La Comédie-Française ouvrira la 70e édition du Festival d’Avignon avec la création de « les Damnés » d’après le film de Luchino Visconti dans une mise en scène d’Ivo van Hove

Festival d’Avignon 2015

Communiqué

Annonce
Les Trois Coups

La Comédie-Française retrouve la cour d’honneur du palais des Papes à l’occasion de la 70e édition du Festival d’Avignon dont elle assurera l’ouverture avec une proposition résolument contemporaine : l’adaptation du film de Luchino Visconti, les Damnés, sorti sur les écrans en 1969.

Cette création marquera la première collaboration de la Comédie-Française avec le metteur en scène belge Ivo van Hove. Il fera ainsi ses débuts à la cour d’honneur après ses deux précédentes venues au Festival d’Avignon, en 2008 pour Tragédies romaines et en 2014 pour The Fountainhead.

La dernière présentation de la Comédie-Française à la cour d’honneur date de 1993 où elle avait donné Dom Juan de Molière dans une mise en scène de Jacques Lassalle.

Les Damnés ouvriront également la saison 2016-2017 de la Comédie-Française, salle Richelieu.

« Nous sommes heureux que l’ouverture de la 70e édition soit un manifeste, exemplaire, festif, à l’image de la vitalité du Festival d’Avignon. L’exceptionnel metteur en scène européen Ivo van Hove, qui rencontra un immense succès avec The Fountainhead lors de la précédente édition, entrera pour la première fois à la Cour. Il servira un grand récit, les Damnés, et dirigera une des plus belles troupes de comédiens, celle de la Comédie-Française. »

Olivier Py

« Les Damnés d’après Visconti, mis en scène par Ivo van Hove avec la troupe de la Comédie-Française à la cour d’honneur du palais des Papes… voilà qui répond à plusieurs de mes rêves de début de mandat et à un grand nombre de mes attentes.

« C’est, d’abord, le retour à Avignon de la maison de Molière après un quart de siècle d’absence. Absence d’un festival qui, aux yeux de tous, est le laboratoire du théâtre, de ce qui se fait de mieux ou, du moins, la plus généreuse présentation de ce qui existe. Absence à laquelle Olivier Py vient de mettre un terme en acceptant ma proposition et en donnant ainsi la chance à notre maison de se confronter à nouveau à ce lieu mythique, de participer au rêve vilarien d’un théâtre populaire et ambitieux, inscrit dans le présent. Je tiens à l’en remercier chaleureusement.

« La Comédie-Française n’est pas un théâtre insulaire et lointain qui n’aurait pas maille à partager avec d’autres institutions ou d’autres troupes ni soif de découvertes et d’évaluation. La troupe a un besoin constitutif d’aventures fondatrices et singulières pour progresser. Ses comédiens aspirent à se nourrir au contact de grands metteurs en scène, de grands directeurs d’acteurs, capables de bouleverser leurs habitudes et d’ouvrir leurs horizons. Ivo van Hove est l’un d’eux. Artiste incroyablement prolixe et singulier, chacun de ses spectacles révèle une profondeur d’analyse remarquable, sa radicalité, fruit d’une lecture extraordinairement fine s’opposant à toute posture. J’aime à penser qu’il sera le premier d’une longue série.

« Visconti choisit cette période troublée de la montée du nazisme et de la déliquescence politique qui l’a favorisée pour réaliser son film le plus shakespearien. Le théâtre a ce pouvoir de rendre notre mémoire active : rien ne dit que notre époque ne l’aurait pas intéressé pour des raisons presque similaires. Cette histoire de haine familiale sur fond de pouvoir qui tient à la tragédie antique a de quoi s’inscrire dans le minéral de la cour d’honneur, mais aussi dans les ors de la salle Richelieu. Quelle gageure pour un metteur en scène et pour un scénographe de passer de l’un à l’autre !

« Je suis très fier qu’Ivo van Hove soit à la baguette de ce grand projet qui réunit à nouveau le Festival d’Avignon et la Comédie-Française. »

Éric Ruf

« Seuls quelques théâtres ont une notoriété mondiale. La Comédie-Française est l’un d’eux. Qu’on me sollicite aujourd’hui pour mettre en scène cette merveilleuse troupe est comme un rêve d’enfant qui se réalise.

« Seuls quelques festivals ont une notoriété mondiale. Le Festival d’Avignon est l’un d’eux. J’y ai déjà été invité à deux reprises pour présenter mon travail avec le Toneelgroep d’Amsterdam. À chaque fois, cela a été une expérience heureuse. C’est un lieu où le théâtre est le centre de la société. Je suis très heureux de me frotter cette fois à la cour d’honneur. C’est un immense défi artistique, à tous les niveaux.

« Pour cet ambitieux projet j’ai choisi les Damnés de Luchino Visconti. On y narre l’histoire de l’alliance venimeuse entre des hommes politiques au plus niveau de l’État et une famille régnant sur la toute-puissante industrie sidérurgique. Le réalisateur situe l’action à un moment charnière de l’histoire européenne : la montée du fascisme en Allemagne. Je pense que l’observation attentive de ces mécanismes nous donne des clés pour aborder les grands sujets de notre temps. À travers les grandes scènes somptueuses du film, Visconti nous plonge dans les abysses du comportement humain et montre la facilité avec laquelle cette famille, par unique appât du gain, pactise avec un régime d’extrême droite.

« Grandeur et décadence d’une famille aussi cupide qu’influente et d’un système politique immoral.

« Ou bien s’agit-il avant tout d’une histoire qui nous pousse à réfléchir au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui ? »

Ivo van Hove

Distribution (en cours)

  • Sylvia Bergé – la Gouvernante
  • Éric Génovèse – Aschenbach
  • Denis Podalydès – Konstantin von Essenbeck
  • Guillaume Gallienne – Friedrich Bruckmann
  • Elsa Lepoivre – Sophie von Essenbeck
  • Loïc Corbery – Herbert Thalman
  • Clément Hervieu-Léger – Günther von Essenbeck
  • Adeline d’Hermy – Elisabeth Thalman
  • Jennifer Decker – Olga
  • Didier Sandre – Joachim von Essenbeck
  • Christophe Montenez – Martin von Essenbeck

Grant Thornton, groupe leader d’audit et de conseil en France et dans le monde et mécène historique de la Comédie-Française, soutient la création du spectacle.

Les Trois Coups