« Santa, ce qu’il me reste de la Corse », Pauline Dau, Critique, Festival Le Mans fait son cirque 2026

« Corsitude »

Léna Martinelli
Les Trois Coups

« Santa, ce qu’il me reste de la Corse » surprend. Hommage au père, réflexion sur l’identité corse et les aléas d’une circassienne d’âge… L’acrobate Pauline Dau ne manque ni d’audace, ni d’humour, ni de grâce.

La résilience est un terme beaucoup utilisé depuis quelque temps. Et pour cause, nous en traversons des crises, certain·es en vivent des épreuves. La perte d’un être cher en fait partie. Pauline Dau rend hommage à son père récemment décédé : « Un jour j’ai perdu mon père, le lendemain j’ai perdu la Corse ». L’occasion de réflexions sur le deuil, l’identité, la transmission, l’émancipation et la condition des femmes (en Corse et au cirque). En somme la « corsitude » et les circassiennes féministes corses, « une espèce rare ».

Accompagnée d’un pianiste, la circassienne fait naître une parole ironique et sensible. D’ailleurs, elle est lauréate de l’aide à l’écriture cirque 2023 de l’Association Beaumarchais SACD. Elle effleure des thèmes sérieux avec légèreté. Sans avoir l’air d’y toucher, le récit intime frôle le politique. Pauline Dau n’a pas froid aux yeux. Elle ose s’attaquer à la question corse : « On n’est jamais assez Corse », regrette-t-elle.

Son audace ne se cantonne pas au propos. Après Vanité(s) et Balance ton corps, ce spectacle-là l’expose tout particulièrement. La voir sortir du piano en maillot de bain, sans complexe, sourire jusqu’aux oreilles, en dépit du propos, donne d’emblée le ton : « La colère, c’est ma liberté ».

Fine interprète, Pauline Dau a plusieurs cordes à son arc : elle joue, chante et réalise quelques acrobaties bien amenées, en complicité avec Roland Catella, à la belle présence. À grand renfort de hula-hoop pailletés et de chansons « maison », elle s’inspire du burlesque et nous charme. D’ailleurs, le public ne demande pas son reste quand, à la fin, elle l’invite à entonner, en chœur sur scène, Brunetta, qui nous reste longtemps en tête. C’est l’état de grâce.

Léna Martinelli


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Création artistique et interprétation : Pauline Dau
Création musicale et interprétation : Roland Catella
Mise en scène : Fanny Sintès, Marc Vittecoq et Pauline Dau
Plus d’infos ici

Spectacle vu dans le cadre du festival Le Mans fait son cirque, 25édition du 20 au 31 mai 2026, porté par Le Plongeoir Cité du Cirque Pôle Cirque Le Mans Sarthe Pays de la Loire

Tournée ici  :
• Le 4 juillet, dans le cadre du Festival La Grande Confluence, à Entraygues-sur-Truyère (12)
• Du 11 au 13 septembre, dans le cadre de Village de Cirque, Paris (75012)
• Du 2 au 4novembre, L’ARC scène nationale Le Creusot (71)

Photos © Amandine Bouche (sauf la 2e)

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