Prix Lucernaire ‑ Laurent‑Terzieff ‑ Pascale‑de‑Boysson

« l’Habilleur » © Christian Dumont « l’Habilleur » © Christian Dumont

Communiqué

Annonce
Les Trois Coups

« Un vrai texte de théâtre est toujours riche, même s’il est apparemment pauvre ; le véritable texte théâtral détient une potentialité de vie, la richesse d’un univers, une vision d’un regard sur le monde, un théâtre qui reflète le conscient et l’inconscient, le rêve et la réalité, l’homme public jeté dans le monde, avec son travail, ses difficultés vis-à-vis de la société, et aussi l’homme privé, avec ses fantasmes, ses rêves, ses angoisses et sa poésie. »
Laurent Terzieff

Appel à projet pour les compagnies

Le prix Lucernaire – Laurent-Terzieff – Pascale-de-Boysson encourage toute création en France d’un texte contemporain français ou étranger.

Le comité artistique est composé d’une partie des proches compagnons de travail de Laurent Terzieff et Pascale de Boysson (voir membres du jury ci-dessous) *.

La compagnie lauréate recevra une dotation de 10 000 € pour la création de son projet qui pourra être programmé au théâtre du Lucernaire la saison suivante.

Éligibilité

Tout texte contemporain français ou étranger non encore créé en France est éligible.

À noter que les dossiers présentant un « seul(e) en scène », s’ils ne sont pas rédhibitoires, ne seront pas retenus en priorité.

Modalités

Les compagnies sont invitées à envoyer le texte qu’elles souhaitent monter.

Faire parvenir trois exemplaires du texte proposé en version papier, impression d’un fichier PDF, police d’impression 12, interlignes de 1,5 ainsi qu’un dossier de présentation à l’adresse suivante :

Lucernaire Service Programmation / Prix Lucernaire

53, rue Notre-Dame-des-Champs

75006 Paris

Envoyer également les fichiers correspondants par courriel à l’adresse suivante : prix@lucernaire.fr

Les textes doivent parvenir au comité avant le 15 juillet 2016.

Le dossier de présentation devra être constitué :

  • D’une note d’intention (environ une page).
  • D’un résumé du parcours de la compagnie (environ une page).
  • De biographies succinctes des membres de l’équipe artistique envisagée.
  • D’un projet scénographique (environ une page).
  • De l’autorisation de l’auteur du texte (ou de ses ayants droit), et du traducteur le cas échéant.

Les projets seront étudiés par deux lecteurs du comité artistique * du jury.

Les projets retenus par ces deux lecteurs seront soumis à l’ensemble du comité.

Le comité sélectionnera entre six et huit textes.

Les compagnies présélectionnées seront invitées à présenter une lecture (mise en voix, mise en espace…) au comité à une date à définir entre le 15 septembre et le 15 décembre 2016.

Le prix Lucernaire – Laurent-Terzieff – Pascale-de-Boysson sera décerné au cours d’une cérémonie, au théâtre Lucernaire en janvier 2017.

* Membres du jury (par ordre alphabétique) : Benjamin Bellecour, Olivier Brunhes, Émilie Chevrillon, Frédéric Franck, Dominique Hollier, Philippe Laudenbach, Benoît Lavigne, Marie‑France de Noue, Francine Walter.

À l’angle de la rue Bréa et de la rue Vavin, dans le VIe arrondissement, une plaque à été apposée le 2 juillet 2015 :

« Laurent Terzieff comédien et metteur en scène : 1935‑2010

Pascale de Boysson, comédienne et adaptatrice : 1922‑2002 »

Durant un demi-siècle, de 1961 à 2010, il n’y eut pas une saison théâtrale à Paris, sans un spectacle de la compagnie Laurent‑Terzieff.

Du Lutèce au Rond-Point, du Lucernaire à l’Atelier, du Théâtre d’Orsay au La Bruyère, du Théâtre 13 au Théâtre Hébertot, de la Gaîté-Montparnasse ou du Rive-Gauche à la Maison de la poésie et d’autres encore, Pascale et Laurent furent les insatiables et passionnés chercheurs, découvreurs et « passeurs » de nouveaux auteurs et de nombreux textes de théâtre.

En 1988, Laurent s’exprimait ainsi dans la Revue du théâtre (Actes Sud) :

« Mettre en scène, c’est mille choses dont, avant tout, assumer le métier du théâtre dans sa complétude, sa totalité : c’est être un premier lecteur, essayer de garder la fraîcheur du premier spectateur pendant tout le temps des répétitions – ce n’est pas facile – ; c’est aussi être un directeur d’acteurs, prendre en charge toutes les composantes d’un spectacle, se sentir responsable de tout.

« Un metteur en scène, c’est un homme seul, il vit avec les autres, mais il est seul.

« Ce qui m’intéressait dans la mise en scène : cette solitude, cette responsabilité vis-à-vis de l’œuvre.

« Par ailleurs, je ne suis vraiment mobilisé que par le théâtre de texte.

« Cela ne suppose pas qu’il faut être esclave à genoux devant le texte ; au contraire, il s’agit de le mettre en vie ; voilà une tâche qui demande souvent beaucoup plus d’inventivité et d’imagination que de plaquer soi-même son propre discours sur le texte interposé : le metteur en scène doit aussi dégager la pluralité de sens qui se trouve dans un texte, un texte est toujours pluriel, surtout un texte de théâtre ; il ne faut pas oublier qu’une réplique de théâtre s’adresse à deux personnes : elle s’adresse au personnage en face, le partenaire, mais aussi au public. Elle est une intégrante de la fiction conflictuelle de la pièce, et, en même temps une information. Un texte théâtral qu’il soit luxuriant ou volontairement plat et gris, doit se situer entre le langage parlé et le langage écrit, linéaire.

« Il appartient donc au metteur en scène de dégager la pluralité de sens qui est induite dans un vrai texte de théâtre. Un vrai texte de théâtre est toujours riche, même s’il est apparemment pauvre ; le véritable texte théâtral détient une potentialité de vie, la richesse d’un univers, une vision d’un regard sur le monde.

« Un théâtre qui reflète le conscient et l’inconscient, le rêve et la réalité, l’homme public jeté dans le monde, avec son travail, ses difficultés vis-à-vis de la société, et aussi de l’homme privé, avec ses fantasmes, ses rêves, ses angoisses et sa poésie. »

La création d’un prix Lucernaire – Laurent-Terzieff – Pascale-de-Boysson n’a d’autres raisons d’exister que d’inciter, d’encourager et d’aider les nouveaux talents à s’engager dans la même cohérence de leur parcours avec la même foi, le même enthousiasme et la même exigence.

Mais aussi pour nous, l’impérieuse évidence d’accomplir notre devoir de mémoire et de témoigner de notre infaillible, affectueuse reconnaissance.

Philippe Laudenbach

Les Trois Coups


http://www.lucernaire.fr/

prix@lucernaire.fr

Photo : © Christian Dumont