« Les Francophonies – Des écritures à la scène », festival à Limoges et aux alentours

Les-Francophonies-Hassane-Kassi-Kouyaté © Christophe-Péan-Francophonies-en-Limousin Les Francophonies, Hassane Kassi Kouyaté © Christophe Péan

Les Francophonies avec Hassane Kassi Kouyaté, ça déménage !

Par Laura Plas
Les Trois Coups

Nouveau nom, nouveaux lieux, et nouveau cap. Hassane Kassi Kouyaté, enfant du festival « Les Francophonies en Limousin », va puiser à ses origines pour lui ouvrir de nouveaux horizons. Décloisonnement, dialogues et exigence sont au programme de ce mandat audacieux.

Depuis des années, les Francos, c’était pour le grand public quinze jours de festival à la rentrée. Du travail mené sur les écritures tout le long de l’année en relation avec la Maison des auteurs, des zébrures consacrées aux écritures, on ne savait en définitive pas grand-chose. Quant au festival de septembre lui-même, il peinait à trouver sa voie, d’autant que le public local ne se sentait pas forcément concerné. Ainsi, certains craignaient, à tort ou à raison, que le zèbre des Francos, délaissé par certains pouvoirs publics, ne s’effondre un jour.

C’était sans compter sur l’engouement du régime Macron pour la francophonie et surtout sur la nomination d’Hassane Kouyaté. Le nouveau directeur se définit comme « un enfant du festival ». Loin de lui, par conséquent, l’idée de balayer le travail de ses prédécesseurs. Il veut, au contraire, retrouver l’énergie et la richesse foisonnante des origines. Pas de révolution, donc, mais une mutation liée à « une évolution de la francophonie » (terme dont on sait les ambiguïtés et les dangers) et du rapport au monde. N’empêche ! Sous des airs de ne pas y toucher et avec une profonde modestie, Hassane Kouyaté repeint les rayures du zèbre.

Un grand collier d’air

Rebaptisées, les « Francophonies, des écritures à la mise en scène », échappent à l’éphémère d’un festival pour gagner la pérennité d’une action au long cours. Sortant de la clôture de l’évènement, elles prennent aussi du large au niveau géographique. Les Francophonies ne seront plus enfermées dans les locaux de La Maison des auteurs, mais elles battront leur plein au cœur de la ville de Limoges : dans ses rues, sur ses places, comme dans un nouveau lieu emblématique de l’ouverture : la caserne Marceau. La programmation se déploiera même en dehors de la ville à Uzerche, Feytiat ou Eymoutiers, par exemple.

C’est alors un nouveau rapport au territoire qui s’engage, inspiré par la volonté d’articuler les échelles locales et mondiales. Ce rapport au territoire est lié à une recherche du décloisonnement : de nouveaux partenaires sont ainsi associés (ministère, centres culturels, Opéra, théâtres…).

Par ailleurs, les Francophonies associent le théâtre aux œuvres métissées, à la musique et au cinéma documentaire. Elles doivent être un lieu de rencontre des continents et des professionnels, de ces derniers et des publics les plus divers (spectateurs avertis et néophytes, curieux et badauds, scolaires, universitaires…).

Pour permettre ces échanges et ces rencontres, le directeur proposera deux temps forts : les Zébrures d’automne consacrées aux scènes et celles de printemps associées aux écritures. Elles se nourriront de rencontres professionnelles, de formations, de remises de prix. C’est un vaste programme qu’on a hâte d’expérimenter. 

Laura Plas


Les Francophonies, des écritures à la scène : nouveau cap

Les Zébrures d’automne du 25 septembre au 5 octobre 2019

Site

À découvrir sur Les Trois Coups :

☛ Focus Québec, 35ème édition des francophonies à Limoges, par Laura Plas

☛ Et Dieu ne pesait pas lourd, de Dieudonné Niangouna, par Laura Plas