« Le Reste vous le connaissez par le cinéma », d’après Euripide, Festival d’Avignon

Le Reste, vous ne le connaissez que trop
Par Laura Plas
Pas facile de faire résonner « Les Phéniciennes » d’Euripide avec notre temps. Si la distribution du « Reste vous le connaissez par le cinéma » est très convaincante, il n’en est pas de même des partis pris d’écriture de Martin Crimp ni de la mise en scène de Daniel Jeanneteau. Décevant.
« Focus la mémoire de leurs pères (France, Algérie), le Off, à Avignon

La mémoire de leurs pères
Par Laura Plas
Petite sélection de pièces pour penser l’histoire des tumultueux rapports entre la France et l’Algérie : une farce d’Ahmed Madani, la confession fictive d’un djihadiste repenti, finement mise en scène par Quentin Defalt, ou « Et mon cœur fume encore », beau travail sur la mémoire de la guerre d’Algérie.
« Nous, l’Europe. Banquet des peuples », de Laurent Gaudé, Cour du lycée Saint-Joseph, à Avignon

Un désir d’Europe inassouvi
Par Juliette Nadal
Le duo formé par Laurent Gaudé, pour l’écriture, et Roland Auzet, pour la mise en scène et la composition musicale, porte sur le plateau un long poème explorant l’histoire de l’Europe. Récit engagé, cri de rage, entrelacs de paroles et de chants, leur volonté est d’ouvrir les perspectives européennes. Pari tenu ?
« Jean-Pierre, Lui, Moi », de Pocket Théâtre, Festival Villeneuve-en-Scène, à Villeneuve-lès-Avignon

Fabuleuses faiblesses
Par Stéphanie Ruffier
Comment trouver la juste distance pour évoquer sur scène le handicap, surtout quand le sujet n’est autre que son grand frère ? Entre performance désopilante, forme documentaire et tendre confidence, Thierry Combe joue avec les codes du théâtre et nous offre un moment d’empathie exceptionnel.
« l’Amour vainqueur » et « Blanche-Neige, histoire d’un Prince », deux adaptations de Grimm pour le jeune public, au Festival d’Avignon

« Un jour, mon Prince viendra… » : version opérette ou Beckett, les enfants ?
Par Lorène de Bonnay
Deux réécritures des frères Grimm sont proposées au jeune public du Festival : « l’Amour vainqueur », d’Olivier Py, et « Blanche-Neige, histoire d’un Prince », écrit par Marie Dilasser et mis en scène par Michel Raskine. Ces spectacles féministes, aux esthétiques radicalement différentes, parlent d’amour, de mort, de genres et de nature.
« Laterna Magica » et« À ceux qui nous ont offensés », Théâtre 11, Gilgamesh Belleville, le Off d’Avignon

Toiles de maîtres au Gilgamesh
Par Laura Plas
Avec « Laterna Magica » et« À ceux qui nous ont offensés », le Gilgamesh Belleville offre l’opportunité de découvrir deux textes incandescents portés par des interprétations et des mises en scène fortes : deux regards âpres sur l’enfance, la violence des hommes et l’indifférence de Dieu. Des toiles de maîtres !
« Le Présent qui déborde : Notre Odyssée II », de Christiane Jatahy, Gymnase du lycée d’Aubanel, Festival d’Avignon

Christiane Jatahy : atout chœur
Par Laura Plas
Abolir la frontière entre les gens et les genres en réinterprétant « l’Odyssée », tel est le pari que relève avec un immense talent Christiane Jatahy. S’aventurant sur les terres inconnues de l’intime et le la musique, elle vise juste et touche au c(h)œur.
« Trouble », de la compagnie Turbulences / HVDZ, La Scierie, le Off d’Avignon

Hors catégorie !
Par Laura Plas
Spectacle inclassable sur la violence de ce qu’on nomme normalité, « Trouble » fait vaciller nos certitudes et notre habituelle perception de spectateur pour nous plonger dans une expérience humaine et spectaculaire forte.
Une sélection au 73e Festival d’Avignon et dans le Off

In et Off, un weekend à Avignon
Par Olivier Pansieri
In et Off, un parcours subjectif et sélectif de spectacles vus à Avignon.
« Reconstitution », de Pascal Rambert, La Manufacture, le Off d’Avignon

Revivre les amours mortes
Par Trina Mounier
« Reconstitution », une œuvre intimiste de Pascal Rambert, est donnée dans une petite salle du Off, tandis que son « Architecture » se déploie dans la Cour d’honneur du Palais des papes. Le « petit » spectacle est un bijou d’émotion pudique et de délicatesse.
« Désobéir », de Julie Berès, La Manufacture, le Off d’Avignon

Vent debout
Par Trina Mounier
« Désobéir », un titre qui claque. Quatre comédiennes portent ce spectacle avec une énergie et une sensibilité entraînantes. Un hymne au courage et à la volonté de jeunes femmes issues de l’immigration. C’est pour moi le spectacle le plus abouti de mon bref festival d’Avignon.
« Architecture », de Pascal Rambert, Cour d’honneur, Festival d’Avignon

La pulvérisation à l’œuvre
Par Lorène de Bonnay
« Architecture », présenté dans la cour monumentale du Palais des papes, expose l’effondrement d’un monde, d’une classe, d’une culture, à travers la sinueuse descente aux enfers d’une famille. Si le geste de Pascal Rambert convainc et que le talent des comédiens explose, la forme tend à se déliter.