« Richard II », Shakespeare, Christophe Rauck, Gymnase Aubanel, festival Avignon

Après Jean Vilar en 1947, Ariane Mnouchkine en 1982, Christophe Rauck monte à son tour « Richard II », à la demande du comédien Micha Lescot. La création ne manque pas de qualités mais s’apparente à un alliage impur d’univers et de plans de réalités : il manque une direction cohérente (acteurs et mise en scène). Peut-être se dessinera-t-elle davantage au fil des représentations…

Entretien avec Chloé Vivarès, « Artemisia Gentileschi », Théâtre Train bleu, Festival Off Avignon

Le spectacle de la dernière création du groupe Vertigo, « Artemisia Gentileschi », offre un écrin à la comédienne Chloé Vivarès qui incarne la peintre baroque. Le procès qui s’ouvre en 1612, quelques mois après le viol de cette artiste de 18 ans par l’un de ses célèbres pairs, Agostino Tassi (lequel travaille pour des papes) brosse le portrait d’une jeune femme d’exception, héritière de l’œuvre de Caravage

« Iphigénie », Tiago Rodrigues, Opéra , festival Avignon

Anne Théron et Tiago Rodrigues (révélé par le théâtre de la Bastille, prochain directeur du festival) partagent une passion commune pour la littérature et le jeu avec les comédiens. Émue par la réécriture d’Iphigénie par le dramaturge portugais, la cinéaste et artiste associée au TNS offre une mise en scène qui valorise la poésie du texte et le point de vue féminin. Si l’on est incontestablement charmée par de nombreuses trouvailles scéniques, on déplore un jeu d’acteur peu dynamique, concentré surtout sur la parole.

« One song – Histoire(s) du théâtre IV », Cour lycée Saint-Joseph, festival Avignon

1-Iphigénie-Tiago-Rodrigues-Anne-Théron © Christophe Raynaud de Lage

Une chanson pénétrante et assourdissante à la fois
Par Lorène de Bonnay
Après Milo Rau, Faustin Linyekula et Angelica Liddell, Miet Warlop expose à son tour son « histoire du théâtre ». Que représente cette forme pour elle ? Quelle est sa propre pratique depuis vingt ans ? La réponse de l’artiste flamande, plasticienne et performeuse, dans le quatrième volet de cette série, est une chanson d’une heure qui explore le motif de la répétition. Une performance coup de poing, coup de massue, fulgurante et assommante.

« Venezuela », Ohad Naharin, Chaillot-théâtre national de la Danse, Paris

« Venezuela » © Ascaf

Des espaces imaginaires qui rendent Gaga !
Par Lorène de Bonnay
La Batsheva Dance Company revient à Chaillot avec « Venezuela », une pièce créée en 2017 et représentée en 2018. Le chorégraphe et directeur artistique Ohad Naharin y poursuit son exploration du mouvement : sa forme déroutante agrandit notre perception du monde.

« Uprising », « In your rooms », Hofesh Shechter, Opéra Garnier, Paris

« Uprising-In-your-rooms » © Julien Benhamou

Entre coup de poing et coup de grâce
Par Lorène de Bonnay
Après « The Art of Not Looking Back » en 2018, les œuvres de jeunesse du brillant chorégraphe et compositeur Hofesh Shechter – « Uprising » (2006) et « In your rooms » (2007) – font leur entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra. Une déflagration intense.

« Le Tartuffe ou l’Hypocrite », Molière, la Comédie-Française, Paris

« Le-Tartuffe-ou-l’Hypocrite » © Jan Versweyveld

Une visitation de Tartuffe bluffante
Par Lorène de Bonnay
La scène du Français, qui fête le 400e anniversaire de Molière, nous offre un Tartuffe inédit, radical et envoûtant. La mise en scène novatrice d’Ivo van Hove s’appuie sur la version en trois actes de la pièce de 1664, reconstituée par le spécialiste Georges Forestier. Cette réinvention inestimable procure un rare plaisir.

« Fanny », de Rébecca Déraspe, Théâtre Ouvert, à Paris

Fanny-Rébecca-Déraspe © Joseph-Banderet

Fanny n’a pas la forme
Par Laura Plas
Un texte presque boulevardier, une forme convenue qui ne permet pas aux comédiens d’échapper aux caricatures. « Fanny » démontre qu’on ne fait pas forcément du bon théâtre autour de questions passionnantes. Dommage pour ses trois interprètes.

Reprise de « La Cerisaie », Anton Tchekhov, Théâtre de l’Odéon, Paris

La-Cerisaie-Anton Tchekhov-Tiago Rodrigues © Christophe Raynaud de Lage

Une « Cerisaie » aux modulations infinies
Par Lorène de Bonnay
« Je ne survivrai pas à cette joie » : « La Cerisaie » de Tiago Rodrigues nous entraîne dans une fête grinçante, joyeuse et mélancolique célébrant la destruction d’un monde, d’un éblouissement.
Un petit trésor de subtilité présenté cet été dans la monumentale cour d’honneur du festival d’Avignon, actuellement à l’Odéon.