Aux armes les ados !
Léna Martinelli
Les Trois Coups
Auréolée de plusieurs prix, dont celui de la Bibliothèque de Théâtre Armand Gatti, porté par le succès, « Le Poids des fourmis » continue de tourner. Il faut dire que le Théâtre Bluff fourmille de talents.
La pièce raconte l’affrontement entre Jeanne et Olivier, en lice pour une élection scolaire. À la tête de l’école : un directeur manipulateur et des adultes qui ne valent guère mieux. Mais, attention, ces jeunes veulent changer le monde ! Cette satire politique hallucinée jongle avec des questions d’abus de pouvoir et de résistance citoyenne. Aussi exubérante que caustique, elle invite le spectateur à réfléchir au poids qu’il porte, mais surtout, à celui qu’il a, face au monde. Fresque engagée et satirique, la mise en scène insuffle de l’énergie pour continuer à rêver et à agir. Chaque individu, chaque fourmi, n’est-il pas le maillon actif d’une grande chaîne ?
« Auteur québécois, David Paquet a reçu à deux reprises le prix Sony Labou Tansi des lycéens : preuve de sa capacité à faire mouche auprès des adolescents par des textes percutants et souvent bourrés d’humour. Décalé, pop, désopilant, le Poids des fourmis est un poids lourd du spectacle jeune public. »
☛ Lire la critique de Laura Plas (15 juillet 2024)
Léna Martinelli
Le Poids des fourmis, de David Paquet
Site du Théâtre Bluff
Mise en scène Philippe Cyr
Avec : Nathalie Claude, Gaétan Nadeau, Élisabeth Smith, Gabriel Szabo
Dès 13 ans
Durée : 1 h 15
Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines scène nationale • Théâtre Coluche • 980, avenue du Général de Gaulle • 78370 Plaisir
Le 9 janvier 2026 à 20 h 30
De 6 € à 23 €
Réservations : en ligne • Tel. 01 30 96 99 00
En partenariat avec la Ville de Plaisir
Photo de une : © Yanick Macdonald



Une réponse
Avis : Spectacle « Le Poids des fourmis » à la Salle de l’Isle (11 mars 2026)
Hier soir, je me suis rendue à la Salle de l’Isle (capacité d’environ 1300 places), qui était presque pleine – et surtout composée en très grande majorité de collégiens. La pièce présentée était Le Poids des fourmis de la compagnie québécoise Théâtre Bluff, dans le cadre d’une programmation du Vellein / CAPI, visiblement organisée pour des groupes scolaires ou des structures socio-éducatives (dont la jeune troupe amateur de théâtre de Villefontaine).
Je suis toujours curieuse de voir ce que le service public — financé par nos impôts — propose comme « nourriture intellectuelle » et culturelle à des adolescents.
Cependant, ce que j’ai vu m’a laissée très perplexe. À mes yeux, le spectacle relevait davantage d’un discours politique très engagé — notamment sur des thématiques écologistes et une critique marquée du modèle américain et du consumérisme — que d’une création artistique laissant réellement place à la pluralité des interprétations.
La satire éco-politique est assumée (éco-anxiété, résistance citoyenne, critique du pouvoir et des adultes jugés « irresponsables »). L’énergie et l’humour sont présents, mais le propos m’a semblé très unilatéral. J’ai eu le sentiment que le spectacle cherchait davantage à convaincre et mobiliser dans un sens précis qu’à encourager un véritable débat ou le développement de l’esprit critique.
Avec une salle quasiment pleine de collégiens — souvent mineurs et présents dans le cadre d’activités scolaires ou associatives — cela pose question. Est-ce le rôle du service public français d’organiser ou d’accompagner massivement des jeunes vers un spectacle aussi orienté politiquement et prosélyte ?
Le service public, notamment lorsqu’il s’adresse à des mineurs, a l’obligation de respecter la neutralité, le pluralisme des idées et la formation de l’esprit critique. Ces principes ne sont pas optionnels.
Je souhaiterais donc pouvoir échanger calmement avec la ou les personnes responsables de cette sortie afin de discuter de ces questions et de rappeler ces principes.
Ouverte à un dialogue constructif et respectueux.
Merci pour votre lecture.