Entretien avec François Hien, auteur, acteur, metteur en scène, documentariste

François Hien © Nicolas Ligeon François Hien © Nicolas Ligeon

« Actualiser une révolte historique en la confrontant aux problématiques contemporaines » 

Par Trina Mounier
Les Trois Coups

Metteur en scène d’« Olivier Masson doit-il mourir ? » au Théâtre des Célestins, réalisateur du film « Après la fin », auteur du roman « Les Soucieux » (à paraître en avril aux éditions du Rocher), François Hien s’est fait un nom en quelques années seulement dans la région lyonnaise. Une explosion.

Quel artiste êtes-vous ?
François Hien : Au début, j’ai fait des études de cinéma en Belgique. Je me suis spécialisé dans le montage, qui m’a appris à construire des récits, à charpenter une narration, à être attentif au rythme. Je suis assez vite devenu réalisateur de documentaires mais les difficultés de diffusion m’ont progressivement détourné de ce format. Parallèlement, éclatait l’affaire Baby-Loup qui a rencontré chez moi une envie d’écriture. Cela a donné une pièce, La Crèche.

Vous vous inspirez donc de faits divers médiatiques pour écrire vos pièces ?
F.H. : Tout d’abord, une précision : je décentre toujours mon propos dans l’espace et dans le temps, par rapport à l’actualité. Pour La Crèche, j’ai fait mes repérages à Montreynaud dans la région stéphanoise, où j’ai d’ailleurs rencontré le Collectif X qui y était en résidence. Nous ne nous sommes plus quittés depuis. Plus tard, avec Nicolas Ligeon, nous avons créé la compagnie L’Harmonie Communale. Ce nom, de même que le titre de mon mémoire de philosophie – Contribution à une désescalade –, disent ce qui m’anime : étudier sur un plateau les différents éléments d’un conflit social qui paraît inextricable et faire entendre les différents points de vue.

Si vos pièces semblent sortir du même moule, il en est tout autrement de vos documentaires. Après la fin ressemble davantage à un patchwork philosophique où vous apparaissez à la première personne…
F.H. : J’ai de grosses capacités de travail et les rythmes de production ne me permettent pas de créer autant que je voudrais. J’ai réalisé Après la fin après la naissance de mon fils, car il devenait nécessaire que je relocalise mon activité afin d’être auprès de lui. Je peux écrire chez moi entre deux spectacles. Je reste cinéaste mais mon vrai métier, c’est le théâtre, plus précisément la création de spectacles avec mes camarades du Collectif X. Du théâtre de plateau, à l’ancienne. L’auteur fait partie de la distribution.

D’autres créations à venir ?
Deux films sont dans les tuyaux, mais ce qui m’occupe le plus actuellement, c’est le projet avec l’Opéra de Lyon sur la révolte des Canuts, Échos de la fabrique. Une fresque théâtrale écrite comme un travail d’enquête, élaborée avec des amateurs au cours d’ateliers. Ce qui m’intéresse, c’est d’actualiser cette révolte historique en la confrontant aux problématiques contemporaines. 

Propos recueillis par Trina Mounier


Olivier Masson doit-il mourir ?
Théâtre des Célestins du 14 au 25 janvier 2020
Théâtre La Mouche (Saint-Genis Laval) le 10 mars 2020

La Crèche
Théâtre du Point du Jour le 30 mars au 4 avril 2020

Projection de Après la fin
Théâtre des Célestins le samedi 25 janvier à 15h

Programme détaillé des représentations, projections, lectures et conférences ☛


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☛ La Crèche, de François Hien, par Trina Mounier