de façon magistrale l’Afro Blue de Mongo Santamaria, dans la version arrangée par Oscar Brown Jr, et c’est déjà la première occasion pour Romero Lubambo (guitare) d’attirer l’attention.

Alors qu’on se résout à l’attendre un peu plus avec ses musiciens, Dianne Reeves entre discrètement côté jardin. Et c’est immédiatement l’envol vers les sommets avec Dreams de Stevie Nicks, que la chanteuse orne d’un scat vertigineux du plus grave au plus aigu.

La douceur d’Infant Eyes – ah, les solos de guitare et de piano (Peter Martin) ! – contraste avec la vélocité du quartette dans That’s All (Allan Brandt et Bob Haynes), que Dianne Reeves attaque par un scat étourdissant naturellement enchaîné avec le chant. One for My Baby commence par un prélude à la contrebasse (Reginald Veal). L’opposition est énorme avec l’entrée du chant dans les aigus. La contrebasse alterne pizzicati et slaps, et l’on a l’impression d’une confidence à deux, mais bientôt la batterie s’en mêle et Romero Lubambo signe un éclatant solo à la guitare électrique.

Une improvisatrice hors pair

Un incident va permettre à la diva de faire admirer ses qualités d’improvisatrice hors pair. Un spectateur se prend régulièrement un projecteur dans les yeux. Dianne Reeves s’en aperçoit et sans rompre la continuité de Nine (Reeves / Del Barrio) qu’elle interprète, alerte les techniciens sur le problème. Puis, se tournant vers la victime et toujours en chantant, lui présente ses excuses. Elle enchaîne comme si de rien n’était. C’est un virage dans le concert. Jusqu’alors le public écoutait religieusement et, toutes proportions gardées, l’ambiance était plus celle d’un récital que d’un festival. L’interaction devient manifeste. Elle va encore se confirmer avec Our Love Is Here to Stay (Gershwin), un époustouflant duo avec Lubambo à la guitare acoustique, qu’elle demande d’éclairer avec plus de précision.

La fusion avec le public s’accroît lorsqu’elle le fait chanter, l’invitant à « dresser une barrière d’amour quand les malheurs s’amoncellent ! ». Puis c’est l’admirable, l’émouvant Mista (Dianne Reeves).

Mais le temps a filé. Il va falloir songer à partir. Ce ne sera pas sans avoir présenté chacun de ses musiciens, « sa famille », offrant à chacun l’occasion de s’exprimer : superbe prestation de Terreon Gully (batterie). Lors d’un premier rappel, elle remercie le public, « incredible, wonderful audience ». On se quitte, le sourire aux lèvres et la joie au cœur, sur un titre dansant à souhait. 

Jean-François Picaut


Dianne Reeves en concert

Avec : Dianne Reeves (chant), Peter Martin (piano), Reginald Veal (contrebasse et basse), Terreon Gully (batterie) et Romero Lubambo (guitare)

Photo de Dianne Reeves : © Jean-François Picaut

Le Liberté • esplanade du Général-de-Gaulle • 35000 Rennes

Samedi 21 mars 2015 à 21 h 30

Durée : 1 h 30

25 € | 15 € | 8 €

Jazz à L’Étage 6e édition, 2015

Du 11 au 22 mars 2015

À Rennes, dans diverses villes de Rennes Métropole, à Saint-Malo

Programmation : http://jazzaletage.com/index.php/programmation-2015