Hommages à Vincent Cambier

Hommages à Vincent Cambier

Nous avons l’immense tristesse de vous informer que mardi 18 avril, à 19h30, Vincent Cambier, fondateur et rédacteur en chef des Trois Coups, a tiré sa révérence des suites de son cancer.

La cérémonie aura lieu vendredi 21 avril 2017, à partir de 15 heures au crématorium municipal (933, rue des Chênes verts 84100 Orange).

Un hommage à Avignon et un autre à Paris seront organisés ultérieurement. Dès que possible, nous vous en donnerons ici les détails. 

Tant de messages ! 

Depuis une dizaine de jours que Vincent a été hospitalisé, les messages de soutien ont été nombreux et réconfortants. Merci pour lui et ses proches, dont sa compagne Françoise, pour qui nous avons une pensée toute particulière.

Et depuis ce matin, les mots d’amitié ne cessent d’affluer. Des témoignages qui font fait pleurer. Encore. Sourire aussi.

Des messages qui font chaud au cœur, surtout, car ceux qui l’ont bien connu ont su trouver les mots justes pour faire revivre ce sacré bonhomme : un personnage de théâtre !

Nous reproduirons donc ci-dessous ces beaux messages.

Les Trois Coups continuent

Nous vous informons qu’à la demande de Vincent, nous reprenons tous les trois, du moins pour l’instant, la main sur le site pour faire perdurer Les Trois Coups.

Nous espérons donc à très bientôt.

Léna Martinelli, Lorène de Bonnay, Cédric Enjalbert

Photo © Philippe Hanula


 

Oh putain ! Tu vas nous manquer

« La ponctuation a pleine valeur dans la langue française, connard ! » lançait-il vendredi, en tendant le majeur en guise d’exclamation, avec le faux-sérieux qui le rendait si aimable.

Vincent Cambier avait fait du Code typographique une Bible, l’une des rare que ne conspuait pas cet incroyant vacciné par une éducation chez les Jésuites, mais volontiers crédule au théâtre. Alors qu’il savait le temps compté, il n’avait d’esprit que pour la langue et ses beautés, ses subtilités, ses pièges et sa rigueur. Nous riions encore du grammairien Vaugelas expirant sur son lit de mort : « Je m’en vais ou je m’en vas… L’un et l’autre se dit ou se disent ».

Vincent Cambier, sur ces saillies dont il était friand, nous a quittés ce mardi 18 avril, des suites d’un cancer. Il est coutume de dire que les mots manquent, et c’est peu dire. Essayons de les trouver pour lui qui les aimait tant.

À commencer par ces trois-là : Les Trois Coups. Il en avait fait le titre de son journal, une sorte de périscope de l’actualité du spectacle vivant, qu’il pointait depuis Avignon sur les théâtres de l’Hexagone, en sous-marin pas discret du tout avec sa moustache et son grand chapeau. Il faut dire qu’il avait du style derrière ses bacchantes diaboliques et sa silhouette rehaussée par un panama blanc, barrée de bretelles rouges.

Big Chief était devenu le surnom affectueux du rédac’chef après qu’un correspondant et ami facétieux, qui le faisait rire aux éclats, l’avait baptisé au débotté. Ce Big Chief tout droit sorti de la Conjuration des imbéciles, on l’aimait pour ses colères multicolores, fumant et fulminant de toutes parts, entouré de ses chers livres, dans sa piaule d’Avignon dont il avait fait son antre et un poste de commandement, cornaquant sa cinquantaine de correspondants depuis son fauteuil de P.D-G. à roulettes, devant son écran qui l’absorbait jour et nuit.

Derrière la vitre lumineuse qui lui servait de moniteur se déployait le vaste horizon de la création qu’il connaissait, l’air de rien et mine de tout, sur le bout de la langue. Son journal, il l’avait intitulé Les Trois Coups, avec toute l’espièglerie teintée de naïveté dont il était capable, si nécessaire pour aimer sans retenue, sans qu’il sache que nous devions, nous, ses correspondants, sa « fine équipe » comme il disait avec autodérision et une fierté qui faisait plaisir à voir, préciser chaque fois sur le « terrain » : les trois coups de théâtre, pour prévenir les esprits grivois. Coups d’éclat, petits coups derrière la cravate l’été à Avignon, coups de cœurs de cœur et de sang. Voilà Les Trois Coups.

Lorsqu’on lui confiait nos enthousiasmes ou nos déceptions, immédiatement résonnait un sonore : Oh putain ! qui tonne encore dans les têtes. Ses colères bien sûr ne nous effrayaient plus, tant elles étaient spectaculaires. Pas un mauvais prétexte pour pousser une gueulante. Mais le meilleur restait encore les fautes, de véritables goujateries pour Cambier, qui avait fait du dictionnaire d’orthographe et expression écrite, le « Jouette » éponyme, un livre de chevet – son exergue est emprunté à Jean Guéhenno : « L’orthographe est la politesse de la langue ».

Dans les derniers jours, rien ne comptait tant que l’orthotypographie dont il était devenu un as auprès d’un correcteur qu’il appelait maître, Jean-Pierre Colignon. Nous en parlions, encore et encore, retournant incessamment les délices de cette langue infinie. Vendredi, il priait sur le saint Jouette et ses listes merveilleuses. Turlutter, coucouler, cancaner, zinzinuler, jaboter… Big Chief se gorgeait de ces répertoires de cris des animaux qui le faisaient jouir. Ils satisfaisaient sa curiosité et son humour d’amoureux du style, lecteur de Céline et de Jean Vautrin, dont il avait fait un objet d’étude, ainsi qu’un sujet d’admiration. Vincent Cambier lisait aussi le poète anarchiste et libertaire Gaston Coutté – « Un météore éblouissant dans la nuit de la médiocrité » – ainsi que Bernard Dimey, à la vie chevillée au corps.

Cambier écoutait Brel. Il s’était fait ami de Matei Visniec et du metteur en scène Michel Bruzat – « ce Bruzat désespéré, avide de beauté et de fraternité, que je connais si bien et si mal ». Il admirait les actrices, comme Flavie Avargues – « D’où tirez-vous ce don qui me scotche à mon fauteuil ? » – et Marie Thomas – « Je suis locomotivé par elle depuis vingt ans, écrivait-il. Quand je la vois sur scène, mon cœur se met immédiatement à bilboquer dans ma poitrine. Avec elle, je me sens chez moi, tellement elle est proche des gens ». Car derrière les grandes moustaches et sous le grand chapeau, la tête dure cachait la tendresse des sentimentaux.

Fou de cinéma, qu’il avait commencé à fréquenter à l’armée, en abusant des permissions pour profiter des salles obscures, anarchiste à sa façon, il disait des acteurs qu’ils étaient les siens, par affection. Capable d’applaudir comme un diable, il embrassait de ses deux bras avec « le cœur sur la table ».

Cette emphase de comédien avait fait de lui une figure à Avignon, et au-delà. Car ce moine-soldat gagné à la cause théâtrale, a essaimé après avoir littéralement consacré sa vie à l’art vivant. Son crédo : des textes contemporains qui « dialoguisent ».

Lillois émigré à Avignon, Cambier n’avait pas tout à fait perdu le Nord : il aimait séduire, et les frites fines bien cuites, arrosées d’un demi bien frais. Et rien plus que réunir ceux qu’il aimait. En revanche, les sots et les vulgaires l’exaspéraient. Il confiait avec délectation, comme un bagage à emporter avant de nous quitter, cette phrase de Courteline : « Passer pour un idiot auprès d’un imbécile est une volupté de fin gourmet ».

Cet homme de goût avait mené un entretien en 1991 avec Léo Ferré, entré dans sa légende dorée. L’interview avec l’artiste déjà très malade commençait ainsi : « Il y a un ou deux ans, j’étais seul chez moi. Le téléphone sonne. D’habitude, je ne réponds jamais au téléphone, mais, là, j’étais seul, alors j’ai répondu. C’était une femme.

– “Allô, monsieur Ferré ?

– Oui, c’est moi, qui êtes-vous, madame ?

– Je suis la Mort. J’aime beaucoup ce que vous faites.

– Moi aussi, madame, j’aime beaucoup ce que vous faites.” »

Alors, non, vieille canaille, ta lâche besogne ne nous plaît pas trop, à nous. Oh putain ! Chef, tu vas nous manquer mais, n’aie crainte, pour toi Les Trois Coups continueront de retentir.

Cédric Enjalbert


 

Un petit tombeau de mots

Un petit tombeau de mots pour enserrer ton image, ta moustache en guidon chenue, ta voix profonde, ta parole truculente, tes mots de gueule rabelaisiens, tes passions et obsessions. Pour tenter, grâce au Verbe humble, de conjurer la fragilité de la pierre et du corps. Une petite architecture de vocables pour t’enlacer, t’enfouir et t’inscrire, cher Vincent.

Si digne, direct, loyal et fidèle, clair et franc, rugueux au dehors, et tendre infiniment… Amoureux des comédiens et des théâtres, du cinéma, de l’écriture. Passionné par la lettre – signe puissamment élégant, poli et poétique.

Toujours en quête du caractère, du trait-d’union, du corps, de l’espace, du paragraphe, de la composition : images de l’identité, de l’altérité, de la chair, du signe-chose, de l’alliance, de la séparation, de l’organisation, de la création.

Ta fureur typographique, tes conceptions graphiques, recelaient toute une philosophie, une esthétique, et donnaient forme, contenaient, ton extrême sensibilité.

Comment en rendre l’impression, le tracé, la délicatesse ? Le mot « alphabet », formé à partir des lettres « aleph » et « beth », et dont la graphie ancienne donnaient à voir une tête de taureau et une maison, te sied bien : tu demeures, à jamais, plein de vigueur et de sang, prêt à encorner la bêtise, dans la ville ocre à la lumière crue. Tu habites entre la place des Carmes et la rue Guillaume Puy, dans un espace théâtral. Le mistral a beau souffler, ton habit rouge reste figé sur la scène avignonnaise, tes doigts battent le clavier, ton cœur frappe régulièrement trois coups pleins de mystère…

Lorène de Bonnay

 

 

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  1. Salut l’AMI !!!
    Repose-toi, rassure-toi, ils ne trouveront jamais l’arc en ciel !
    Tu étais d’accord avec moi : « Sur le plus haut trône du monde, nous ne sommes assis que sur notre cul ».
    À nos côtés, pendant ces 30 créations du Théâtre de la Passerelle, au Festival Off, avec Françoise, voix essentielle et discrète de ta vie.
    Alors tu es parti, le soleil s’est couché… Mais nous allons continuer à jouer toujours, car nous ne voulons jamais mourir. Alors maintenant je vais t’envoyer des livres, beaucoup de livres, et puis la vie cesse de te faire souffrir.
    Tragédie, comédie, absurdité, force… Dans ta cachette, jusqu’au bout tu savais que le talent c’est le travail.
    À l’émoi toujours !
    À tout de suite, à tout le temps, Vincent, et puis » notre amitié est le nuage blanc préféré du ciel ».
    Tu n’as pas voulu occuper la niche que la société nous prépare, tu ne voulais pas t’appeler Medor.
    Toujours élégant, exigeant. Ce soir, il fait un gris à douter des beaux jours, mais il y a toujours des étoiles dans le noir du café. Tu étais d’accord avec moi, il y a un Théâtre qui va vers les gens et un autre qui s’en moque.
    Tu étais hors du rang, à côté, sur un fil, fier. Alors avec Marie, Flavie, Nadine, Yann, Franck, nous continuerons puisque, comme nous le dit André Benedetto, « dans chaque trou perdu, il y a un troubadour penché sur une guitare et qui gratte d’amour ».
    Tu étais jusqu’au bout un homme libre. Alors écoute :
    « Le client : Dieu a fait le monde en six jours, et vous, vous n’êtes pas foutu de me faire un pantalon en six mois. »
    « Le tailleur : Mais Monsieur, regardez le monde, et regardez votre pantalon. » Beckett

    Larmes / Rage
    Michel Bruzat

  2. Au nom des Ecrivains associés du Théâtre et de son président Philippe Touzet, je tiens à vous transmettre nos plus chaleureuses pensées dans ce triste moment, ainsi qu’à la famille de Vincent Gambier.
 Son engagement sans faille pour les artistes, son enthousiasme et son exigence restent dans nos mémoires.

    Nous ne doutons pas que vous continuerez à faire vivre son œuvre et à soutenir les talents d’aujourd’hui et de demain.


    Dominique Paquet, déléguée générale des Ecrivains Associés du Théâtre.

  3. Vincent Cambier était une homme engagé et passionné. Il savait prendre le temps d’écouter parler d’un nouvel auteur ou d’un jeune comédien, d’un spectacle dont il ne connaissait rien.
    S’il avait l’amour du théâtre, il avait aussi celui de la langue française.
    Il avait hissé le bénévolat au rang du professionnel.

    Isabelle Demeyere, attachée de presse du Théâtre du Nord

  4. C’est avec une grande tristesse que nous avons appris la disparition de Vincent Cambier, et nous vous transmettons nos plus sincères condoléances.

    Nous souhaiterions qu’il puisse faire partie de l’hommage que nous rendons chaque année à nos confrères disparus.

    Pauline Dagron, Les Molières

  5. C’est une bien triste nouvelle. Transmettez mes sincères condoléances à la famille et aux amis de Vincent.
    C’est formidable que lestroiscoups puissent perdurer.

    Irène Gordon-Brassart, responsable communication et presse Théâtre de la Bastille

  6. Je suis vraiment triste. Toutes mes pensées vont à son entourage et ses collaborateurs. Courage !

    Claire Grenier, responsable de la communication, de la presse et des partenariats du Théâtre de la Croix-Rousse

  7. C’est une bien triste nouvelle qui me laisse sans voix. Sincères condoléances.

    Philippe Boulet, service de presse du Theatre de Gennevilliers

  8. Je suis très attristé par cette nouvelle. J’appréciais beaucoup Vincent et l’estimait tout autant.
    Je suis actuellement à Montréal et je ne pourrais donc être des vôtres ce vendredi.
    Je souhaite être averti dès que vous avez une idée du jour de l’hommage qui sera rendu à Vincent à Paris.

    Ludovic Michel, Gérant Les Déchargeurs /le pôle, Trésorier – Membre du comité de direction du SNES, Conseiller à la direction et communication au Théâtre des Halles
    Délégué régional Ile de France des salles de spectacle

  9. Bien mauvaise nouvelle…
    Bonne chance à tout le monde pour que l’histoire des Trois Coups continue !

    Nicole Levy, Théâtre la Renaissance, Oullins Lyon Métropole

  10. C’est avec une grande tristesse que j’apprends le décès de Vincent, fidèle soutien du théâtre.
    Pouvez-vous transmettre à sa famille toutes mes condoléances ?

    Nathalie Gasser, attachée de presse

  11. C’est avec beaucoup de chagrin que nous apprenons ce jour le décès de notre ami Vincent Cambier. Durant des années, nous avons collaboré ensemble, toujours avec le même plaisir et cet amour du théâtre que nous partagions. Nous nous associons à votre peine et nous attendons votre message concernant l’hommage rendu à Vincent Cambier.

    Nicole Herbaut de Lamothe, attachée de presse

  12. Quelle triste nouvelle ! Nous avions toujours plaisir à travailler avec lui.
    Nous pensons bien à vous, sincères condoléances à sa famille.

    Lydie Debièvre et Jeanne Clavel, Théâtre de l’Odéon

  13. Vincent, j’ai beaucoup admiré ton talent de chroniqueur, ainsi que ta passion pour le théâtre et la langue française. Je suis profondément attristé.
    Pour la première fois depuis 25 ans, ce sera un festival d’Avignon sans toi… Mais je vais te garder une place à tous les spectacles que je vais voir.

    Matei Visniec

  14. J’avais une grande tendresse pour Vincent, son chapeau, son fichu caractère et son cœur gros comme ça.

    Ingrid Gasparini

  15. C’est Michel Bruzat qui vient de m’apprendre la nouvelle, au téléphone. Je l’avais rencontré quelques fois en Avignon, je lisais souvent les Trois Coups. Deux disparitions en avril, plutôt deux « perdurations » (je ne suis plus à un barbarisme près) : Armand Gatti et Vincent Cambier. « Here’ s to you, Armand et Vincent… »

    Jacques Barbarin, chroniqueur à ciaovivalacuture.com et lafauteadiderot.net

  16. Cher Vincent,

    Cela me fait tout drôle de t’écrire sans que tu puisses répondre. Mais j’ai ta voix rocailleuse et chantante bien en tête, et je souris au souvenir de tes coups de sang et de tes enthousiasmes, souvent communiqués par téléphone lors de réjouissantes conversations.
    Surtout, je te remercie pour ta générosité d’âme et ta grande gentillesse, de celle qui grommelait fort pour mieux aimer.

    Anne Losq

  17. Vincent va rejoindre les doux fantômes qui hantent à juste titre Avignon, cette capitale du théâtre. Plus modestement, il est dans mon cœur. Comme il fut dans celui de Françoise, que j’embrasse.

    Olivier Pansieri

  18. Si Vincent était un personnage fort en gueule, haut en couleur et terriblement attachant, il n’en était pas moins un grand maître dans l’art de manier la langue, un de ces amoureux passionnés de la belle phrase, du bon mot ; un féru- furieux de la typographie et de l’accent juste.
    Que sa fougue, sa moustache et sa passion du Théâtre restent dans nos mémoires, lui à qui nombreux d’entre nous devons tant.
    Vincent, tu vas nous manquer.

    Élise Ternat

  19. Nous avons du chagrin.
    Que dire de plus ?

    Qu’il est bon de penser que nous sommes nombreux à vouloir que Les Trois coups si identifiés à Vincent continuent.
    Nous ne le remercierons jamais assez pour son enthousiasme et son exigence qui ont fait du journal une référence et de chacun de nous un des maillons d’une véritable équipe.
    Son départ nous cause du chagrin mais sa pensée nous permettra de continuer.

    Bientôt l’occasion de vous rencontrer, occasion de remercier Vincent d’avoir créé ce bel ensemble.

    Trina Mounier

  20. J’ai la grande tristesse de vous apprendre le décès de Vincent Cambier fondateur et directeur emblématique du site de critique théâtrale Les Trois Coups.

    Difficile d’expliquer ici – vite dit, mal dit – tout ce que Vincent m’a enseigné de rigueur, d’exigence, (et encore les mots me semblent bien abattus, eux aussi, ce matin), dans l’exercice de production d’un texte. Une virgule mal placée, un espace insécable en moins et « bim » tombait sur vous le courroux de Jupiter, moustache frémissante pointée sur votre erreur comme un index accusateur. Ah non ! Fallait pas rigoler avec la typo et la syntaxe, filles adulées de sa religion orthographique.

    Pardonne-moi, Vincent, dont les colères ont toutes échoué à entamer l’affection que l’on pouvait avoir pour toi. Pardonne-moi si je manque ici au respect de quelques-unes de ses sacrosaintes règles… mais tu n’es plus là.
    Merdre !!! Tu n’es plus là.

    Bénédicte Soula

  21. Je suis très peiné d’apprendre cette nouvelle.

    Vincent s’était battu avec beaucoup de courage contre sa maladie, réussissant à retarder l’échéance de façon inespérée.
    C’était un pur, un saint laïc, qui s’est voué corps et âme au théâtre et aux Trois coups, sans jamais rien demander pour lui. Quitte à se faire dévorer par son oeuvre.

    J’étais peu en contact avec lui ces derniers temps, mais j’aimais à me dire qu’il y avait sur Terre des gens comme lui. Aujourd’hui, si j’espère qu’il est au ciel et qu’il y converse avec tous les acteurs de génie qui y ont été rappelés, je sais qu’il reste ici quelque chose de lui, ces graines de générosité et de grandeur d’âme qu’il a semées chez ses nombreux correspondants, sa grande famille de coeur.

    J’ai une pensée aussi pour tous ceux qui l’ont accompagné dans ses dernières années, et notamment Françoise.

    Fraternellement

    VIncent Morch

  22. Mon cher Vincent,

    Je ne pourrai pas être à Avignon la semaine prochaine mais serai de tout cœur avec toi pour t’accompagner dans cette ultime « sortie », comme on dit au théâtre !

    Le spectacle fut ta passion. Te l’avouerais-je maintenant, cette passion que tu as gardée jusqu’au dernier moment était pour moi un profond mystère. Tu semblais croire que tu était « missionné »… Tu t’es battu et tu as travaillé jusqu’au bout de tes forces. Chapeau ! C’était ton choix. Je ne crois pas que pour ma part, j’aurais fait le même. Je sais que es parti inquiet pour la pérennité du journal des Trois Coups que tu as fondé et dirigé d’une main de maître. Tu as pris des dispositions, cependant, et l’équipe, qui te demeure fidèle, est prête à se réunir et à nourrir une réflexion d’avenir pour le sauver. J’y prendrai moi-même ma part, si on me le demande. Sois donc rassuré.

    Difficile de prendre conscience que tu n’es plus là. Nous nous connaissions depuis plus de dix ans. Sans être intimes, nous échangions quelquefois, notamment au sujet de la maladie qui nous rapprochait indirectement pour des raisons que toi seul savais. Pour le reste, nous avons mené une collaboration professionnelle fructueuse dans un respect réciproque qui n’a jamais connu de faille.

    Tu as quitté le grand théâtre du monde, mais nous nous souviendrons longtemps de toi.
    Je ne suis pas plus long : dans ces circonstances, je crois qu’il n’est rien de plus fort que le silence.

    Pensées à ta compagne.

    À toi,

    Rodolphe Fouano

  23. C’est là une bien triste nouvelle.
    Au-delà des désaccords récents, je n’ai jamais oublié es premières années d’élan et d’enthousiasme partagés au téléphone, ou lors de nos différentes entrevues à Paris et Avignon.
    Je ne pourrai malheureusement me rendre à Avignon, mais penserai fort à vous – à Françoise surtout.
    Enfin, je suis heureux que le site puisse continuer à s’épanouir malgré la disparition de son truculent et courageux fondateur.

    Florent Coudeyrat

  24. Quelle tristesse !
    Vincent et les rédacteurs des Trois Coups m’avaient soutenue à la création de mes spectacles en 2008. Presque dix ans déjà !
    Vincent a passé sa vie à défendre le (bon) theatre, à former nos regards et nos plumes critiques.
    L’homme au chapeau à rejoint les coulisses du grand théâtre du monde. Il nous regarde depuis l’envers du décor.
    Salut l’artiste !

    Estelle Gapp

  25. Quelle tristesse !
    Je suis détruit.
    Mille pensées pour toute l’équipe.

    Patrick Schmitt, La Forge, Théâtre Nanterre

  26. Cher(e)s ami(e)s,

    Nous avions compris depuis quelque temps que le départ de Vincent était devenu inéluctable. Quel choc pourtant d’apprendre son décès, ce matin, par Françoise qui a montré un grand courage dans cette épreuve.

    Cher Vincent, vous voici parti sans retour. Vous sembliez si fort.
    Heureusement, votre œuvre, Les « Trois Coups », ce journal que vous avez créé, il y a onze ans, restera. Il nous appartient de le faire durer en appliquant les leçons que vous nous avez inculquées : exigence, conviction, passion, rectitude. Ces dernières années, vous y avez ajouté la détermination et le courage.
    Merci de m’y avoir associé pendant 9 ans, à ma place dans la « belle équipe ».

    Adieu l’ami !

    Amitiés attristées

    Jean-François Picaut

  27. Le théâtre et la vie c’est ça, un bout de lumière qui finit dans la nuit.
    C’est tout et c’est beau.
    Alors hâtons-nous de faire la fête au théâtre pour oublier un instant qu’on est désespéré !

    Adieu tendre râleur.

    Jacques Casari

  28. C’est avec une tristesse partagée que j’apprends le décès de Vincent.

    Je le remercie, malgré sa disparition, pour le chemin emprunté sous sa direction.

    Ses adhésions, ses réparties, ses emportements aussi, montraient une nature entière et intègre.

    Je me joins à l’équipe des Trois Coups pour lui rendre le bel hommage qu’il mérite.

    Fatima Miloudi

  29. Chers tous,

    Nous nous lisons depuis quelques semaines et comme moi vous deviez être suspendus à vos téléphones, le cœur espérant toujours que Vincent soit encore là, qu’il puisse brailler à nouveau un « putain que c’est beau ! »

    Dur dur, donc, de parler depuis ce matin et d’écrire, alors même que celui qui m a appris à sentir, d’abord, et à écrire, ensuite, est parti.

    Heureuse de savoir que Les Trois Coups sont entre de bonnes mains et sauront poursuivre le chemin.

    Heureuse aussi d’être sûre que la tonitruante voix tu patron ne cessera de m’accompagner au théâtre, avec ou sans papier à écrire.

    Triste à mourir ces jours-ci, mais avec vous.

    Maud Serusclat

  30. Je l’entends encore, dans l’ombre, dans le fond de la salle jusque dans ces vieux garages arrangés en théâtres d’un mois…murmurer un  » oui!  » ou un « c’est beau » ou encore un râle de mécontentement, tantôt les yeux embués par l’émotion que l’on voyait briller dans la pénombre, parfois fou furieux en sortant, toujours le pas vif, le sac en bandoulière pour filer vers un autre lieu, le carnet à la main.
    Ce carnet, qui a toujours su saisir les instants les plus vrais, ce carnet qui a su immortaliser les moments de grâce de certains et certaines.
    Et puis il y a le Vincent d’après la rencontre, celui de l’amitié, du verre à la main, de l’odeur du tabac émietté dans sa pipe (maudite soit elle, malgré tout le genre et l’allure qu’elle te donnait, mon ami).

    Quelle belle idée que ces « Trois Coups » ! Nous , certains comédiens, attendions tous d’y paraître et d’être vu et nommés par ce journaliste, ou plutôt cet auteur,ce poète, cet écrivain amoureux du théâtre, inoubliable.

    Au revoir mon ami, je n’aurai finalement pas eu le temps, hélas, de passer te saluer avant l’été. Excuse moi.
    Et merci pour tout, mon cher Vincent.

    Aujourd’hui, c’est moi qui suis dans la pénombre, les yeux brillants.

  31. Le Théâtre du Soleil vous accompagne dans cette épreuve et rend hommage à Vincent Cambier qui nous a suivis et soutenus pendant tant d’années, en restant fidèle à notre travail et à notre amitié.
    Avec toute notre affection.

    Le Théâtre du Soleil

  32. Je suis bien triste d’apprendre cette nouvelle.
    Vincent, malgré nos désaccords, tes coups de gueule et ton foutu caractère, je ne le remercierai jamais assez.
    C’est toi qui m’as mise en selle et as façonné mes débuts.
    Il faut le dire, ta gouaille m’a toujours manqué. Comment t’oublier ?

    Bon voyage camarade !

    Sheila