« Tout compte fait », Pascal Mary en concert, Pittchoun Théâtre à Avignon

Pascal Mary © D.R.

Pascal Mary à tout prix

Par Céline Doukhan
Les Trois Coups

Fin, intelligent, piquant et drôle. Et émouvant, tant qu’à faire. Y a pas à dire, on ne peut qu’aimer le chanteur Pascal Mary.

On avait découvert Pascal Mary dans le Off en 2011 – et réciproquement, puisque c’était son premier « Avignon ». Seul au piano, il égrenait les chansons de ses deux premiers albums, Paraît qu’c’est joli la vie et Vivons d’un rien. Et on était conquis par ses textes sensibles, ses mélodies entraînantes ou délicates, la justesse de sa voix. Depuis, Pascal Mary revient chaque année dans la Cité des papes et se constitue un public de fidèles. Avec des variantes : il y a deux ans, le chanteur changeait de formule, accompagné de deux musiciens et s’adressant plus souvent et plus longuement au public. Toujours bien, quoiqu’un peu moins convaincant.

Mais voici le Mary cuvée 2014, de nouveau seul au piano et, surtout, avec dans ses bagages une ribambelle de nouvelles chansons, celles d’un nouvel album qui devrait paraître à l’automne, et pour lequel le public est invité à participer à une souscription. C’est que Pascal Mary a un « truc » avec l’auditoire, que d’autres artistes lui envieraient sûrement : une faculté de se mettre les spectateurs dans la poche en trente secondes. Quelques mots, un sourire et un regard rieurs, et c’est bon. Donc, inutile d’en faire trop entre les chansons, même si le chanteur est revenu à des proportions nettement plus raisonnables que lors de sa formule avec musiciens.

Les chansons, elles, sont toujours aussi belles. Et vous, lectrices, qui êtes peut-être déjà sous le charme de Pascal Mary, laissez tomber : c’est toute la gent féminine qui se fait brillamment envoyer dans les cordes au cours (ou plutôt à la fin) d’une chanson désopilante. Eh oui, Pascal Mary est gay, et le fait désormais savoir clairement, tandis que le doute pouvait, éventuellement, subsister après ses prestations précédentes. Mais on est loin d’une chanson militante, plutôt une veine subtilement autobiographique, qu’on devine dans la chanson qui ouvre le spectacle intitulée Me v’là, qui résonne comme une affirmation malicieuse et apaisée après des périodes de doute.

Le chanteur passe donc sans difficulté d’un registre intimiste, voire mélancolique, à celui de la satire vacharde, comme dans Joyeux Noël, portrait mordant des Noëls en famille où, n’ayant rien à se dire, on laisse la télé allumée ; ou bien Ma p’tite sœur, dont la conclusion vous laissera sans voix et qui rappelle une précédente chanson de Mary dans laquelle, ingénu, un chien évoquait sa maîtresse sans vie, lors de la canicule de 2003… En passant, espérons qu’un meilleur réglage du son pourra permettre à la voix de Pascal Mary de ressortir plus fort que le son du piano. On a en effet parfois l’impression que le chanteur force un peu pour surmonter ce volume un poil trop puissant. Et au fait, cette souscription ? Allez-y. Nous, on souscrit. 

Céline Doukhan

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Tout compte fait, Pascal Mary en concert

http://pascalmary.weebly.com/

Avec : Pascal Mary

Photo : © D.R.

Pittchoun Théâtre • 72, rue de la Bonneterie • 84000 Avignon

www.pittchoun-theatre.com

Réservations : 04 90 27 12 49

Du 5 au 27 juillet 2014 à 16 h 10

Durée : 55 minutes

16 € | 11 € | 8 €