« Congés payés », Jean-Baptiste Maillet et Romain Bermond, Festival Des(Illusions) à Paris

« Congés payés » de et avec Jean-Baptiste Maillet et Romain Bermond © Jean-Marc Besenval « Congés payés » de et avec Jean-Baptiste Maillet et Romain Bermond © Jean-Marc Besenval

Machine à remonter le bon temps 

Par Laura Plas
Les Trois Coups

Avec « Congés Payés », la compagnie STEREOPTIK nous embarque pour un voyage dans le temps plein de tendresse et de fraîcheur. Créant sans cesse la surprise, elle insuffle un air de vacances dans le Monfort.

Si Congés payés n’est pas la dernière création de STEREOPTIK, on aurait tort de la bouder car elle comporte tous les ingrédients d’un élixir de jouvence. On y remonte le temps jusque dans les années 70, voire jusqu’aux années 50, à moins que ce ne soit en cette année 1936 où les congés payés virent le jour. Surtout, on rit, on s’émeut et on sort ragaillardi.

Quels sont les ingrédients de cette délicieuse et très courte cure ? Mettons d’abord une dose de nostalgie, que fait naître la projection de films de vacances amateurs. On y découvre, par exemple, la joie de moments en famille ou la naïve forfanterie de ceux qui se savent filmés. Ce sont des moments d’autant plus précieux qu’ils étaient voués à l’oubli par leur caractère anodin et intime.

« Congés payés » de et avec Jean-Baptiste Maillet et Romain Bermond © Jean-Marc Besenval
« Congés payés » de et avec Jean-Baptiste Maillet et Romain Bermond © Jean-Marc Besenval

Elle swingue, mamie !

Incorporons une bonne dose d’humour liée à la manipulation à vue de ces images. De fait, les interventions de Jean-Baptiste Maillet et Romain Bermond ajoutent couleurs et commentaires malicieux, et esquissent une petite d’histoire simple et sans parole. Cette narration nous conduit d’une sortie d’usine en noir et blanc qui fait penser aux films des frères Lumières, aux bords de mer et aux dancings de la grande ville.

On vit ainsi une journée radieuse et on guinche à en perdre le souffle. Car l’image d’archive s’anime sans cesse, se métamorphose et se met à swinguer. Les manipulateurs sont des magiciens, dont on suit comme un film à suspense les actions ingénieuses. Grâce à eux, le passé n’est pas mort ; il a, au contraire, le rythme dans la peau.

C’est qu’à leur talent de plasticiens, Jean-Baptiste Maillet et Romain Bermond associent celui de musiciens. Ils pensent, en effet, leurs interventions en rythme et créent des ambiances sans illustrer le propos. C’est pourquoi, des musiques anachroniques racontent la joie frénétique de la libération des corps. C’est ça aussi la plage, avec ses corps en maillots de bain et ses amourettes.

D’ailleurs, le montage du spectacle mêle généralement les époques, comme pour nous montrer l’impact des congés payés sur tout le siècle. En définitive, les maillots changent, mais la joie d’avoir du temps pour soi, pour les siens, pour le soleil et l’amour est identique. À l’heure où certains s’attaquent à coups de boutoir aux lentes conquêtes sociales des siècles passés, et où la grisaille guette, Congés Payés offre donc un antidote charmant pour les petits et pour les grands ! 

Laura Plas


Congés payés, de Jean-Baptiste Maillet et Romain Bermond

STEREOPTIK

Mise en scène : Jean-Baptiste Maillet et Romain Bermond

Avec : Jean-Baptiste Maillet et Romain Bermond

Durée : 30 minutes

À partir de 6 ans

Photo : © Jean-Marc Besenval

Espace chapiteau du Théâtre Monfort • Parc Georges Brassens, 106, rue Brancion • 75015 Paris

Site du théâtre

Dans le cadre du festival (Des)Illusions

Du 22 au 25 mars 2018, le jeudi 22 et le vendredi 23 mars à 19 heures, le samedi 24 mars à 16 heures, et le dimanches 25 mars à 15 heures

De 8 € à 18 €

Réservations : 01 56 08 33 88


À découvrir sur Les Trois Coups :

Magnétic, de Jérôme Thomas, le 104, à Paris, par Laura Plas

Festival Des(Illusions) 2018, Théâtre Monfort, Léna Martinelli