Village de Cirque 2026, Annonce, Coopérative 2r2c, Paris

THE rendez-vous cirque IN Paris

Léna Martinelli
Les Trois Coups

Pendant deux semaines, 10 compagnies de cirque se produiront sur la pelouse de Reuilly, en lisière de forêt. Le festival présente le cirque sous toutes ses formes, cette année autant d’univers, de récits et de voyages intimes. S’il y a des spectacles payants, des spectacles gratuits invitent plus largement à la découverte. Un rendez-vous à ne pas manquer du 11 au 20 septembre.

Nous éclairer et nous rassembler, les artistes y œuvrent souvent. Par leur corps et des dramaturgies singulières, les circassien·ne·s aiment plus que tout raconter le monde pour contribuer à le réinventer, ou tout du moins à partager leurs visions, leurs doutes, leurs espoirs. L’édito évoque un fil rouge : « Comment nos fragilités et nos questionnements se transforment en force commune. Car la joie n’est jamais loin, à être assemblé·e·s, ensemble autour de la piste ». Cette année, Village de Cirque accueille pas moins de 4 chapiteaux, mais le cirque se décline sous plusieurs formats. Il y aura bien entendu des spectacles en extérieur et… en caravane.

Des grandes flammes dévastatrices aux plus petites lueurs de bougies, la flamme est riche de nuances et de contrastes. Elle vacille, gronde, éclaire. Le clown Nicolas Fraiseau en fait l’objet de son spectacle. Convoquant nos plus intimes et lointains imaginaires, Ignis (Collectif Sismique) est un chef-d’œuvre, pas moins (lire la critique de Léna Martinelli) ! Oui, c’est éclairant.

Faune nous questionne sur notre rapport au sauvage, à notre monde contemporain et ses nécessaires métamorphoses.Comment le cerf (dont les bois servent d’agrès aux trois acrobates de la Cie Libertivore) témoin de notre humanité archaïque, peut-il nous aider à créer les mythes d’aujourd’hui et de demain ? Une invitation au renouveau, un élan pour repenser notre lien au monde (lire la critique de Léna Martinelli).

« Faune » © Cie Libertivore ; « Ignis » © © Laurence Guillot

Encore de la poésie ! Dans une boîte de plexiglas à peine plus large qu’elle-même, la contorsionniste Alice Rende entame une traversée vertigineuse, où chaque geste cherche à déjouer les frontières de l’enfermement. On avait beaucoup aimé son précédent spectacle (lire la critique de Fora). Donc, on ne peut que recommander Passages (Cie Ar). Dans sa caravane transformée en micro-cinéma, le musicien d’Avion papier (Collectif La Méandre) propose, quant à lui, de suivre le voyage d’une femme à travers un film d’animation. Une plongée onirique qui explore des dispositifs mécaniques singuliers en jonglant avec divers instruments ou objets sonores improbables.

Une seule sangle pour trois acrobates au plateau. Quels liens les unissent ? Comment faire avec l’autre, les autres, leurs différences, leurs singularités ? Le Témoignage de la Chimère (Charge Maximale de Rupture) aide à trouver l’unité, abriter les différences et faire communauté. Dans Ki No Nagare (Collectif Malunés), ce sont les principes martiaux qui servent de point de départ pour explorer comment lâcher prise, accepter et trouver l’harmonie, en soi et avec l’autre. Autre quête sensible vers l’autre et vers le collectif, El Dorado (Cie NDE Nicanor de Elia) est une fête chorégraphique où les corps deviennent matière à lancer, recevoir, manipuler, transformer. À la frontière du cirque et de la danse, les interprètes inventent une écriture où le jonglage se déplace du côté du corps.

Ki No Nagare © Jostijn Ligtvoet ; « Si c’est sûr c’est pas peut-être », Cie Takakrôar © Laurence Guillot ; « Passages » © Glorija Lizde ; « Le Témoignage de la Chimère » © Davide Garrone

Si c’est sûr c’est pas peut-être (Cie Takakrôar) propose une succession de situations absurdes où le doute devient moteur de jeu et de réflexion. Avec douceur et tendresse, entre gestes suspendus et élans joyeux, les corps se soutiennent, se relèvent, s’accordent. La musique y tisse des liens invisibles, y porte les silences, souligne les élans. On a vraiment été touché par cette proposition aussi farfelue que bienveillante (lire la critique de Léna Martinelli).

Dans sa yourte, un ancien gardien de phare, resté longtemps seul, se livre au public. Il y parle de ses rencontres, de sa vie, de femmes et d’hommes qui sont entré·e·s en lutte contre l’absurde et les injustices. Algues vertes, soja (« l’or vert » d’Argentine), chlordécone répandue aux Antilles… Préviens les autres (Galapiat Cirque) nous met à contribution afin de trouver des solutions.

Autre spectacle sur la résistance, Santa, ce qu’il me reste de la Corse est un hommage au père, réflexion sur l’identité corse et les aléas d’une circassienne d’âge. L’occasion de réflexions sur le deuil, la transmission, l’émancipation et la condition des femmes. En somme la « corsitude » et les circassiennes féministes corses, « une espèce rare ». L’acrobate Pauline Dau ne manque ni d’audace, ni d’humour, ni de grâce (lire la critique de Léna Martinelli).

Léna Martinelli


22édition, du 11 au 20 septembre 2026
Site de la Coopérative De Rue De Cirque
Toute la programmation ici
Pelouse de Reuilly, Paris 12
Infos pratiques ici
Tarifs : de 12 € à 20 €
Réservations : Tel. : 01 46 22 33 71 • Billetterie en ligne • Sur place avant les représentations (dans la limite des places disponibles)

À découvrir sur Les Trois Coups :
Entretien avec Marie Chapouillié, par Léna Martinelli

Photo de une : © Philippe Deutsch

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