Marcel Cuvelier nous a quittés

Marcel Cuvelier est décédé

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Les Trois Coups

Le comédien et metteur en scène Marcel Cuvelier est décédé mardi 6 janvier 2015, à Paris dans sa 91e année.

Marcel CuvelierNé le 14 mai 1924, il signe, au printemps 1950 sa première mise en scène, Nous avons les mains rouges de Jean Meckert. Puis, c’est la rencontre avec Eugène Ionesco. Il met alors en scène et crée le rôle du Professeur de la Leçon en 1951 tout d’abord au Théâtre de Poche, puis au Théâtre de la Huchette en 1957. Ce spectacle (associé à la Cantatrice chauve) est toujours à l’affiche du théâtre.

Metteur en scène (et souvent producteur), il crée une quarantaine de pièces, le plus souvent des œuvres d’auteurs à l’époque débutants, tels que Jean Meckert, Eugène Ionesco, Jean‑Claude Grumberg (Fenêtre sur rue, Alliance française, 1968), Georges Perec (l’Augmentation, création à la Gaîté-Montparnasse en 1970, puis reprise au Théâtre de la Huchette en 1983 et 1993), Jean‑Charles Tacchella (1972), Catherine Valabrègue (Elle, elle et elle), Robert Reverger et… Marcel Cuvelier (Pour l’amour de l’humanité, Théâtre Marie-Stuart, 1980).

Il monte également des auteurs plus confirmés, tels que Romain Rolland (le Jeu de l’amour et de la mort, Théâtre de Poche, 1954), René de Obaldia (À la fin était le bang, Théâtre des Célestins, Lyon), Georges Michel (Rhapsodie béton, Théâtre de la Huchette), Bernard Shaw (l’Homme du destin, Alliance française, 1960), voire Ionesco (Tueur sans gages, compagnie d’Aquitaine, 1972, Théâtre en miettes, Théâtre de la Huchette) ou Arthur Miller (Je ne me souviens plus de rien et Clara, deux pièces inédites en France, Théâtre du Tourtour). Il a monté en 2002 Histoire de « On » de Jean‑Claude Grumberg (Théâtre de la Huchette).

Enfin, il a fait connaître certains chefs-d’œuvre des littératures européennes : Oblomov (de Gontcharov, Studio des Champs-Élysées), la Lettre perdue (de J.‑L. Caragiale, Théâtre de Poche), l’Alchimiste (de Ben Jonson, Théâtre de Poche)…

Marcel Cuvelier a joué au théâtre, au cinéma et à la télévision plus de deux cents rôles.

Acteur, il a reçu le molière 2000 du Meilleur Interprète dans un second rôle pour Mon père avait raison de Sacha Guitry.

Il a notamment été Oblomov (dans Oblomov), le Médecin puis le Roi dans Le roi se meurt, Philinte dans le Misanthrope, le Curé dans Cochon noir, Asano dans le Pont japonais, le Père dans Equus, le Comte dans la Grotte

Il a interprété également Tchekhov, Dostoïevski, Strindberg, Pirandello, Betti, Corneille, Racine, Flaubert, Maupassant, Ben Jonson, Maïakovski, Marcel Aymé, Mérimée, Alexandre Dumas…

Au cinéma, il a joué, en particulier, dans le Doulos (réal. J.‑P. Melville), la Vérité (H.‑G. Clouzot), Ascenseur pour l’échafaud (réal. Louis Malle), Stavinsky (réal. A. Resnais), l’Aveu (Costa-Gavras)…

À la télévision, il a tourné dans Vipère au poing (le Père), Robert Houdin, l’Homme qui a sauvé Londres, Badinguet, Napoléon III, Diderot, Maupassant, Aristide Briand

Auteur, il a écrit plusieurs pièces dont Pour l’amour de l’humanité (Th. Marie-Stuart), le Train pour Limoges (Th. du Tourtour), Quatre lundis de Darnetal (Th. de la Huchette).

Il est aussi l’adaptateur d’Oblomov (de Gontcharov), Ma femme (de Tchekhov, Th. de Poche), le Royaume des femmes (de Tchekhov, Th. de la Huchette), Elle, elle et elle (de Catherine Valabrègue).

Marcel Cuvelier a reçu le prix du Théâtre (2000) de la Société des auteurs pour l’ensemble de son travail d’acteur, de metteur en scène et d’auteur.

Il était commandeur des Arts et Lettres.

Il était le mari de la comédienne Thérèse Quentin et le père de deux filles (Lucile, née d’une première union, et la comédienne Marie Cuvelier).

Ses obsèques auront lieu au cimetière de Montmartre, mercredi 14 janvier 2015, à 15 heures.

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