Appel à résistance et rassemblement le 4 avril, Théâtre de la Colline à Paris

Communiqué de presse de la C.I.P.-Île‑de‑France

Annonce
Les Trois Coups

Chers amis,

Je n’ai pas l’habitude de prédire la suppression de l’intermittence mais je peux vous assurer que si nous ne réagissons pas, c’est de fait ce qui arrivera. Ce qui s’est passé le jeudi 24 mars est l’attaque la plus grave portée à ce régime spécifique d’indemnisation chômage depuis bien longtemps. Ce qui est demandé par le Medef et la C.F.D.T. est bien pire que la convention 2014 et son différé d’indemnisation qui avait mis le feu aux poudres.

Rappel des faits :

Suite à la convention 2014, Valls prend en charge le différé d’indemnisations des intermittents pour une somme de 80 millions d’euros et en annule les conséquences. Autrement dit, grâce à la forte mobilisation de 2014, aucun intermittent n’a subi cette mesure injuste. Depuis, il a été décidé une mesure dont le but principal a été d’éteindre un mouvement social et surtout de faire la part belle à la communication du gouvernement à savoir :

– Inscrire dans la loi Rebsamen la pérennisation des annexes 8 et 10 ainsi qu’une négociation des futurs accords par les syndicats du secteur

Suite à cela, Manuel Valls a pu communiquer sur le thème : les intermittents sont sauvés, les socialistes aiment la culture. Et tout le monde l’a cru, sauf nous.

Pour rappel, nous avons dit depuis le début (reprenez toutes mes publications) :

– Attention, tout ceci est bidon, et cette loi est de la pure communication. Seul le titre « annexes 8 et 10 » est « sauvé » mais pas le contenu. Ainsi, on pourrait demander aux intermittents de faire 800 heures en 10 mois pour ouvrir des droits et ce serait compatible avec la loi.

– Les accords négociés par les syndicats du secteur pourront facilement être torpillés pour la raison suivante : c’est le Medef et son partenaire la C.F.D.T. qui fixent le budget ! Autrement dit, le Medef pourra faire pire qu’en 2014 : supprimer les annexes 8 et 10 sans le dire.

Intermittents

Eh bien, tout ce que nous avions prévu est arrivé. Le Medef a rendu sa feuille de cadrage, elle a été acceptée par la C.F.D.T. et la C.F.T.C. Que dit ce document ?

Les intermittents devront faire 185 millions d’euros d’économies par an pour la convention signée avant juillet et, à l’horizon 2020, 400 millions d’euros d’économies par an ! Rendez-vous compte : ces économies sont bien supérieures au différé d’indemnisation scandaleux de 2014.

Pour rappel encore, Manuel Valls pavanait dans les rues d’Avignon l’été dernier en affirmant (source AFP) : « Aucune nouvelle économie ne sera demandée aux intermittents, ils ne doivent pas servir de variable d’ajustement ».

Nous avons tant bien que mal essayé de repousser le pire depuis treize ans grâce à une forte mobilisation dans les moments critiques. La situation n’a jamais été aussi grave.

J’appelle tous les concernés à se réunir partout au plus vite et à venir très nombreux aux A.G. d’information. Nous devons nous organiser pour cela et diffuser le plus largement les lieux et dates des futurs rendez-vous. Votre présence est essentielle. Nous devons lutter par tous les moyens possibles pour éviter une disparition programmée. Nous avons fait des propositions, participé aux tables des négociations, averti des dangers de la loi Rebsamen, annoncé à l’avance ce qui allait se passer. On nous a menti, on nous a répondu avec une morgue infinie, et maintenant on veut nous faire disparaître en silence.

Ne les laissons pas faire.

Samuel Churin


http://www.cip-idf.org/