Ça marche !
Léna Martinelli
Les Trois Coups
Le monde ne tourne pas rond. Ne marche-t-on pas sur la tête ? Marius Fouilland prend l’expression au pied de la lettre pour créer un remarquable spectacle tout public, entre théâtre d’objet, cirque et fable visuelle.
« C’est carré », formule popularisée par le rap français au début des années 2010, mais déjà au goût du jour dans les anciennes générations, exprime la clarté, quelque chose qui va de soi. Elle se traduit par « d’accord », « c’est parfait ». Pourtant, le personnage de C’EST CARRÉ semble bien embarrassé. Avoir une tête en forme de cube n’est pas simple. Heureusement, ses gestes sont courbes, ses mouvements arrondissent les lignes. Facétieux, il trace aussi des ronds dans des carrés pour partager ses émotions.
Certes, grâce à de belles astuces, le langage est compréhensible de tous. Marqueur identitaire, agrès, surface d’expression, le casque remplit donc plusieurs fonctions. La présence du public est essentielle pour permettre au public de compléter les symboles sur le support : témoin, complice et miroir,c’est par ce regard que l’automate découvre qu’il existe. Le rôle de la régisseuse est d’ailleurs indispensable. Fanny Padovani, sorte de maestro de cette histoire, évoque Geppetto. Elle assure la régie de la partition scénique.
« Très tôt, l’image du pantin s’est imposée comme point de départ », explique Marius Fouilland. Ce personnage renvoie à l’histoire de Pinocchio qui découvre peu à peu la vie, l’émotion et la liberté. Autour de cette référence gravitent d’autres univers : la boîte à musique, symbole de l’enfance mais aussi des engrenages, et le forain, avec ses figures de montreurs d’ours, d’impresario, d’exposant.
Le corps comme terrain d’émancipation
Drôle et acrobatique, ce cirque sans parole montre le corps comme terrain d’émancipation. Or, tout semble possible, pourvu qu’on s’en donne la peine. Entre contrôle et liberté, répétition et improvisation, mécanique et émotion, le spectacle interroge donc notre propre condition : comment retrouver le contact avec nos sensations, notre imagination et notre humanité ?
Drôle et acrobatique, ce cirque sans parole montre le corps comme terrain d’émancipation. Or, tout semble possible, pourvu qu’on s’en donne la peine. Entre contrôle et liberté, répétition et improvisation, mécanique et émotion, le spectacle interroge donc notre propre condition : comment retrouver le contact avec nos sensations, notre imagination et notre humanité ?

On avait beaucoup aimé le précédent spectacle de la Cie Inéluctable : Soie, très différent. Si l’on retrouve le style, à la croisée de l’acrobatie et de la danse, notamment la breakdance, C’EST CARRÉ surprend. Même l’entrée en matière est originale, avec de judicieuses consignes à hauteur d’enfant, une ingénieuse scénographie. Et l’invitation qui leur est faite à la fin de la représentation est très bien vue. Justement, comment fait donc Marius Fouillant (Cie Inéluctable) pour assurer, avec autant d’agilité, les interactions avec le public ?
Léna Martinelli
C’EST CARRÉ, Cie Inéluctable
Site de la cie
Auteur et interprète : Marius Fouilland
Régisseuse et interprète en jeu : Fanny Padovani ou Maïssance Tacherift
Mise en scène, regard scénographie et composition musicale : Jonathan Guichard (Cie HMG)
Durée : 40 min
Tout public
Plus d’infos ici
Spectacle vu dans le cadre du festival Le Mans fait son cirque, 25e édition du 20 au 31 mai 2026, porté par Le Plongeoir Cité du Cirque Pôle Cirque Le Mans Sarthe Pays de la Loire
Tournée ici :
• Le 6 juin, dans le cadre du Festival Puppet Day par le Kiwi et Marionnettissimo, à Ramonville (31)
• Le 13 juin, dans le cadre de la Fête de quartier, La Brèche PNC Normandie, à Cherbourg (50)
• Le 14 juin, dans le cadre du Festival Clignancourt Danse sur les rails, à Paris (75018)
• Le 4 et 5 juillet, dans le cadre du Festival Les Beaux Jours , ONYX à Saint-Herblain (44)
• Du 23 au 26 juillet, dans le cadre du Festival Chalon dans la rue, à Chalon-sur-Saône (71)
Photo de une : © Brigitte Zugaj


