« Une partie de cache-cache », de Nicolas Engel, Théâtre de l’Épée‐de‑Bois à Paris

Une partie de cache-cache © D.R. Une partie de cache-cache © D.R.

Vie rêvée

Par Maja Saraczyńska
Les Trois Coups

Le festival Diva, une grande fête du théâtre musical à la Cartoucherie, arrive déjà à son terme. Voici un bijou de plus, qui a sans aucun doute profondément marqué cet évènement artistique de grande qualité.

Une partie de cache-cache, une petite comédie macabre et musicale, située à mi-chemin entre la chanson lyrique et la pantomime, nous dévoile plusieurs talents. De beaux textes d’abord, une musique remarquable ensuite, composée et interprétée par Raphaël Callandreau, l’interprétation admirable enfin de Juliette Laurent. Quel plaisir de découvrir cette jeune artiste talentueuse, qui, seule sur scène, réussit si habilement à l’habiter par sa voix et par son corps.

Cette présence scénique singulière nous confronte à l’univers ténébreux et macabre de l’enfance. La légèreté de la musique contraste avec l’histoire chantée et racontée corporellement. Ce récit qui traite des sujets les plus graves : la cruauté puis la disparition des parents, le départ vers l’inconnu, le viol, la solitude, l’emprisonnement, le travail aliénant, l’amour, le meurtre… avec un humour désarmant.

Juliette Laurent interprète avec beaucoup de passion ce personnage charmant, plein de naïveté et de maladresse. Une petite héroïne en quête d’amour et toujours prête à accepter le mauvais sort – « Quand on est bonne à rien / Une chambre de bonne, c’est déjà bien » !, « Quand on est bonne à rien » / le travail que personne ne voulait, c’est déjà bien ! – nous entraîne dans un univers de fantaisie exubérante, qui sombre dans la folie.

Une partie de cache-cache est une très attendrissante comédie sur la solitude et l’invention d’une vie. Seule dans sa minuscule chambre de bonne, dans le noir, la petite protagoniste joue à cache-cache avec ses souvenirs, elle s’invente des amies et imagine la vie des autres, ceux qui vivent derrière les murs de sa chambre et ne l’aperçoivent jamais.

Cette vie en miniature, si bien récréée par la scénographie de Sarah Heitz‑Ménard, répond en écho à la déshumanisation de la société. Une petite fille qui nous chante ses deux vies, la réelle et l’imaginaire, et qui nous fait prendre conscience de notre condition humaine au sein de l’univers plein de violence, d’indifférence, de manque d’affection… Tout en nous faisant rire. Et en nous apprenant qu’il ne faut jamais désespérer dans la vie. 

Maja Saraczyńska


Une partie de cache-cache, une petite comédie macabre et musicale, de Nicolas Engel

Traversée | Musiques en festivals, association d’artistes de la scène musicale parisienne • 64, rue Lamarck • 75018 Paris

06 64 23 75 57 | 06 27 28 31 61

Mise en scène : Nicolas Engel

Avec : Juliette Laurent

Musique composée et interprétée : Raphaël Callandreau

Scénographie : Sarah Heitz-Ménard

Théâtre de l’Épée-de-Bois • la Cartoucherie • route du Champ-de-Manœuvre • 75012 Paris

Métro : Château-de-Vincennes, puis navette ou bus 112

Réservations : 01 48 38 39 74

Jeudi 5 juin 2008 à 19 heures

Durée : 1 heure

18 € | 13 € | 9 €

Diva, grande exposition musicale, du 16 mai au 8 juin 2008

Diva propose chaque jour deux spectacles, à 19 heures et 21 heures ; les dimanches à 16 heures et 20 heures ; relâche mardi

Pass Diva : 30 € | 20 € (pour 2 spectacles) et 55 € | 45 € (pour 5 spectacles)

www.divamusic.fr