« Une diva à Sarcelles », de Virginie Lemoine, l’Atelier Théâtre de Montmartre à Paris

« Une diva à Sarcelles » © D.R.

La folie de chanter

Par Sarah Irion
Les Trois Coups

C’est en allant voir le spectacle « Divas du pavé » un mercredi soir que Virginie Lemoine a eu l’idée d’écrire une comédie musicale avec deux des acteurs de ce spectacle. Ce qui a donné « Une diva à Sarcelles », joué et chanté dans un minuscule théâtre de Montmartre, où résonnent les rires du public.

Quand on pousse la porte de L’Atelier Théâtre de Montmartre, on se retrouve directement dans la salle où sont disposés les bancs. C’est Virginie Lemoine, qui a écrit et mis en scène la pièce Une diva à Sarcelles, qui accueille le public et prend les manteaux. On est déjà tous serrés, mais elle attend encore une vingtaine de personnes. Avant le spectacle, l’auteur nous annonce que Brigitte Faure, qui joue la diva, est un peu aphone, mais qu’elle a tenu à jouer. À nous de l’encourager !

Pierrette Michon, alias Petra Michkolskaia sur scène, est une diva abîmée par son métier. Elle se produit dans sa cuisine, devant un public imaginaire – mais bien réel puisque c’est notre rôle –, et devant sa chaîne hi-fi. Appareil qui est d’ailleurs représenté par un vrai pianiste, qui s’installe derrière son instrument lorsque la diva déchue appuie sur la télécommande.

Petra ne s’entend pas avec ses voisins qui ne supportent pas ses concerts improvisés. Mais, comme elle dit : ce n’est pas agréable « ces nouvelles salles de concert à dix-sept étages ». Heureusement, son concierge, René Larceneur, qui l’aime follement depuis vingt‑six ans, lui fait ses courses et comprend son « invention » de public. Il est devenu son tuteur cinq ans plus tôt suite à un concert donné en plein air par Petra, sur une place de Sarcelles, qui l’a conduite tout droit à l’hôpital psychiatrique.

Sur la petite scène de L’Atelier Théâtre de Montmartre, Brigitte Faure, Michel Tavernier et le pianiste Josef Kapustka évoluent dans une cuisine où le café est remplacé par le whisky. Lorsqu’une experte en psychiatrie vient examiner Pierrette Michon, celle-ci lui montre sa « loge », où elle dort avec ses plus beaux costumes d’opéra. En six scènes séparées par des noirs, Virginie Lemoine raconte avec humour l’histoire de cette femme qui ne veut pas voir la triste réalité, et préfère se noyer dans l’alcool et parler à un public imaginaire. Dans chaque scène, on a droit à un petit air d’opéra, fredonné par certains spectateurs. Pour une aphone, Brigitte Faure s’en sort plutôt bien !

Lorsque son concierge – sculpteur à ses heures – lui annonce qu’il est remplacé par un digicode et qu’il doit partir, tout en lui faisant une déclaration d’amour, Pierrette Michon décide d’en finir, et le public reprend en cœur la chanson d’Édith Piaf Sans amour on n’est rien du tout. Heureusement que tout reste drôle, sinon la pièce pourrait vite tomber dans la mièvrerie. Mais le rire est au rendez-vous, et si on a envie de se divertir en chantant un jeudi soir, il faut allez voir la grande Pierrette Michon, qui donne ses concerts depuis sa cuisine. 

Sarah Irion


Une diva à Sarcelles, de Virginie Lemoine

Mise en scène : Virginie Lemoine

Assistante à la mise en scène : Marie Chevalot

Avec : Brigitte Faure, Michel Tavernier, Marie Chevalot, Josef Kapustka

Décors : Grégoire Lemoine et Benoît Afnaïm

Costumes : Christine Chauvey et Virginie Lemoine

Accessoires : Lou Guérin

Bande-son : Daniel Valdenaire

Avec les voix de : Darius Kehtari, Françoise Lépine, Élora Bourgeolet et Virginie Lemoine

Musiques : Gounod, Dvorak, Bizet, Ralph Carcel et Philippe Olive, John Kamber, Astor Piazolla, Charles Aznavour, Offenbach, Gluck, Moïses Simons, Mozart, Jean‑Samuel Racine, Marguerite Monnot, Alain Bernard

Production : L’Atelier Théâtre de Montmartre et Les Sirènes en pantoufle

L’Atelier Théâtre de Montmartre • 7, rue Coustou • 75018 Paris

Réservations : 01 46 06 53 20

Tous les jeudis soir à 21 heures

Durée : 1 h 30

12 € | 10 €