« Voices », de Véronic DiCaire, Grand Rex à Paris

Voices © D.R.

Divine

Par Léna Martinelli
Les Trois Coups

Dans « Voices », Véronic DiCaire rend hommage aux plus grandes divas de la pop, d’hier à d’aujourd’hui. Et le public est conquis. Il faut dire qu’imitatrice hors pair, femme délicieuse, la chanteuse est bluffante.

L’artiste québécoise affiche complet au Grand Rex pour le coup d’envoi de sa troisième tournée en France, Voices, adapté du show qu’elle a créé à Las Vegas. Une cinquantaine de dates qui la mènera un peu partout en France, jusqu’en juin prochain, avec un retour à Paris, pour cinq dates supplémentaires en avril. Véronic DiCaire fait un tabac. Mais comment fait-elle pour avoir tant de talent ?

Lorsqu’elle a débarqué à Paris en 2010 pour donner quelques représentations au Théâtre de la Gaîté-Montparnasse, elle était loin d’imaginer qu’à peine un an plus tard, elle foulerait les planches du mythique Olympia. Depuis, elle s’y est produite 15 fois. Entre-temps, il y a aussi eu la Cigale, le Casino de Paris et de nombreuses grandes salles dans toute la France. Elle est également très présente sur le petit écran. La populaire émission X Factor, dont elle a été membre du jury en 2012, et sa participation, cet automne, à l’émission française Danse avec les stars ont contribué à faire connaître Véronic DiCaire du grand public français. Elle est désormais invitée sur tous les plateaux de télévision et les différents projets s’enchaînent. Le dernier en date : la troupe des Enfoirés qu’elle vient tout juste de rejoindre et avec laquelle elle se produira à Bercy du 20 au 25 janvier. Une carrière très bien menée, par conséquent, des deux côtés de l’Atlantique.

Elle n’a pas pour autant la grosse tête, Véronic DiCaire. Mais de quelle planète vient-elle ? D’une rare modestie, elle explique simplement que c’est le résultat d’un travail acharné. Pas de miracle, donc, dans ce succès fulgurant. Par exemple, pour trouver l’essence de la voix de Barbra Streisand – et non la caricaturer –, il lui a fallu s’entraîner sans relâche. Si la jeune femme a également fait les bonnes rencontres au bon moment, il n’empêche que le don de celle que l’on nomme dans son village natal, « la Femme aux mille voix », est extraordinaire.

Show devant

Pour cette tournée française, Véronic DiCaire est accompagnée, sur scène, de quatre danseuses et autant de musiciens, ses « beaux bûcherons canadiens », comme elle les appelle affectueusement. Cela donne un spectacle total, avec des images projetées sur un écran géant et des scènes qui s’enchaînent comme dans les shows à l’américaine, avec effets de lumière en veux-tu en voilà, des confettis et tout le tintouin. La mise en scène, bien ficelée, la valorise remarquablement. On n’a d’yeux que pour elle, assurément. Elle est talentueuse, elle est belle, elle est rayonnante. Elle irradie de sa présence. Et pourtant, elle est presque étonnée de l’ovation que le public lui fait.

En à peine deux heures top chrono, Véronic DiCaire nous offre quand même le privilège de réunir les plus grandes voix du monde. Elle passe de l’une à l’autre avec une facilité déconcertante. Un geste, une mimique, une intonation et on reconnaît aussitôt la star en question dans des medleys [« pots-pourris »] très bien conçus, car il y en a pour tous les goûts. La séquence de télé-crochet où concourent Lady Gaga, Pink et Madonna est un clin d’œil bien vu. Ses « imitations pour les nuls » où elle donne au public quelques astuces pour reproduire certaines voix, comme le grognement de Christina Aguilera, est cocasse. La scène avec la sœur de Julien Clerc est savoureuse. Il y a aussi des voix de chanteuses françaises qu’elle imite à la perfection, autant dans la gestuelle que le timbre de la voix : Mireille Mathieu, Dalida, Vanessa Paradis ou encore Louane. Il y a en a tant ! Elle peut imiter jusqu’à cent voix, des plus graves aux plus aiguës, des plus rock aux plus jazzy, des plus douces aux plus tonitruantes. Bien sûr, on aime sa parodie de Céline Dion, sa « marraine », mais le clou est Adèle ou Whitney Houston qui exigent, l’une comme l’autre, des techniques très poussées. C’est vraiment un phénomène vocal sans équivalent.

Véronic DiCaire est impressionnante sur tous les plans. Et tellement généreuse ! « Une star, ça sait aussi se faire respecter ! », clame-t-elle, entonnant Aretha Franklin avec une de ces classes ! « Une star, ça sait bouger et ça a de belles jambes ! ». Comme elle, finalement, car Véronic DiCaire ne manque aucune occasion de montrer ses talents de danseuse, surpassant parfois ses modèles ou ses danseuses qui font presque pâle figure à côté d’elle. Elle a la grâce d’une déesse.

Quelle énergie ! Véronic DiCaire offre deux heures très rythmées et divertissantes. Conçu comme un hommage, ce spectacle est moins irrévérencieux que le premier. Ici, un clin d’œil à une liftée ; là, un pied de nez, mais toujours avec délicatesse. À la fois drôle et touchante, elle peut aussi bien faire rire de ses pitreries que susciter l’émotion, avec des images fortes, comme celle d’Édith Piaf : « Une diva ça chante jusqu’au bout ! », aime-t-elle à rappeler. Elle est décidément divine, Véronic DiCaire. 

Léna Martinelli


Voices, de Véronic DiCaire

Site : http://www.veronicdicaire.com

https://www.youtube.com/user/DiCaireVeronic

Mise en scène : Josée Fortier

Photo : © D.R.

Grand Rex • 1, boulevard Poissonnière • 75002 Paris

Site : http://www.legrandrex.com

Réservations : 01 42 64 49 40

Du 5 au 7 janvier 2016 à 20 h 30

Durée : 1 h 40

78 € | 55 € | 38 €

Tournée :

Dans toute la France et en Belgique : tous les détails sur http://www.veronicdicaire.com/tournee