« Utopia‐Lettres aux acteurs » de Krystian Lupa, a paru chez Actes Sud

« Utopia‑Lettres
aux acteurs »
de Krystian Lupa

Les Trois Coups

Traduction d’Érik Veaux

Collection : « Le Temps du théâtre »

Format : 11,5 × 21,7 cm

176 pages

18 €

Parution en librairie le 14 septembre 2016

Utopia donne à lire et à comprendre les choix du metteur en scène polonais Krystian Lupa. Ses mises en scène ont apporté une nouvelle appréhension de l’espace, de la direction d’acteurs et une rythmique du temps théâtral différente. Il transmet dans cet essai, composé d’extraits de son journal, les éléments constitutifs de son travail et de sa pensée. Il explicite notamment la notion d’« installation secrète » de l’acteur, de « bonheur créatif » et de « paysage intérieur ». Lupa, pour qui le théâtre est un « laboratoire des expressions humaines », revient sur sa relation avec les comédiens et sur leurs difficultés, parfois, à saisir totalement le désir du personnage. Il met également en lumière l’un de ses axes de travail : l’impératif de construire un lien physiologique, physique et psychique plus fort avec le spectateur.

Krystian Lupa est né en Pologne en 1943, il s’impose à la fois comme concepteur d’adaptations, plasticien et directeur d’acteurs – connu pour son long travail préparatoire avec les comédiens sur la construction des personnages. De nombreux prix ont distingué ses créations, tels que le prix Europe pour le théâtre en 2009. Il se produit dans le monde entier. En France, il s’est fait connaître grâce à des spectacles majeurs tels que les Somnambules (1990) d’après Hermann Broch, les Frères Karamazov (2000) d’après Fiodor Dostoïevski, le Maître et Marguerite (2003) d’après Mikhaïl Boulgakov, Factory 2 (2008), Perturbation, d’après le roman de Thomas Bernhard et Des arbres à abattre (2015) d’après Thomas Bernhard.

Il enseigne depuis 1983 le jeu et la mise en scène à l’École nationale supérieure de théâtre Ludwik‑Solski de Cracovie.

Actes Sud a publié en 2004 Krystian Lupa, entretiens réalisés par Jean‑Pierre Thibaudat, coll. « Mettre en scène ».

Disponible en version numérique.

Utopia-Lettres aux acteurs

Actualité :

  • Rencontre avec Krystian Lupa, le 3 décembre à 14 heures : « Krystian Lupa et le bonheur créatif » à l’Odéon-Théâtre de l’Europe.
  • Krystian Lupa est l’invité du Festival d’automne à Paris :
  • Des arbres à abattre de Thomas Bernhard, Odéon-Théâtre de l’Europe du 30/11 au 11/12
  • Place des héros de Thomas Bernhard, la Colline du 9 au 15/12
  • Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard : Théâtre des Abbesses du 13 au 18/12

La démocratie ne nous protège pas des démons des médiocres, de ce marché monopolisé par des roublards qui exploitent la peur des médiocres, le ressentiment, la haine, la frustration, qui s’appelle le génie politique.

En écho aux inquiétudes suscitées par la nomination d’un nouveau directeur au Théâtre Polski de Wroclaw : à lire un extrait du Monologue de Spirala (en annexe du livre) dans lequel Krystian Lupa s’exprime plus ouvertement et directement que jamais. Il s’interroge sur la place et le rôle de l’artiste, lorsque la réalité semble anéantir la force d’affirmation créatrice de l’art et la repousser vers le néant. Il y parle de la liberté, de la démocratie, de l’expression artistique en des temps de repli sur soi et de retour des nationalismes. C’est de la situation polonaise qu’il est ouvertement question, mais, plus généralement encore, de l’humanisme face aux obscurantismes. Lupa s’interroge sur sa place dans son pays, mais aussi sur celle de l’artiste et son rôle dans une société soumise à ces changements : est-il amené à « exister autrement » ?

« Nous nous sentons trahis… La démocratie ne nous protège pas des démons des médiocres, de ce marché monopolisé par des roublards qui exploitent la peur des médiocres, le ressentiment, la haine, la frustration, qui s’appelle le génie politique.

« Alors qu’il n’y a même pas eu 10 % d’électeurs pour voter pour un progrès humaniste ?

« Il faut exprimer cette peur. C’est la prescription de Thomas Bernhard ! Nous en sommes aujourd’hui à ce stade.

« Thomas Bernhard l’a appelé nazisme.

« C’est la majorité, cette majorité décisive qui permet à ceux qui véhiculent le ressentiment d’accéder au pouvoir, ceux qui, quelles que soient leurs déclarations, seront les exécutants d’une pensée étroite, d’une voie égotiste et immature, les ennemis du progrès humain cachés sous le manteau de Dieu. »

(Traduction : Agnieszka Zgieb)


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