« Cocorico », de Patrice Thibaud, Théâtre du Rond‑Point à Paris

Cocorico © Céline Aubertain Cocorico © Céline Aubertain

Chouette ! « Cocorico » est repris au Rond‑Point

Par Léna Martinelli
Les Trois Coups

À la place de « Fair-Play » initialement programmé aux mêmes dates, le duo Thibaud‑Leygnac reprend son premier succès, « Cocorico » qui a déjà réjoui un large public. Que du bonheur !

À l’origine, il était prévu de présenter leur prochaine création : Fair-Play. Il nous faudra encore patienter… Qu’à cela ne tienne ! Avec la reprise de Cocorico, voici l’occasion d’une séance de rattrapage d’un spectacle en passe de devenir un classique. Pour quand l’entrée au répertoire de la Comédie‑Française ?! Créé en 2008, ce spectacle a déjà beaucoup tourné, mais avec son comparse, Philippe Leygnac, Patrice Thibaud joue souvent à guichets fermés. Normal ! Tous deux font se tordre de rire des salles entières. Et c’est bien ce qui a encore des chances d’arriver.

Mime, danseur, acteur, auteur, Patrice Thibaud est un fin observateur du monde, lequel lui inspire mille prétextes de jeu et d’imitation. Le geste avant la parole parce que c’est le langage universel par excellence. Philippe Leygnac, quant à lui, excelle dans la musique : trompette, piano, batterie, joués ensemble ou séparément. Haut la main ! C’est un vrai homme-orchestre, contorsionniste qui plus est, n’hésitant pas à enfourcher son instrument, quand il ne disparaît pas dans une valise.

Thibaud et Leygnac, membres de la famille des « grands du burlesque »

Entre Laurel et Hardy, Tom et Jerry, Tati et Chaplin, les références vont bon train pour ce couple infernal. Car il n’y a pas que le gabarit qui diffère : les tempéraments sont pour le moins opposés. Il ne faut pas se fier à l’apparente bonhommie de ce gus‑là (Patrice Thibaud), ce « Monsieur Tout‑le‑monde », si fier d’être français – cocorico ! – vraiment insupportable face à ce musicien taciturne (Philippe Leygnac), souffre-douleur qui finit toutefois par mener la danse. Course-poursuite, jeu du chat et de la souris, ces drôles d’oiseaux parviennent malgré tout à conjuguer leur talent, faisant surgir une surprenante ménagerie : un coq, une autruche amoureuse, une otarie, le cheval de Lucky Luke, un dompteur et son lion affamé…

Ils font vraiment la paire ces deux‑là ! Les saynètes se succèdent sans temps morts. Si la musique soutient, souligne le propos de la pantomime, le rythme du jeu – la musicalité du corps – joue un rôle primordial. Patrice Thibaud a l’art de camper ses personnages en une mimique, une attitude, un geste. Il nous raconte tout, et bien plus encore, rien qu’avec son corps et ses expressions. Quelle galerie de personnages : une fanfare villageoise avec ses anciens combattants et ses majorettes, un coureur cycliste arrêté par les « poulets », des Indiens et des cow‑boys échappés d’un western d’Ennio Morricone…

Le comédien croque par petites touches, mais ne craint jamais la surenchère. Résultat : ces variations, autant musicales que théâtrales, déclenchent l’hilarité. Avec son art virtuose du mime et son regard décalé, il fait mouche à tous les coups. Les grands y retrouvent leur âme d’enfant, tandis que les petits s’amusent de tant de trouvailles et de facéties. Un plaisir à partager en famille, donc. 

Léna Martinelli


Cocorico, de Patrice Thibaud

Mise en scène : Michèle Guigon, Susy Firth et Patrice Thibaud

Avec : Patrice Thibaud et Philippe Leygnac

Musique : Philippe Leygnac

Lumières : Marie Vincent

Costumes : Isabelle Beaudouin

Photo : © Céline Aubertin

Théâtre du Rond‑Point • 2 bis, avenue Franklin‑D.‑Roosevelt • 75008 Paris

Réservations : 01 44 95 98 21

www.theatredurondpoint.fr

Du 1er au 28 juin 2012 à 21 heures, dimanche à 15 h 30, relâche le lundi

Durée : 1 h 25

29 € | 25 € | 16 € | 10 €

http://www.youtube.com/watch?v=r88LJSSPStI