« Folle Amanda », de Pierre Barillet et Jean‑Pierre Grédy, Théâtre de Paris à Paris

« Folle Amanda » © Christophe Chevalin « Folle Amanda » © Christophe Chevalin

Un léger goût de trop‑peu !

Par Isabelle Jouve
Les Trois Coups

Dans cette mise en scène de Marie‑Pascale Osterrieth, cette folle d’Amanda perd un peu de sa fougue et de sa pétulance.

Créée par Jacqueline Maillan en 1974 (dans une mise en scène du grand Jacques Charon), et reprise par Line Renaud en 1981 (sous la direction de René Clermont), Folle Amanda est l’une des pièces cultes du célèbre duo d’auteurs Pierre Barillet et Jean‑Pierre Grédy. C’est au tour de Michèle Bernier, tout auréolée du succès de la pièce de Laurent Ruquier Je préfère qu’on reste amis, de se glisser dans la peau de ce personnage haut en couleur.

En effet, pour le 50e anniversaire de l’émission « Au théâtre ce soir », TF1 a fait appel à cette artiste très populaire pour porter sur les planches cette nouvelle version : « J’ai vu mille fois Folle Amanda avec Jacqueline Maillan, j’ai toujours rêvé de ce rôle. Cela fait toujours quelque chose de passer après une personnalité, la pièce est devenue un classique. […] En même temps, chaque actrice amène son originalité et est au service de l’auteur, du texte ».

Pas de portes qui claquent, ni d’amants dans le placard dans cette comédie. Amanda, ancienne star du music-hall et femme libre, tire le diable par la queue depuis qu’elle a renoncé à la scène sur un coup de tête, quinze ans plus tôt. Elle a toutefois gardé intacts sa joie de vivre et son éternel optimisme. Pour elle, rien n’est impossible et tout peut arriver. Pour se renflouer, elle a l’intention de publier ses mémoires, dans un premier temps. C’est sans compter le veto de son ancien mari, Philippe Morhange, ministre en exercice qui a aussi la fâcheuse habitude d’oublier de lui verser sa pension alimentaire. En parallèle, Loulou, son ex‑accompagnateur, insiste pour qu’elle fasse son come-back dans un spectacle à Limoges.

On la voudrait plus volubile

La mise en scène de Marie‑Pascale Osterrieth manque quelque peu d’allant et d’énergie. Pourtant, le texte est là, et il n’a pas pris une ride. De plus, l’idée d’associer Michèle Bernier et Arielle Dombasle est pertinente, car on joue sur les contrastes. Néanmoins, un petit quelque chose fait défaut à cette paire. Et puis, bien que Michèle Bernier soit une très bonne comédienne, dans ce personnage, j’ai trouvé qu’elle ne mettait pas toute la fougue et la folie qu’on espère. Sans faire dans la caricature, on la voudrait plus volubile, plus incandescente, même si je conçois qu’il n’est pas simple de tenir deux heures dix sur scène, sans entracte. De son côté, Arielle Dombasle, qui interprète la sœur d’Amanda, est trop souvent dans la pose, et c’est dommage. J’ai eu l’impression qu’elle se regardait jouer.

Les autres acteurs sont crédibles et plutôt dans le ton. Mention spéciale à Philippe Lelièvre qui campe un Étienne franchement drôlissime.

Les chansons de Michel Emer, parolier d’Édith Piaf, compositeur de talent et accessoirement époux de Jacqueline Maillan, nous replongent dans cette époque un peu surannée : « C’est beau la vie, c’est beau les fleurs, c’est beau le cinéma, la télé en couleur […], les p’tits bistrots où l’on va prendre l’apéro… ». C’est gai au moral.

Le décor est bien choisi et plein de peps. Il est amusant de retrouver quelques éléments copiés de la pièce originale de 1974, comme la grosse lampe orange très « seventies », le lampadaire et le panaché de photographies. Mais là, sur les murs et les portes, les tons ocre et orangé initiaux ont fait place à du bleu. C’est tout à la fois cosy et joyeux.

Pour information, Folle Amanda sera diffusée en direct du Théâtre de Paris sur TF1 le 21 janvier 2017. Elle sera ensuite reprise au Théâtre Antoine du 18 mars au 7 mai 2017. 

Isabelle Jouve


Folle Amanda, de Pierre Barillet et Jean‑Pierre Grédy

Mise en scène : Marie‑Pascale Osterrieth

Avec : Michèle Bernier, Arielle Dombasle, Patrick Braoudé, Pierre Cassignard, Philippe Lelièvre, Roland Marchisio, Djibril Pavadé, Tiphaine Daviot

Lumières : Laurent Castaingt

Chansons : Michel Emer

Musique : Jacques Davidovici

Décor : Pierre‑François Limbosch

Costumes : Charlotte David

Photo : © Christophe Chevalin

Théâtre de Paris • 15, rue Blanche • 75009 Paris

Réservations : 01 42 80 01 81

Site du théâtre : www.theatredeparis.com

Métro : Blanche

Du 13 au 22 janvier 2017, du mardi au samedi à 20 h 45, samedi et dimanche à 15 heures

Durée : 2 h 10

53 € | 39 € | 29 € | 19 €