« Cosmos 110 », d’Élodie Ségui et Emmanuelle Destremeau, Théâtre Nouvelle Génération à Lyon

« Cosmos 110 » © Élisabeth Carecchio

Fatras galactique

Par Trina Mounier
Les Trois Coups

Une biennale qui démarre, c’est une excellente initiative ! Surtout quand elle entend ouvrir des portes sur l’avenir, sur l’inconnu. Après « Hikikomori » créé l’an dernier par Joris Mathieu, voici « Cosmos 110 », une expérience de dialogue intersidéral avec les extraterrestres proposée par Élodie Ségui et Emmanuelle Destremeau. De quoi transporter petits et grands, surtout si le spectacle est aussi participatif qu’on le leur promet. Mais ça, c’est une autre histoire…

Sur le plateau jonché d’objets hétéroclites et qui ne font pas tous référence au futur, kilomètres de pellicule, fer à repasser, vieux ordis, câbles et écrans divers. Comète, une petite fille passionnée d’astrophysique, se promène, armée d’une perche prolongée d’un micro. Sa marche est incertaine tant le sol est encombré, tant l’espace est envahi. Elle s’est donné pour mission de créer une symphonie à destination des habitants d’autres coins de la galaxie… La comédienne, Marion Jeanson, évolue selon une pâte sonore très suggestive : les bruits semblent effectivement venir du cosmos au gré de ses inventions et captations. Et ses mouvements produisent une sorte de chorégraphie planante. Quelques incrustations vidéo font apparaître un interlocuteur dans une station spatiale éloignée, un avion, la petite fille autrefois, déjà fort à l’aise avec les capsules, avions et fusées.

Mais comme c’est aussi une petite fille en chair et en os tout ce qu’il y a de plus réel, la voilà qui fait des grimaces, se brosse les dents, dit des gros mots, etc., pour la plus grande joie des petits spectateurs ! Et le problème est bien là. Faire rire le jeune public quand, après s’être brossé les dents, Comète crache par terre n’est pas en soi bien compliqué. Il est toujours plaisant d’imaginer des transgressions, surtout aussi futiles.

« Cosmos 110 » © Élisabeth Carecchio
« Cosmos 110 » © Élisabeth Carecchio

Mais les inviter à participer à la création d’une symphonie est nettement plus aléatoire, même si, effectivement, le temps d’une courte scène, Marion Jeanson fait répéter aux enfants une chanson qu’elle enregistre pour ensuite la leur restituer ainsi qu’aux extraterrestres. Où est la création collective ? Où est d’ailleurs le lien avec l’astrophysique quand l’humour surgit essentiellement des grimaces, déguisements et crachats de dentifrice ? Il y a fort à parier que l’interrogation sur le futur en sera restée à la portion congrue.

Au final, un spectacle plutôt sympa, porté par une comédienne à la présence joyeuse, mais qui demeure très en deçà de ses prétentions affichées. Le rapport scène / salle est on ne peut plus classique et le thème n’est abordé que sous forme d’images furtives et désordonnées. Il est vrai que ce festival place la barre bien haut ! 

Trina Mounier


Cosmos 110, d’Élodie Ségui et Emmanuelle Destremeau

Mise en scène : Élodie Ségui

Texte et vidéos : Emmanuelle Destremeau

Avec : Marion Jeanson

Scénographie : Albane Ségui

Création sonore : Emmanuelle Destremeau et Billy Jet Pilot

Avec les voix de : Julian Eggerickx, Marina Keltchevski, Olivier Dote Doevi, Bruno Merle

Avec la participation de Rita Merle

Lumière et régie générale : Emma Quéry

Son : Aurélie Granier

Photo : © Élisabeth Carrechio

Coproduction : Théâtre Am Stram Gram à Genève

Accompagné par le T.G.P. ‑ Saint‑Denis

Soutenu par le théâtre Le Grand Bleu à Lille

Avec le soutien de la Spedidam

Théâtre Nouvelle Génération • 23, rue de Bourgogne • 69009 Lyon

www.tng-lyon.fr

04 72 53 15 15

Du 15 au 20 novembre 2016

Mercredi 16 à 15 heures ; samedi 19 à 20 heures ; dimanche 20 à 16 heures

Séances scolaires : les 15, 16 et 17 à 10 heures, les 15 et 17 à 14 h 30

Durée : 2 h 20

De 5 € à 18 €