Entretien avec Richard Galliano à l’occasion de son album « Sentimentale »

Richard Galliano © Jean-François Picaut

« Je suis complètement guéri de mon vieux rêve américain »

Par Jean-François Picaut
Les Trois Coups

La soixantaine venue, alors qu’il n’a plus enregistré de disque comme leader de jazz depuis cinq ans, Richard Galliano est de retour sur un label américain. « Les Trois Coups » ont voulu en savoir plus sur ce retour.

Richard Galliano, pourquoi avez-vous senti le besoin de revenir au jazz, comme leader, après cinq ans de silence en cette qualité ?

Je suis un compositeur et un musicien libre. Libre, dans le sens où je me fie à mon inspiration, à mes envies du moment. J’ai pris beaucoup de plaisir à enregistrer l’album From Billie Holliday to Édith Piaf [chroniqué ici] avec le quintette de Wynton Marsalis, de même pour l’album Nino Rota, avec John Surman notamment, ainsi que les deux albums classiques Bach et Vivaldi pour Deutsche Grammophon. Sentimentale est simplement une nouvelle proposition venue des U.S.A. que j’ai acceptée avec beaucoup d’enthousiasme… mais le prochain enregistrement sera peut-être un album Mozart…

À la soixantaine, vous enregistrez pour la première fois sur un label américain, Resonance Records. Ma question peut se formuler sous deux formes, vous choisirez. Pourquoi maintenant ? Ou, pourquoi avoir tant attendu ?

On dit bien « Tout vient à point à celui qui sait attendre » ! D’autant plus que je suis aujourd’hui complètement guéri de mon vieux rêve américain.

Votre nouvel album, Sentimentale, aligne un personnel très éclectique : Tamir Hendelman, piano, est un Américain d’origine israélienne. Anthony Wilson (guitare), lui, est né à Los Angeles, Carlos « Carlitos » del Puerto est un bassiste cubain et Mauricio Zottarelli (batterie) nous vient du Brésil. Comment avez-vous choisi vos compagnons ?

Je n’ai pas choisi les musiciens, c’est le producteur qui me les a proposés puis les a réunis avec mon accord. Nous avons fait connaissance, et ça vaut également pour les compositions, le premier jour de l’enregistrement, qui a duré seulement deux jours ! C’était une grosse prise de risque d’autant plus que je ne parle pas anglais (et eux ne parlent pas français). Le miracle de la musique a une nouvelle fois œuvré.

Vous tenez sans conteste, Richard Galliano, le rôle de leader sur cet album, et pourtant il n’y figure que deux titres que vous signez. Comment en avez-vous choisi le programme ?

L’instigation vient à 80 % du producteur George Kablin. Ç’a été l’occasion pour moi de découvrir de nouveaux thèmes. J’ai proposé mes deux compositions Lili et Ballade pour Marion, In a Sentimental Mood de Duke Ellington et Naïma de John Coltrane.

Et enfin, on a coutume de dire que l’accordéon est très largement connoté comme français. Quelle place tient-il dans le jazz qui se fait actuellement aux États-Unis ?

Aujourd’hui, l’accordéon est moins présent aux U.S.A. que dans les années 1940-1950 avec des accordéonistes qui m’ont passionné : Art Van Damme, Ernie Felice et Tommy Gumina… J’ai beaucoup pensé à eux pendant cet enregistrement. 

Propos recueillis par
Jean-François Picaut


Sentimentale, par Richard Galliano

Un album Resonance Records / Socadisc (2014)

Photo : Alix Laveau

Attachée de presse : Arielle Berthoud

Tél. 00 33 (0)6 09 70 72 18

Courriel : arielle.berthoud@noos.fr

Photo : © Jean-François Picaut

Concerts à venir :

  • Le 11 janvier 2015 : Solo, Mougins
  • Le 22 janvier 2015 : Mare Nostrum, Bruxelles
  • Du 23 janvier au 1er février 2015 : Bach Sextet, 13 concerts, Nantes et Pays de Loire, dans le cadre de La Folle Journée
  • Le 6 février 2015 : Duo avec Sylvain Luc, Paris
  • Le 7 février 2015 : Tribute to Nino Rota Quintet, Thonon-les-Bains
  • Le 25 février 2015 : Sextet Vivaldi / Piazzolla / Galliano, Toulouse