« Glovie », Deug Doen Group, Théâtre de L’Union

Glovie-Julie-Ménard-Aurélie-Van-Den-Daele © Marjolaine-Moulin.jpg

Chic, Glovie contre-attaque !

Par Laura Plas
Les Trois Coups

Météorite tombée sur le théâtre de l’Union pour le plaisir des petits et grands, « Glovie » d’Aurélie Van Den Daele nous entraîne dans un voyage intergalactique par-delà les vicissitudes et les frontières du réel. Une histoire tendre et pleine d’humour pour pulvériser le chagrin.

Il était une fois un.e enfant nommé.e Glovie qui vivait terré.e avec sa mère dans une chambre exiguë. L’enfant venait d’un pas si lointain pays nommé Serbie et passait ses nuits seul.e car, hélas, sa pauvre mère devait aller gagner une misère en vendant des esquimaux… Ouais, pas très rigolo tout ça ! Bien sûr, mais c’est exactement ce qu’il faut dans un conte, tout au moins si on veut se passer des marâtres, ou des ogres (devenus quand même un peu has been).

Et puis, dans ce terreau poussent aussi les rêveurs et les héros (les héros que sont les rêveurs, devrait-on plutôt dire ici). En effet, face à la mocheté du réel, Glovie et sa mère contre attaquent. Métamorphosée par la seule magie du rêve, l’une devient Lady Pop-Corn et pourfend à son travail les gros lourdauds. Quant à Glovie, iel emplit ses nuits de missions extraordinaires, affrontant ennemis et périls pour sortir de la misère.

One, two.. three : embarquement immédiat !

Pas une once de misérabilisme, donc. À l’image du texte de Julie Ménard, la mise en scène d’Aurélie Van Den Daele est d’une grande pudeur. Et puis qu’on se rassure, on aura un peu peur, on frôlera même la catastrophe, mais tout finira bien. Crédié, que ç’est bon : un joli happy end plein d’espoir. Nos enfants en ont bien besoin. Un.e gamin.e vive, joyeuse, vivante bien campé par Camille Falbriard. Comme destrier, un texte truffé de facéties verbales et qui se cabre face à la tristesse. Comme horizon, des passages secrets vers des espaces d’infinie résilience. La morose réalité vole en éclats.

© Marjolaine Moulin

Ses frontières ne sont pas les seules à être pulvérisées ; celles de la représentation sont aussi gommées. Embarquement immédiat : sitôt passée la porte d’entrée, vous voilà happés dans un autre monde où le personnel du théâtre a disparu sous les capes et vêtements flashy des super-héros. Les adultes n’ont qu’à bien se tenir : le théâtre est aux enfants, ils en sont même les ouvreurs (très sérieux, fort compétents). Mais est-on bien dans un théâtre ? Au milieu d’étoiles, de galaxies, nous quittons le plancher des vaches : belle façon de donner le goût au théâtre. Ce n’est pas fini, car près le salut des comédiens, d’autres surprises nous attendent…

C’est ma première théâtre partie

Ce qu’on peut vous révéler, c’est que Glovie est justement une surprise partie théâtrale menée tambour battant par trois acteurs survoltés. Par contre, on vous invite à bien respecter l’indication d’âge pour la fête, parce qu’une pieuvre de l’espace (pas bien méchante, en fait) pourrait effrayer les plus petits. Cela su, vous pouvez entrer dans la danse. Glovie nous y invite en s’adressant sans cesse à nous. Elle instaure d’ailleurs, grâce aussi aux idées de mise en scène d’Aurélie Van Den Daele, une belle complicité avec le public. Ainsi, on rit beaucoup, on admire le courage d’Ina, la mère de Glovie. On lui souhaite encore une « belle lisse poire » d’amour, pour employer l’expression de notre cher prince de Motordus. Enfin, on en a plein la vue, avec à une scénographie qui ne fait pas dans le carton-pâte (bien trop présent dans les spectacles qui s’adressent au jeune public).

Bref, en dépit d’une petite baisse de régime au milieu du spectacle, Glovie pourrait bien vous enchanter. On vous conseille cet antidote au chagrin des Aliens… et des pauvres terriens que nous sommes. 🔴

Laura Plas


Glovie, de Julie Ménard, par le Deug Den Group

Site de la compagnie
Mise en scène : Aurélie Van Den Daele
Avec : Mara Bijeljac, Camille Falbriard et Sidney Ali Mehelleb 
Voix lyrique : Pauline Colon
Création musicale : Romain Tiriakian
Dispositif scénique et lumière : Julien Dubuc
Collaboration artistique et ensemblier : Grégory Fernandes
Création sonore : Grégoire Durrande
Durée : 1 h 15
Dès 8 ans

Théâtre de L’Union • 20, rue des Coopérateurs • Limoges
Du 5 au 10 novembre 2022 (relâche le 6) à 18 h 30, le 5 novembre à 15 heures, le 7 à 14 heures, le 8 novembre à 14 heures et 20 heures, le 9 à 14 h 30, le 10 novembre à 19 heures
De 11 € à 16 €
Réservations : 05 55 79 90 00 ou en ligne

Tournée :
• Les 12 et 13 janvier 2023, Le Préau, à Vire (14)
• Du 31 mars 2023 au 1er avril 2023, Théâtre de la Croix Rousse, à Lyon (69)
• Les 4 et 5 mai 2023, L’Empreinte, scène nationale de Brive, Tulle, à Tulle (19)
• Le 9 mai 2023, Le Méta, à Poitiers (86)

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