« Illusions comiques », d’Olivier Py, Théâtre national populaire à Villeurbanne

Salle de spectacle

Une joyeuse austérité

Par Franck Lavigne
Les Trois Coups

« Illusions comiques », sous-titré « la Leçon de théâtre » est un panégyrique, vivant et joyeux, des richesses du théâtre et de Jean‑Luc Lagarce. Par cette comédie, genre peu pratiqué par Olivier Py, nous réfléchissons avec les comédiens et le poète à la présence, ou non, sur un plateau, de ce dieu théâtre qui permet d’appréhender notre époque.

En avant-scène, les miroirs des loges. Des comédiens, habillés de noir et blanc, accueillent le spectateur. Au fond du plateau, un grand escalier, merveilleux outil de mise en scène ; un siège. Des néons électriques donnent une lumière froide. Des feuilles en plastique, comme des taches de couleur, détruiront cette froideur. Nous sommes introduits dans une thématique classique, où la mort et le poète sont en avant-scène.

Mais Olivier Py va abandonner quelque peu, contrairement à son habitude, cette austérité. Il parsèmera ses envolées lyriques de farce. Comique et poésie avancent de concert. La truculence d’une tante Geneviève, la verve des comédiens nous permettent d’entrevoir toutes les facettes d’un théâtre multiforme, où l’humour est parfois le meilleur moyen de dénoncer les petitesses du genre humain, les injustices, les scandales.

Par sa dernière création, par son jeu, Olivier Py rend hommage aux hommes de théâtre. En premier lieu à ses comédiens : « Mlle Mazev, M. Fau et M. Girard m’ont enseigné l’art théâtral et je les en remercie en volant leur parole, en me l’attribuant, avant de la remettre dans leurs voix comme si elle ne s’en était jamais enfuie… À la différence du metteur en scène, l’acteur ne commente pas le théâtre, il est le théâtre. ».

En second lieu, à ses prédécesseurs, et surtout à Jean‑Luc Lagarce, qui tout comme lui, a, par le théâtre, donné une image du monde contemporain, de notre société humaine, où politique, modes et manipulations s’entremêlent pour servir le dieu argent.

Par ces humbles propos, dénués de toute fausse modestie, nous prenons acte que le nouveau directeur du Théâtre de l’Odéon reste un athlète du cœur. Il continue de travailler poétiquement, de vivre. Il n’a pas perdu son chemin sur les épais tapis rouges, dans les cocktails, où les pires ennemis de cette quête artistique veillent : ego et pouvoir. 

Franck Lavigne


Illusions comiques, d’Olivier Py

L’Inconvénient des boutures | Théâtre du Rond‑Point • 2 bis, avenue Franklin‑Roosevelt • 75008 Paris

01 44 95 98 00 | télécopie 01 40 75 04 48

www.theatredurondpoint.fr

Mise en scène : Olivier Py

Assistant à la mise en scène : Olivier Balazuc

Assistante stagiaire à la mise en scène : Anouk Hilbey

Avec : Olivier Balazuc, Michel Fau, Clovis Fouin, Philippe Girard, Mireille Herbstmeyer, Olivier Py

Musiciens : Mathieu el‑Fassi, Pierre‑André Weitz

Création et réalisation costumes : Marie‑Thérèse Peyrecave

Assistante costume et habilleuse : Nathalie Bègue

Création et réalisation d’accessoires : Fabienne Killy

Décors : Claude Cuisin, Bertrand Killy, Philippe Meslet

Création lumière : Olivier Py

Assistant lumière : Bertrand Killy

Régie générale et lumière : Bertrand Killy

Régie plateau : Claude Cuisin, Philippe Meslet

Photographies : Alain Fonteray

Musique : Stéphane Leach

Théâtre national populaire • 8, place Lazare‑Goujon • 69627 Villeurbanne cedex

www.tnp-villeurbanne.com

Réservations : 04 78 03 30 00

Du 4 au 7 décembre 2007 à 20 heures

Durée : 3 heures avec entracte

23 € | 18 € | 13 €