« les Contes à croquer », de Laure Joly, Esylla Rahmani et Marine Fillioud, Aktéon Théâtre à Paris

les Contes à croquer © D.R.

Des contes qui donnent faim !

Par Anne Cassou-Noguès
Les Trois Coups

« Les Contes à croquer » sont un spectacle de contes, comme leur nom l’indique. Ce sont donc trois conteuses, plus que trois comédiennes, qui viennent nous raconter des histoires, qui d’une façon ou d’une autre mettent en scène la nourriture.

Tour à tour, elles évoquent un bonhomme en pain d’épice, Hansel et Gretel ou encore un lièvre bien malin qui charge un rhinocéros et un éléphant d’entretenir son champ à sa place… Les récits qui se succèdent émanent d’horizons très singuliers. Ils font référence à des cultures et à des traditions diverses. Ils invitent les enfants à s’ouvrir à des mondes différents du leur. De plus, les uns sont inconnus, les autres sont au contraire familiers. Mais les conteuses jouent avec les narrations dont les enfants croient être instruits en en proposant des versions inédites. Ainsi, l’histoire du bonhomme de pain d’épice, qui suscite des cris de reconnaissance du jeune public, n’a rien à voir avec le récit bien connu d’un individu pressé qui finit dans la gueule d’un subtil renard. Son héroïne, intelligente, courageuse et perspicace, est une jeune femme qui fabrique des bonshommes en pain d’épice pour nourrir son ogre de mari qui, sinon, la croquerait, elle ! Les enfants, intrigués, prêtent une oreille attentive à ces aventures qu’ils croient connaître mais qui les surprennent. Les conteuses parviennent ainsi à subjuguer un public qui profite pourtant de la moindre occasion pour se dissiper.

Les trois conteuses occupent le petit plateau de l’Aktéon, couvert de tapis et de tentures colorées. Elles commencent assises pour raconter à plusieurs voix des histoires. Pourtant, ce dispositif vole rapidement en éclats. L’une se lève pour mimer une situation, une autre vient scruter le public, et, très vite finalement, elles en arrivent à s’emparer de la salle comme de la scène. Malgré l’exiguïté des lieux, elles vont et viennent au milieu des spectateurs, se cachant parmi les enfants, en ramenant quelques-uns sur le plateau avec elles… Dès lors s’instaure une très grande proximité des conteuses avec l’assistance. Cela contribue à captiver les plus jeunes.

La voix principal outil de transmission

On pourrait reprocher au spectacle de ne pas proposer une approche plus sensuelle de la nourriture. On se prend parfois à rêver de voir, de sentir (?) ces aliments si bien évoqués. Mais ce serait méconnaître la nature même de l’activité de la compagnie La Rose des sables qui choisit ici de travailler sur le conte et de faire de la voix le principal outil de transmission. C’est précisément cela que l’on apprécie, car cela se fait rare, tant nos enfants sont habitués aux images spectaculaires que leur offrent le cinéma et la télévision.

Pour la première à l’Aktéon, la salle était pleine, pleine à craquer d’enfants, venus en famille ou avec leur centre de loisirs. On aurait pu craindre le pire. Comment trois comédiennes, quasiment sans décor, sans accessoires, sans effets de lumière, sans musique, allaient-elles forcer l’attention ? Elles le font avec brio grâce à leur voix, à leur dynamisme, et surtout à leurs récits enjoués. 

Anne Cassou-Noguès


les Contes à croquer

Création collective de et avec : Laure Joly, Esylla Rahmani et Marine Fillioud

Photo : © D.R.

Aktéon Théâtre • 11, rue du Général‑Blaise • 75011 Paris

Réservations : 01 43 38 74 62

Site du théâtre : http://www.akteon.fr/

Du 18 mai au 17 juillet les mercredi, samedi et dimanche à 14 h 30

Du 20 au 31 juillet, du mercredi au dimanche à 14 h 30

Durée : 50 min

Tarif adultes : 9 €

Tarif enfants : 8 €