« l’Appel de la forêt », d’après Jack London, Théâtre des Clochards‐Célestes à Lyon

« l’Appel de la forêt » © Fabien Blanchon « l’Appel de la forêt » © Fabien Blanchon

Sauvage et délicat

Par Trina Mounier
Les Trois Coups

Ils ont un certain culot, ces percussionnistes, il est vrai très doués (voir Visages), de se lancer dans une aventure musicale, mais aussi théâtrale et visuelle autour du roman de Jack London, « l’Appel de la forêt ». Défi relevé avec élégance…

Le spectacle, destiné à un public à partir de 7 ans, a bénéficié du regard complice, mais qu’on imagine sans concession, d’Élisabeth Saint-Blancat : depuis le temps qu’elle accueille et promeut de jeunes compagnies…

Derrière l’histoire connue de Buck, le chien de traîneau déçu par les hommes, ses soi‑disant meilleurs amis, qui choisit de retourner à la vie sauvage en compagnie des siens, les loups, Jack London évoque avec intensité la cruauté et l’avidité humaines, tout autant que la dureté du monde animal, la loi du plus fort sous toutes ces formes.

Quentin Dubois, percussionniste membre de Tactus, qui signe ici la mise en scène en propose une version très originale.

Sur le plateau, une immense batterie ornée d’accessoires bizarres, tandis que, derrière un petit bureau surmonté de lampes et d’une caméra, la dessinatrice Marion Cluzel est installée. Ce sont ses mains et le tableau mouvant qu’elles exécutent qui seront projetés sur l’écran en fond de scène (laquelle est vraiment réduite aux Clochards célestes…). À jardin, la musique, très visuelle comme toujours avec les percussions ; à cour, le dessin. Entre les deux, à tour de rôle ou ensemble, ils viendront raconter au public l’histoire de Buck.

Le mariage de l’aquarelle, du jeu et des percussions

Les percussions font vivre évidemment tous les bruits, inquiétants et enchantés, de la forêt, les craquements de la glace, les hurlements des chiens, les claquements des fouets. Pendant ce temps, un décor infiniment délicat aux teintes pastel se dessine, s’efface et se peint à l’aquarelle sous nos yeux. Parfois les chiens sont eux aussi esquissés, parfois Marion Cluzel pose de simples miniatures sur le papier.

L’idée originale de cette mise en scène rend le spectacle incroyablement vivant malgré l’apparente distance introduite par le dessin et l’illustration musicale. C’est que tout est à vue, et surtout rien n’est figé. Parfois la dessinatrice vient dire le texte, parfois un percussionniste passe au dessin, parfois, à des moments particulièrement émouvants, ils se regroupent au centre du plateau, par exemple autour de la tombe de Curly. Ils jouent de leurs divers instruments, dont les sonorités sont si distinctes ; elle fait glisser les soies de son pinceau ; ils nous font partager les secrets de la création en train de naître sous nos yeux.

Au final, une vraie réussite artistique et une belle manière de faire découvrir l’Appel de la forêt 

Trina Mounier


l’Appel de la forêt, d’après Jack London

Spectacle jeune public musical dessiné à partir de 7 ans

Conception, mise en scène et adaptation : Quentin Dubois

Regard complice : Élisabeth Saint-Blancat

Dessin live et illustrations : Marion Cluzel

Musiciens : Ying‑Yu Chang, Quentin Dubois, Théo His‑Mayer

Voix off : Jacques Verzier

Musique : György Ligeti, Quentin Dubois

Arrangements musicaux : Quentin Dubois et Raphaël Aggery

Création sonore et vidéo : Pierre Olympieff

Création lumière : Jean‑Yves Pillone

http://www.tactuspercussion.com/projets/appel-de-la-foret/

Photos : © Fabien Blanchon

Production Ensemble Tactus

Corpoduction : Théâtre des Clochards-Célestes

Avec le soutien des Subsistances à Lyon

Théâtre des Clochards-Célestes • 51, rue des Tables-Claudiennes • 69001 Lyon

www.clochardscelestes.com

04 78 28 34 43

Du 11 au 23 octobre 2016, le 11 à 10 heures et 14 heures, le 13 à 14 heures et 19 heures, le 14 à 14 h 30 et 20 heures, le 18 à 14 heures et 19 heures, le 19 à 10 h 30 et 19 heures, le 20 à 15 heures et 19 heures, le 21 à 15 heures et 20 heures, les samedi et dimanche à 17 heures

Durée : 1 heure

Tarifs : 8 € et 11 €