Entretien avec Séverine Hédouin, directrice de la communication de Jazz sous les pommiers 2015

Une édition renversante !

Par Jean-François Picaut
Les Trois Coups

La 34e édition du festival Jazz sous les pommiers se déroulera à Coutances (Manche) du 8 au 16 mai 2015. Nous avons rencontré Séverine Hédouin, responsable de la communication, pour en savoir un peu plus sur ce nouveau rendez-vous.

Jazz sous les pommiers 2015 © © Patrick Le Goff / Francis Blanchemanche
Jazz sous les pommiers 2015 © © Patrick Le Goff / Francis Blanchemanche

Parlons d’abord un peu de vous, Séverine : comment et quand êtes-vous arrivée à Jazz sous les pommiers ?

J’y suis arrivée en janvier 2000. Ce sera donc mon 16e festival. J’y suis entrée par la petite porte, un emploi jeunes de médiateur culturel ! C’était les débuts de la médiation. J’avais fini mes études peu auparavant et j’ai répondu à une offre d’emploi du festival pour un poste commun au festival et au Théâtre municipal de Coutances (T.M.C.), la structure qui le porte.

Une entrée par « la petite porte », mais à Coutances l’ascenseur marche bien, non ?

Oui [rires] puisque je suis chargée aujourd’hui de la communication pour l’ensemble de la structure !

Et vous avez postulé par passion du jazz ?

Je connaissais le festival pour y être venue avec mes parents. Alors, je me suis dit : « Pourquoi pas ? ». Je n’étais pas tournée spécialement vers le jazz, mais vers le spectacle vivant que j’avais beaucoup fréquenté pendant mes études, et puis je suis curieuse.

Et aujourd’hui, le jazz vous a conquise ?

Je trouve mon compte à Coutances et j’ai même acquis des repères en jazz. Oui, oui… Mais ce qui me touche vraiment, c’est le métissage des couleurs musicales que permet le jazz et l’ouverture qui caractérise Jazz sous les pommiers. Si j’étais simple festivalière, j’y trouverais mon bonheur, sans problème.

Venons-en maintenant au festival lui-même. Cette année, il s’ouvre le vendredi 8 mai au lieu du samedi, jour traditionnel d’ouverture. Un jour de plus, c’est évidemment sympathique pour les festivaliers, mais n’est-ce pas dangereux pour les finances ?

C’est évidemment exceptionnel. Nous avons saisi l’opportunité du 8 mai qui tombe cette année un vendredi, et de la plus grande disponibilité des gens qui en découle, dans l’espoir de renforcer la fréquentation du premier week-end avant le rush qui commence le mercredi suivant avec le pont de l’Ascension. Cela dit, nous ne l’aurions pas fait sans possibilité de propositions originales dans la programmation. Tout cela a donc été soigneusement pesé.

Dites-moi, Séverine, la programmation générale du festival va être renversante, si on en croit l’affiche de cette année ?

Ah, vous faites allusion au visuel de l’affiche ! [Rires.] Une vache normande, ça n’a évidemment rien de renversant, mais une vache à l’envers, oui ! C’est un clin d’œil à la vache de 1984 qui nous a bien plu. Mais plus profondément, nous le prenons comme un hommage à notre programmation. Même si le format du festival est désormais bien en place dans la répartition des salles et le nombre de concerts, etc., nous essayons toujours d’être là où l’on ne nous attend pas dans la programmation. Nous veillons à ce qu’elle soit éclectique, propose des inédits et des créations. La surprise est une chose que nous cultivons, même s’il s’agit parfois de petites surprises disséminées ici ou là. Alors, oui, surprenant et même renversant, je signe !…

Dans tous les styles de jazz qu’on peut entendre à Coutances, lequel a votre préférence ?

Alors là, c’est compliqué… C’est une question piège, non ?

Peut-être…

En tout cas, je dois bien avouer que j’aime assez les choses qui emmènent le jazz vers l’électro. J’irai écouter la création de l’Ensemble Bibendum avec Fakear, par exemple. Ensuite, j’aime plutôt les ambiances intimistes, épurées, poétiques. Par exemple, cette année, j’attends avec impatience Airelle Besson et son nouveau quartette. Le concert de création aura lieu ici. Il y a là du jazz qui va vers la pop, de la voix, une certaine fluidité… D’une manière générale, j’aime bien tout ce qui tire le jazz vers la pop, E.S.T. ou Bad Plus, par exemple, et pour rester dans la programmation de cette année, je citerai le trio Gogo Penguin. Cette année, j’attends aussi avec impatience le concert de la bassiste Me’shell Ndegeocello. J’écoute ses albums très fréquemment, je suis ravie de la voir ici !

Je partage au moins une chose avec vous, votre impatience à l’égard d’Airelle Besson…

C’est vrai que vous l’avez suivie également. Il y a dans cette attente une part d’affectif puisque c’est notre résidente. Tout ce qu’elle fait depuis qu’elle est parmi nous est aérien, plein de poésie. Cela intègre une partie de son travail dans le domaine de la musique classique. Ça me touche beaucoup, me transporte même. Ce qu’elle a fait en direction du jeune public en mettant en musique des courts-métrages de Roscoe « Fatty » Arbuckle était tout simplement grandiose. Éternité, cette pièce qu’elle a écrite il y a déjà quelque temps et qu’elle a créée en février avec Rhoda Scott en y intégrant un chœur du pays de Coutance a aussi été un grand moment. Cela explique notre impatience d’entendre le quartette et aussi le concert commenté qu’elle donnera avec Benjamin Moussay autour de la musique de Miles Davis.

En dehors de ces choix personnels, quels sont d’après vous les incontournables de cette édition ?

Je citerais le concert évènement de Snarky Puppy avec, pour la première fois à Coutances, un orchestre symphonique, le Metropole Orkest, sur une scène du festival. Il ne faut pas manquer non plus cette artiste rare en France que j’ai déjà citée, Me’shell Ndegeocello, qui fut la sidewoman de Prince, des Rolling Stones et de Madonna, neuf fois nommée aux Grammy Awards ! Et puis, bien sûr, comment oublier Tigran Hamasyan, présent avec deux formules : Mockroot d’abord, puis accompagné par le Yerevan State Chamber Choir, à la cathédrale…

Pour terminer, quels conseils donneriez-vous aux festivaliers, et plus spécialement à quelqu’un qui viendrait pour la première fois, afin de vivre au mieux cette 34e édition de Jazz sous les pommiers ?

D’abord d’être attentif à la billetterie, les choses vont parfois très vite. Ensuite, nous avons à cœur de proposer une programmation exigeante mais ouverte, donc de profiter de toutes les musiques que nous offrons. Fréquenter les grandes salles, bien sûr, Marcel-Hélie et le théâtre, mais ne pas se contenter des grandes têtes d’affiche, se montrer curieux, aller à la découverte de gens inconnus. Je crois qu’il faut aller à la cave des Unelles, pour son atmosphère typique de club. Et puis, je conseillerais de prendre son temps pour flâner dans Coutances qui est une ville en fête pendant le festival. Il y a le village et sa convivialité, la scène « Avis aux amateurs » qu’on peut fréquenter entre deux concerts, les spectacles de rue, etc. Et, le matin, pourquoi ne pas faire un tour à la mer ? Elle est toute proche !

Un grand merci à vous, Séverine, d’avoir pris sur votre temps précieux pour répondre à nos questions.

Merci à vous, Jean-François, et rendez-vous « sous les pommiers » du 8 au 16 mai ! 

Propos recueillis par
Jean-François Picaut


Jazz sous les pommiers 2015, à Coutances (Manche)

34e édition

Du 8 au 16 mai 2015

Contact public : Jazz sous les pommiers • Les Unelles • B.P. 524 • 50205 Coutances cedex

Tél. 02 33 76 78 50 | télécopie 02 33 45 48 36

Site : http://www.jazzsouslespommiers.com

Courriel : jslp@jazzsouslespommiers.com

Billetterie : 02 33 76 78 68 (du lundi au samedi, et tous les jours pendant le festival)

Affiche : © Patrick Le Goff / Francis Blanchemanche