Maria Dolores y Amapola Quartet, le Triptik à Acigné

Maria Dolores © Jean-François Picaut

Un cabaret plein de fantaisie

Par Jean‑François Picaut
Les Trois Coups

Pour accueillir Maria Dolores et son Amapola Quartet, le Triptik (Acigné) avait bien fait les choses. La salle était transformée en cabaret avec de grandes tables rondes, petits gâteaux et boissons fraîches ou chaudes à disposition. La diva du tango burlesque pouvait faire son entrée.

Peut-être le nom de Maria Dolores vous est‑il inconnu. Alors, sachez qu’elle fait partie, dit‑on, de la Cie des Femmes à barbe, couronnée pour les Faux Bristish, aux derniers molières.

Pour ce spectacle, la chanteuse est accompagnée par un quartette de grande classe, mais qui ne fait pas la fine bouche quand il s’agit de prêter la main à une pitrerie de la maîtresse de cérémonie.

Le concert commence par un tango, que l’on pourrait qualifier d’académique mais qui n’a rien de suranné. Au piano, Sandrine (pour chacun des interprètes, un prénom sert de patronyme, à moins que ça ne soit de pseudonyme) tient la rythmique, tandis que Michel (bandonéon, mais aussi piano pour un temps) et Christophe, dit Cristobal, assurent les thèmes. Ariane (violon) se charge des envolées lyriques et parfois pathétiques.

Un langage haut en couleur

Tout est en place pour l’entrée solennelle de Maria Dolores. Robe noire près du corps, évasée sur les jambes, gantée de rouge jusqu’aux coudes, chaussures rouges, elle arrive dans le dos du public précédée de sa puissante voix d’alto aux graves de velours. Après avoir caressé quelques crânes de spectateurs, la voici qui accède à la scène. Elle veut bien nous confier qu’elle a exceptionnellement répondu à l’invitation d’un gala de charité. « Espagnole de souche, Argentine de couche », selon son expression, elle affirme se sentir « Acignolaise de cœur » ! L’histoire du bandonéon navigue aussi entre sérieux et fantaisie.

Maria Dolores y Amapola Quartet © Jean-François Picaut
Maria Dolores y Amapola Quartet © Jean-François Picaut

L’histoire du tango, qu’elle délivre entre deux chansons, est conforme à la vérité dans ses grandes lignes, mais elle est racontée avec un langage haut en couleur et un vocabulaire imagé. Ainsi, la milonga est-elle qualifiée « d’ancêtre de Meetic ® », le site de rencontres.

Et voici venu le temps des imitations. Tout commence avec les Bêtises, immortalisées par Sabine Paturel, interprétées ici en tango. On franchit encore une étape dans le burlesque avec une parodie (chant et gestuelle) de Madonna. Etc.

Nous aurons aussi droit à un discours pseudo-philosophique qui aurait réjoui les adeptes de l’humour noir et du non-sense. Besa me mucho (Consuelo Velasquez, 1941) aurait été créé par sa tante Consuelo Sanchez Dolores ! Il est massacré en plusieurs langues, et à la fin de la chanson le pianiste se retrouve le visage couvert d’un masque de lucha mexicaine…

De blagues en chansons, le spectacle se poursuit sur le même ton, entrecoupé de tangos « normaux », pendant plus d’une heure trente, pour la plus grande joie des spectateurs.

Les deux rappels sont une nouvelle fois l’occasion d’apprécier le brio de l’orchestre et tout particulièrement de la pianiste. 

Jean-François Picaut


Maria Dolores y Amapola Quartet

Festival Le Grand Soufflet 2016, 21e édition

Avec : Maria Dolores (voix), Sandrine Roche (piano), Ariane Lysimaque (violon), Michel Capelier (bandonéon et piano), Christophe Dorémus (contrebasse)

Photo de Maria Dolores : © Jean‑François Picaut

Photo de Maria Dolores y Amapola Quartet : © Jean‑François Picaut

Le Triptik • La Lande Guérin • 35690 Acigné

Montours (35) samedi 8 octobre 2016 à 20 h 30

Aigné (35) dimanche 9 octobre 2016 à 16 heures

Rennes (Village Thabor) mercredi 12 octobre 2016 à 20 h 30

Le Reu (Agora) jeudi 13 octobre 2016 à 20 h 30

Châteaugiron vendredi 13 octobre 2016 à 20 h 30

Durée : 1 h 30

10 € | 8 €

http://www.mariadolores.fr/

http://www.amapolaquartet.com/