Inauguration du Théâtre du Parc, à l’initiative du Théâtre Dunois, Parc Floral à Paris

Théâtre-du-parc

Scènes côté jardin 

Par Laura Plas
Les Trois Coups

Du 30 juin au 3 juillet, Le théâtre du Parc ouvrait ses portes : une inauguration plurielle, participative et créative innervée par un fructueux dialogue avec les merveilles du Parc Floral et la sagesse d’un illustre jardinier : Gilles Clément.

Neuf heures du matin. Paris doucement s’est éveillé. Les allées du Parc Floral bruissent de vie ; un paon passe, flâneur, à un mètre du promeneur. Suivant les panneaux de bois qui indiquent la direction du théâtre du Parc, ce dernier découvre mille et une merveilles : des plantes aux senteurs fraîches, des cascades de couleurs végétales : spectacle avant tout spectacle.

C’est bien ce qu’ont compris les nouveaux hôtes du théâtre : l’équipe du théâtre Dunois, dirigée par Christophe Laluque : le théâtre du Parc est ainsi non seulement niché au creux du jardin mais ouvert à deux battants à sa vie. Même, des portes du bâtiment sortent des branches, comme si le théâtre s’était fait arbre pour mieux s’enraciner. Le parc n’est donc pas ici un simple décor, mais le terreau qui fait germer un théâtre pour le jeune public : écologique et citoyen. On ne s’étonnera alors pas de constater que la figure tutélaire de la journée est celle de Gilles Clément et que le Théâtre du parc se présente, selon les termes de ce jardinier philosophe, comme une « scène pour un jardin planétaire ».

L’esprit des lieux 

Ainsi, au détour d’un bosquet, on assiste, par exemple, à la malicieuse intervention que la compagnie AMK a concoctée à partir de la conférence éponyme du penseur : le Dindon et le dodo. Un peu plus loin, allongé sur des nattes et des coussins, on sera bercé par la fine installation sonore du collectif I am a bird now qui mêle délicatement voix humaine et sons de la nature. On suivra alors le fil de l’album conçu à quatre mains par Gilles Clément et Vincent Gravé : Un jardin pour demain.

Les formes proposées sont plurielles car Christophe Laluque a souhaité que le théâtre soit un lieu d’expérimentations et de brassages pour différentes compagnies et collectifs : AMK, I am a bird now mais aussi L’Amin Théâtre, compagnies Lunatic, Porte Voix, La Chevauchée, et Les Demains qui Chantent.

De fait, si un jardin foisonne de sa diversité, il ne peut en être différemment du spectacle que l’on qualifie tout aussi bien de « vivant ». Parallèlement, il ne s’agit pas de produire du spectacle, mais d’offrir aux artistes le temps de créer vraiment, de collaborer, et d’inventer, comme le fait le jardinier au fil des saisons. On sème pour demain, pour les lendemains d’enfants qui seront à leur tour jardiniers de notre terre et sauront peut-être mieux l’écouter. Festival des sens avec chants, danses, spectacles, installations de land art, performance… L’inauguration les met en tout cas en éveil. Quel plus beau prélude au métier de spectateur / jardinier pourrait-on imaginer ?

Autre scène que celle du triste anthropocène, le théâtre du Parc propose aux petits d’hommes de ne pas déformer le monde à leur image, mais de s’y glisser, sans peser : « Faire le plus possible avec, le moins possible contre » pour reprendre une formule de Gilles Clément. Belle perspective ! Vertigineuse aventure. 

Laura Plas


Journée d’inauguration du Théâtre du ParcScène pour un jardin planétaire, un évènement organisé par le Théâtre Dunois

Avec les collectifs et compagnies : AMK, I am a bird now, Amin Théâtre, Lunatic, Porte Voix, La Chevauchée, et Les Demains qui Chantent.

Sous le parrainage de : Gilles Clément

Sous la direction de Christophe Laluque

Avec le soutien de la Ville de Paris

Théâtre du Parc • Parc Floral, route de la Pyramide • 75012 Paris

Le samedi 3 juillet 2021 de 10 heures à 19 heures

Entrée libre sur réservation

Site du Théâtre Dunois

À découvrir sur Les Trois Coups :

☛ Fileuse et De ses mains, de la cie Lunatic, par Léna Martinelli

☛ Lullaby, par la compagnie Winterreise, Théâtre Dunois, à Paris, par Salomé Baumgartner

☛ Mirad, un enfant de Bosnie, d’Ad de Bont, au Théâtre Dunois, à Paris, par Laura Plas