Bilan Le Chaînon manquant 2018, à Laval et Changé

Inbox-Clément-Malin-Caio-Sorana-Soralino « Inbox », de Soralino © Florian Renault

Excellent bilan !

Par Léna Martinelli
Les Trois Coups

Le Chaînon manquant vient de s’achever. Comme de nombreux programmateurs, Les Trois Coups sont aussi venus faire du repérage. Une dizaine de spectacles découverts, en un temps resserré, c’est finalement bien peu, compte tenu de cette programmation si dense !

D’abord Kévin Douvillez, codirecteur et responsable artistique depuis 2015, se félicite du taux de remplissage et des records de fréquentation : 19 000 spectateurs (dont 6 000 aux spectacles de rue et 3 000 spectateurs issus des actions de médiation culturelle), 453 professionnels.

Celui-ci relève une augmentation du nombre de spectacles jeune public et des arts du cirque dans la programmation, laquelle se distingue tout de même par de nombreux concerts : « Le nombre de musiciens a été multiplié par trois, en quinze ans, explique-t-il, mais l’essence même du festival reste la diversité des choix, du théâtre à l’humour. Des choix orientés par la qualité artistique pure, car notre objectif est de programmer ces artistes dans des salles pluridisciplinaires ».

De la musique, oui, mais tous les styles

Justement, lors de notre présence, nous avons traversé plusieurs époques, ne serait-ce qu’au niveau musical. Déjà, rien à voir entre Musica Humana, trio lyrique qui explore le répertoire de la Renaissance, et Ginkoa, groupe français difficilement classable mais résolument moderne. Des mélodies pop ultra catchy, des sonorités swing sur des beats électro French Touch… ils n’ont qu’une idée en tête : faire danser. Et ils ont mis le feu au Magic Mirror !

Quant à La 7e Oreille, ses membres n’ont pas les deux pieds dans la même Santiag. Les quatre musiciens de Little rock story relèvent la gageure de retracer la riche histoire de ce style musical tout en revisitant, en format medley, les classiques : Elvis, Les Beatles, Les Rolling Stones, Clash, AC/DC… Quel plaisir parcourir les différents styles (blues, punk, psychédélisme, grunge, métal, etc.) dans un concert adapté pour tous, avec de l’énergie et de la passion. Au-delà des connaissances, livrées de façon ludique, les sensations donneront envie aux plus jeunes de renouveler l’expérience d’un concert, c’est sûr. Les musiciens s’éclatent vraiment sur scène. Et nous avec !

Sélection arts du cirque, humour et théâtre

Beaucoup de divertissements, donc, lors de ce dernier weekend. Parmi les artistes émergents, beaucoup sont matures. Fraîchement sortis de l’école du cirque Fratellini, Clément Malin et Caio Sorana s’adonnent à l’absurde. L’un est acrobate, petit habillé trop grand. L’autre est jongleur, grand vêtu trop petit. Les deux jouent avec des cartons et les empilent. Entre arts de la rue et arts du cirque, Inbox est une variation ubuesque autour d’un matériau courant mais peu commun en cirque. Le public a beaucoup apprécié.

Chainon-Manquant
© Florian Renault

En revanche, l’humoriste politiquement incorrect, Redouanne Harjanne a fait grincer des dents. Sans doute, est une des raisons pour laquelle il nous a séduite. Autres coups de cœur pour Toute La Mer du monde et SoliloqueS, qui méritent aussi un éclairage particulier (lire ici). Tous trois sont fondés sur l’empêchement : des musiciens livrent un concert réduit à sa portion congrue et un acrobate porte, à lui seul, tout un spectacle de cirque. Or, au final, c’est virtuose, malin et d’une drôlerie irrésistible.

Découverte et convivialité

Un festivalier enchaîne souvent les spectacles. Or, cette année, nous avons apprécié le nouvel aménagement du square de Boston, désormais le cœur du festival, avec l’accueil, la billetterie, mais aussi un vrai lieu de vie. Deux bals parquets ont été installés aux côtés du Magic Mirror, l’incontournable chapiteau en bois. Et c’est parfait pour souffler en échangeant autour de nos dernières découvertes.

C’est aussi là que nous avons chanté, avec Au Clair de la Rue, chorale créée à Nantes pour et avec des personnes sans domicile, en grande précarité et très isolées. Cette action d’intégration et d’inclusion permet aux personnes démunies de retrouver confiance et estime de soi. L’appartenance à un groupe les amène à une véritable resocialisation. Ce dimanche, la joie qu’ils ont partagée avec le public sur un répertoire de chansons françaises connues de tous, était en effet palpable. Et cela contribue à changer le regard qu’on porte aux gens de la rue.

Sensibiliser aux associations solidaires (notamment La Cloche) pendant le festival fait partie des nouveautés du Chaînon manquant. De quoi joindre l’utile à l’agréable ! 

Léna Martinelli


Ginkgoa

Site du groupe

Lead Vocal : Nicolle Rochelle

Guitariste, compositeur : Antoine Chatenet

Batterie, machines : Gregory D’addario

Clarinette, clavier / Machines : Jaafar Aggiouri

Contrebasse, clavier : Anne-Colombe Martin

Le 15 septembre 2018 au Magic Mirrors

Little Rock Story, de Claude Whipple

La 7e oreille

Plus d’infos sur le spectacle ici

Mise en scène : Oliver Prou

Chant, guitare électrique : Claude Whipple

Claviers, chœurs : Nicolas Liesnard

Basse, chœurs : Vincent Benoist

Batterie, chœurs : Romain Piot

Durée : 1 h 10

Tout public

Le 16 septembre 2018 au Magic Mirrors

Tournée ici

Au Clair de la rue

Site

Infos : 06 72 32 91 04

Le 16 septembre 2018 au square de Boston

Inbox, de Clément Malin et Caio Sorana

Soralino

Avec : Clément Malin et Caio Sorana

Le 16 septembre 2018 sur l’esplanade du Château-Neuf

Tournée ici

Dans le cadre du Chaînon manquant, 27 édition

Du 11 au 16 septembre 2018 à Laval et Changé

Billetterie / Bar du festival / Bals Parquets / Point infos / Magic Miror • Square de Boston • 53000 Laval


À découvrir sur Les Trois Coups

☛ Focus Seuls-en-scènes, par Léna Martinelli

☛ Trio Musica Humana, par Léna Martinelli