Nomination de Farid Bentaïeb à la direction du Trident, scène nationale de Cherbourg‐en‑Cotentin

Communiqué

Les Trois Coups

Sur proposition unanime du jury, Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication et Benoît Arrivé, maire de Cherbourg-en‑Cotentin, en plein accord avec la région Normandie, le département de la Manche et l’association, ont donné leur agrément à la nomination de Farid Bentaïeb à la direction du Trident, scène nationale de Cherbourg-en‑Cotentin.

Son projet pour le Trident repose sur une programmation pluridisciplinaire, ouverte et exigeante, tournée en grande partie vers l’enfance et la jeunesse.

Il travaillera en partenariat avec les autres structures de création et de diffusion de Normandie en particulier avec la Brèche, pôle national des arts du cirque. Il portera une attention particulière aux artistes et compagnies professionnelles comme aux amateurs installés dans la ville, le département et la région.

Farid Bentaïeb est depuis 1997 directeur du Théâtre Jean-Arp de Clamart, scène conventionnée pour la marionnette. Il a auparavant dirigé le centre culturel Saint-Exupéry et le service des affaires culturelles de Franconville-la‑Garenne et fondé l’école de danse et de théâtre l’association Loisirs danse et animations jeunesse d’Issy-les‑Moulineaux.

Les Trois Coups


Ministère de la Culture et de la Communication

www.culturecommunication.gouv.fr

« Les Trois Coups » recrutent dans toutes les régions

Mis en avant

Communiqué

Les Trois Coups, le journal du spectacle vivant, recrutent des journalistes et rédacteurs de presse.

Ils doivent être passionnés par le spectacle vivant et capables de rédiger deux articles au moins par mois (3 000 à 5 000 signes par article) de critique de spectacle (essentiellement), des portraits, des entretiens…

Les rédacteurs sont bénévoles. Ils ont des invitations leur permettant d’aller voir gratuitement les spectacles.

Les qualités d’écriture, d’orthographe et de grammaire doivent être très correctes. Rigueur et enthousiasme sont recommandés. Il est nécessaire de savoir utiliser le traitement de texte Word, Internet et un logiciel de courriel.

Envoyez, s’il vous plaît, exclusivement à l’adresse papierstroiscoups@gmail.com, CV, coordonnées complètes, lettre de motivation.

« Le bon critique est celui qui raconte les aventures de son âme au milieu des chefs-d’œuvre. »

Dee Dee Bridgewater © Jean-François Picaut

Dee Dee Bridgewater et Irvin Mayfield à Jazz sous les pommiers, à Coutances

Ça chauffe à Coutances

Par Jean-François Picaut
Les Trois Coups

Pour beaucoup, elle est « la » chanteuse de jazz vivante. Dee Dee Bridgewater déplace les foules et sait soulever une salle.

C’est la quatrième fois que la chanteuse franco-américaine se produit à Jazz sous les pommiers, et l’engouement des spectateurs ne se dément pas. Cette année, devant l’afflux des demandes, il a fallu prier l’artiste de doubler son concert, ce qu’elle a accepté avec beaucoup de gentillesse. On a joué à guichets fermés les deux fois !

Son nouveau spectacle avec Irvin Mayfield à la trompette rend hommage à La Nouvelle-Orléans. C’est bien le moins avec le fondateur du New Orleans Jazz Orchestra. Le programme du concert est un subtil mélange de compositions originales et de standards revisités, largement emprunté au dernier album de Dee Dee, Dee Dee’s Feathers (Okeh / Sony Music, 2015).

Sobrement vêtue d’une très classique robe mauve, nous apprendrons pourquoi à la fin du concert, la chanteuse fait son entrée sous les vivats d’une foule enthousiaste.

Entre l’humour et l’émotion

Le concert commence très fort avec One Fine Thing. C’est, comme elle le raconte plaisamment, l’histoire d’une femme qui rencontre un homme délicieux et entreprend de le séduire. Dee Dee y déploie tout son charme, qui est grand. La sensualité de sa voix grave s’accompagne de mouvements suggestifs puis c’est le premier moment de scat, en imitant la trompette. Succès assuré. Suit un long passage de parlé-chanté improvisé en français, escorté d’une vraie danse lascive autour d’Irvin Mayfield (trompette) et Irwin Hall (clarinette basse sur ce morceau et saxophone alto) qui semblent se partager son cœur. Les deux instrumentistes commentent ce manège par de légères ponctuations ironiques. Dans la salle, c’est l’enthousiasme débordant.

Le spectacle continue avec le classique Basin Street Blues, superbe hommage à la musique de La Nouvelle-Orléans. C’est l’occasion d’un grand moment de scat imitatif. La chanteuse emprunte la voix rocailleuse d’Armstrong, reproduit le son de sa trompette bouchée ou wa-wa, esquisse quelques mesures de trombone. Ses compagnons de scène ne sont pas en reste. Irvin Mayfield nous régale d’un époustouflant solo de trompette et Irwin Hall lui donne la réplique avec la virtuosité et l’engagement qu’on connaît. Ça chauffe à Coutances, et le morceau explose en un duo d’enfer en growling.

Le concert se poursuit entre les commentaires pleins d’humour de Dee Dee Bridgewater et l’émotion dégagée par certains titres. Il faut bien redescendre des sommets de fièvre des morceaux précédents. Ce sera le cas avec Come Sunday de Duke Ellington, un titre composé pour Mahalia Jackson. Cette mélodie calme semble ici interprétée par trois solistes. Et l’image finale de Dee Dee Bridgewater, Irvin Mayfield et Irwin Hall étroitement groupés pour une dernière communion en est la meilleure expression.

Une ballade délicate

Le comble de l’émotion est sans doute atteint avec C’est ici que je t’aime, une composition originale d’Irvin Mayfield. Dee Dee Bridgewater voit dans cette histoire d’amour entre un homme mûr et une jeune femme une métaphore des relations entre la France et La Nouvelle-Orléans. La chanson est une ballade délicate qui commence par un tendre dialogue entre le piano (Victor Atkins) et la chanteuse qui semble susurrer, accompagnée par de discrètes ponctuations de la contrebasse (Jasen Weaver) et des cymbales jouées aux mailloches (Adonis Rose). Le solo de trompette s’inscrit dans le même climat avec des notes longuement filées et une parfaite imitation de la voix plaintive. Le tout culmine dans la fusion finale de la voix et de la trompette en duo.

Le premier rappel est un vibrant hommage à Louis Armstrong et à son St James Infirmary. C’est un feu d’artifice de chant et de scat pour Dee Dee Bridgewater, illustré par un beau solo de contrebasse et un nouvel exemple de virtuosité signé Irwin Hall. Le second rappel est plus intimiste et explique la couleur de la robe, c’est une très sensible interprétation de Purple Rain, en hommage à Prince, récemment décédé, avec Irvin Mayfield au piano.

Le public ravi en redemanderait, mais l’artiste doit se ménager pour le second concert qui suivra moins d’une heure plus tard ! 

Jean-François Picaut


Dee Dee Bridgewater et Irvin Mayfield à Jazz sous les pommiers

Jazz sous les pommiers 2016, à Coutances (Manche)

35e édition

Du 30 avril au 7 mai 2016

Contact public : Jazz sous les pommiers • les Unelles • B.P. 524 • 50205 Coutances cedex

Tél. 02 33 76 78 50 | télécopie 02 33 45 48 36

Site : http://www.jazzsouslespommiers.com

Courriel : jslp@jazzsouslespommiers.com

Billetterie : 02 33 76 78 68 (du lundi au samedi, et tous les jours pendant le festival)

Photo : © Jean-François Picaut

Airelle Besson © Jean-François Picaut

« Boris Vian ! Un cabaret », d’après Boris Vian, Magic Mirror à Coutances

Gouaille populaire et humour incisif

Par Jean-François Picaut
Les Trois Coups

Dans le cadre de sa résidence à Coutances, Airelle Besson fait feu de tout bois. La voici dans un cabaret qui rend un hommage plein de vie à Boris Vian.

La compagnie Dodeka est vouée au théâtre, mais la présence d’Airelle Besson à Coutances l’a entraînée vers le cabaret. Il arrivait à Boris Vian de jouer de la trompinette, Airelle reste simple, elle joue de la trompette, mais de quelle façon ! Elle est entourée de Christophe Lefèvre (contrebasse, voix), de Pierre Szabo (guitare, voix) et de Freddy Charlou (guitare, voix, sifflet). Ce quartette fait cercle autour de trois comédiens-chanteurs : Sarah Auvray, Vincent Poirier et Nicolas Rivals, à qui l’on doit également la conception et la mise en scène.

Le Magic Mirror a retrouvé sa vocation initiale de cabaret dans un décor des années 1940-1950, comme les robes des femmes. Les comédiens évoluent aussi bien sur scène que parmi les spectateurs attablés. Nous entendrons des chansons, souvent très réputées, et des textes signés Vian moins connus, pour beaucoup sur le jazz ou la poésie.

On commence par un swing endiablé avec Ah ! Si j’avais un franc cinquante… et déjà le public est dans la poche. Le spectacle est rythmé. Chansons et textes s’enchaînent sans répit, portés par l’un ou l’autre des protagonistes.

Humour noir, potache et vache

J’suis snob et le Blouse du dentiste permettent à Vincent Poirier d’affirmer un beau talent de comédien, ce qu’on savait, mais aussi de chanteur. Fais‑moi mal, Johnny ! semble avoir été écrit sur mesure pour Sarah Auvray, comédienne haute en couleur et chanteuse agréable à entendre. L’interprétation très expressionniste de Je bois le confirmera.

Arthur… où t’as mis le corps ?, interprété à trois voix, mêlant texte et chant, est sans doute le clou du spectacle ! Nicolas Rivals dont la voix parlée aurait souvent gagné à être soutenue y trouve un rôle à sa mesure.

On n’échappera pas, évidemment, à l’antimilitarisme militant de Vian. Superbe les Joyeux Bouchers dont la fin surprend cependant en gommant complètement l’allusion à la Légion étrangère. La Java des bombes atomiques nous rappelle de surcroît les penchants anarchistes de l’auteur. La trompette d’Airelle Besson est ici dans le registre de la voix chantée où elle excelle. La Java des chaussettes à clous de même qu’On n’est pas là pour se faire engueuler (réjouissante Marseillaise délibérément fausse en introduction à la trompette) nous plongent au beau milieu de cette expression de la gouaille populaire de Vian, indissociable de son humour noir, potache et vache à la fois.

Les textes non chantés auraient parfois gagné à être proférés avec un peu plus de force. On fera une exception pour le très beau Je voudrais pas crever (particulièrement émouvant quand on connaît la fin de Vian) dit avec le seul support de la trompette. Airelle y évolue entre souffle et sifflement ténus et finit par un accompagnement qu’on qualifiera de mezzo voce. Une grande douceur face à la violence du texte.

Les comédiens-chanteurs ont eu le privilège d’être accompagnés, le terme n’est pas exact, car les instruments étaient également des personnages, par un solide quartette. On y distinguera évidemment Airelle Besson, pour son jeu d’une parfaite justesse, mais aussi pour la pertinence de ses ponctuations parfois ironiques ou du moins décalées. Boris Vian ! Un cabaret ne révolutionne pas l’interprétation de l’auteur-compositeur, mais c’est plus qu’une simple distraction qui serait au demeurant fort plaisante. 

Jean-François Picaut


Boris Vian ! Un cabaret, d’après Boris Vian

Cie Dodeka

Photo : © Jean‑François Picaut

Jazz sous les pommiers 2016, à Coutances (Manche)

35e édition

Du 30 avril au 7 mai 2016

Contact public : Jazz sous les pommiers • les Unelles • B.P. 524 • 50205 Coutances cedex

Tél. 02 33 76 78 50 | télécopie 02 33 45 48 36

Site : http://www.jazzsouslespommiers.com

Courriel : jslp@jazzsouslespommiers.com

Billetterie : 02 33 76 78 68 (du lundi au samedi, et tous les jours pendant le festival)

Mathilde Alluin © D.R.

Entretien avec Mathilde Alluin, attachée de production de Jazz sous les pommiers 35e édition

Le festival s’autofinance à plus de 50 %

Par Jean-François Picaut
Les Trois Coups

Jazz sous les pommiers célèbre cette année son 35e anniversaire, la force de l’âge. Pour l’occasion, « les Trois Coups » ont voulu interroger une personne qui n’était pas née lors de la première édition.

Mathilde Alluin, il y a quelques années, vous avez rejoint l’équipe de Jazz sous les pommiers. Quel rôle y tenez-vous ?

Je suis attachée de production et travaille toute l’année pour le festival. J’assiste le directeur, Denis Lebas, pour la programmation, et nous sommes aidés par une dizaine de bénévoles, avec qui nous formons un comité de programmation. C’est ce qui donne toute la richesse de notre proposition. Je suis également en charge de la coordination des bénévoles, sur le festival mais aussi toute l’année, pour le comité des bénévoles qui travaillent quasi quotidiennement à nos côtés. Je m’occupe également des musiciens amateurs et de l’espace de prévention sur le festival. Il m’incombe aussi d’accompagner les musiciens de jazz régionaux par différents moyens toute l’année.

Avant de travailler pour Jazz sous les pommiers, aimiez-vous le jazz, connaissiez-vous le festival et quelle image en aviez-vous ?

Avant, je n’écoutais pas beaucoup de jazz, mais j’ai toujours été passionnée de musique et avec un esprit très ouvert à tous les styles. Aujourd’hui, j’en écoute tous les jours, pour le travail et pour le plaisir ! Je suis originaire de la Manche donc je connaissais le festival, qui existait déjà avant ma naissance ! Je ne m’y rendais pas chaque année, mais c’est vraiment un évènement incontournable dans la région.

Cette année, des festivités exceptionnelles ont-elles été prévues pour marquer la 35e édition du festival ?

Nous avons fait le choix de ne pas fêter cet anniversaire et de nous concentrer plutôt sur les dizaines ! Mais il y aura tout de même des moments exceptionnels durant cette édition, comme un focus sur la Corée et la présence exceptionnelle de la chanteuse Yun Sun Nah. Je pense aussi à la parade à vélo « Roulez sous les pommiers », en clin d’œil au Tour de France qui se terminera par une déambulation mettant à l’honneur La Nouvelle-Orléans avec le groupe Red Line Crossers.

Dans la programmation, avez-vous un ou des coups de cœur ?

Oui, cette année j’en ai plusieurs, que j’ai déjà vus en concert pour la plupart, car malheureusement nous n’avons pas beaucoup le temps de voir des concerts pendant le festival. Je pense à Eric Bibb et Habib Koité, Christian Scott, David Sanborn Electric Band, Taj Mahal, le duo Ferlet / Cochard, Vincent Peirani Quintette… De grands noms mais aussi des découvertes !

Indépendamment de vos goûts personnels, quels sont pour vous les temps forts de cette édition ?

La liste pourrait être plus longue, mais je vais en citer quelques-uns, en plus de tous les projets déjà énoncés. Il y a bien sûr Dee Dee Bridgewater avec Irvin Mayfield & The New Orleans 7 ainsi que le Megapulse Orchestra, un projet regroupant plus de soixante amateurs et professionnels de la Manche, de l’Orne, de la Sarthe, du Calvados et de l’Ille-et-Vilaine. Je citerai aussi la création Brotherhood Heritage et enfin la soirée exceptionnelle « 1, 2, 3, piano » avec Thomas Enhco Solo, Bojan Z & Julien Lourau avec le René Urtreger Trio.

De nombreux festivals ont disparu ou sont en train de disparaître, beaucoup d’autres ne cachent pas leurs difficultés. Quel est le secret de la longévité de Jazz sous les pommiers ?

Une partie de la pérennité et du maintien face aux difficultés peut être justifiée par le fait que le festival s’autofinance à plus de 50 %. Et la clé de la réussite provient aussi d’un savant mélange entre, d’un côté des têtes d’affiche, et de l’autre un grand volet de découvertes et de créations (qui font la spécificité du festival), comme d’un budget artistique bien maîtrisé.

Merci, Mathilde Alluin et à bientôt sous les pommiers ou plus précisément dans tous les lieux où résonnera Jazz sous les pommiers, 35e édition.

Propos recueillis par
Jean-François Picaut


Jazz sous les pommiers 2016, à Coutances (Manche)

35e édition

Du 30 avril au 7 mai 2016

Jazz sous les pommiers • les Unelles • B.P. 524 • 50205 Coutances cedex

Tél. 02 33 76 78 50 | télécopie 02 33 45 48 36

Site : http://www.jazzsouslespommiers.com

Courriel : jslp@jazzsouslespommiers.com

Billetterie : 02 33 76 78 68 (du lundi au samedi, et tous les jours pendant le festival)

Photo de Mathilde Alluin : © D. R.