« Vous reprendrez bien quelques sketches », de Chevallier et Laspalès, espace Pierre‑Cardin à Paris

Vous reprendrez bien quelques sketches ? © Charlotte Spillemaecker Vous reprendrez bien quelques sketches ? © Charlotte Spillemaecker

Encore et toujours

Par Isabelle Jouve
Les Trois Coups

Après huit ans d’absence, le duo Chevallier et Laspalès est de retour dans un two-men-show. Un régal pour les inconditionnels. Un plat mitigé pour les autres.

Philippe Chevallier et Régis Laspalès sont complices depuis plus de trois décennies. Une belle longévité pour ce couple d’humoristes, grands adeptes de l’incongru, du comique de répétition et de situation. Ils ont débuté au café d’Edgar en 1981 avec un spectacle qu’ils ont eux-mêmes écrit : Pas de fantaisie dans l’orangeade. L’année suivante, leurs apparitions régulières dans le « Petit théâtre de Bouvard » leur donne une vraie visibilité. Ils deviennent connus du grand public. Leur notoriété ne va cesser de croître au fur et à mesure de leurs différentes apparitions. Elle tient sûrement au fait qu’ils ont su éviter le piège de l’éternel tandem en se diversifiant dans des carrières solos, au théâtre comme au cinéma ou à la télévision.

Dans Vous reprendrez bien quelques sketches ? (en tournée depuis octobre 2014), les comédiens enchaînent anciennes et nouvelles histoires. Le petit bourru barbu (Régis Laspalès) et le grand mince (Philippe Chevallier), costumes noirs et chemises blanches, se glissent dans la peau de personnages grinçants, naïfs, réacs ou encore étriqués pendant deux heures, sans entracte. Peu d’accessoires, des jeux de lumière et les lettres de leurs noms et titre du spectacle empilées en fond de scène comme éléments de décor permanents.

Fidèles à leurs principes, ils ont choisi de ne pas parler de politique ou de sujets d’actualité (hormis un sketch sur les opposants au mariage pour tous) et de ne pas rire de tout : « Nous ne rions pas du malheur des autres. Et puis, il y a des sujets graves, il faut parfois savoir se taire. » Du coup, ils ont toujours choisi de dépeindre à gros traits loufoques et farfelus les aléas du quotidien et les travers de Français moyens, partisans de la mauvaise foi ou détenteurs d’un bon sens à toute épreuve.

On reste un peu sur sa faim

Les deux comiques sont populaires. Dans la salle, il y a un public de fans qui se régale de réentendre d’anciens sketches qu’il reconnaît dès les premiers mots tel le Train pour Pau, où un chef de gare propose de passer par Strasbourg pour rejoindre Pau. De là, la réplique, culte pour les plus fervents admirateurs, c’est vous qui voyez ! Oui, c’est nous qui voyons. Ainsi, si on n’est pas totalement inconditionnels de ces humoristes, on reste un peu sur sa faim avec un léger sentiment de confusion. Pas de fil conducteur dans ce two-men-show. Juste des saynètes qui se suivent et ne se ressemblent pas. Certains jeux de mots des nouvelles productions tombent un peu à côté. Pour aller plus loin, le duo est aussi moins drôle lorsqu’il se commet dans l’absurde pur et simple (les différents intermèdes) ou la tentative de burlesque (Chevallier déguisé en Chinois chantant et Laspalès en canard laqué qui fait cui-cui). Ou encore lorsqu’il s’englue dans le fameux comique de répétition (le stand-up canadien).

Malgré tout, cela reste un spectacle sympathique, car les deux artistes interagissent vraiment avec le public qui le leur rend bien. Il n’est pas aisé d’avoir des fidèles sur la longueur. Philippe Chevallier et Régis Laspalès y sont parvenus. 

Isabelle Jouve


Vous reprendrez bien quelques sketches ?, de Chevallier et Laspalès

Mise en scène : Philippe Chevallier et Régis Laspalès

Avec : Philippe Chevallier et Régis Laspalès

Photos : © Charlotte Spillemaecker

Espace Pierre-Cardin • 1, avenue Gabriel • 75008 Paris

Site du théâtre : www.pierrecardin.com

Métro : Concorde

Du 17 décembre 2015 au 3 janvier 2016, à 16 heures ou 20 h 30 selon les jours

Durée : 2 heures

De 15 € à 60 €

Tournée :

  • Le 15 janvier 2016 : Le Pasino, Aix-en-Provence
  • Le 17 janvier 2016 : Le Pasino, La Grande Motte
  • Le 28 janvier 2016 : Le Zénith Nancy, Maxeville
  • Le 30 janvier 2016 : Palais des sports, Paris