« Une question sans réponse est une lumière qui ne s’éteint jamais » (Char)
Lorène du Bonnay
Les Trois Coups
La 80e édition du Festival d’Avignon approche ! Elle est conçue comme une grande fête de questions complexes posées par les artistes au public. Celles-ci ont le pouvoir de résonner et d’instaurer des débats. Dans un monde obscurci et dénué de nuances, Tiago Rodrigues affirme que « la beauté du doute et de l’incertitude » qui caractérise la création artistique, dans toute sa diversité, continue de nous éclairer.
Il y a quatre-vingt ans, Jean Vilar inaugurait l’aventure de « La semaine de l’art en Avignon ». Aujourd’hui, le Festival brille durant vingt-deux jours, aux mêmes dates que le Off. La langue à l’honneur, cette année, est le coréen (après l’anglais, l’espagnol et l’arabe) : changement « d’échelle et de géographie ». Cette édition propose 47 spectacles, 273 représentations et plus de 300 rendez-vous (comprenant les débats, projections, rencontres et les lectures). Enfin, elle s’adresse potentiellement à plus de 137 000 spectateurs dont les parcours sont différents et parfois surprenants. Dans un geste symbolique (qui nous rappelle le dispositif du spectacle By heart – dont vous pouvez lire notre critique), Tiago Rodrigues a confié la présentation de la programmation à des festivaliers de tous âges, sur le plateau de la FabricA. Ils nous convient à un banquet de questions savoureuses – retranscrites ici – qui nous mettent en appétit.
Le spectacle de Julien Gosselin (lire notre critique) ouvre le Festival dans la Cour d’honneur du Palais des Papes et pose la question de la fascination des écrivains pour le mal. Maldoror mêle comme à son habitude avec talent théâtre, littérature et cinéma et fait dialoguer les œuvres du chilien Roberto Bolaño avec le poète Lautréamont. « Malgré mon âge », lance un lycéen, « je m’interroge sur le fait qu’on puisse être fasciné par la représentation de la violence dans l’art tout en la rejetant dans la société. »


Tiphaine Raffier © Christophe Raynaud de Lage ; « Maldoror » © Julien Gosselin
Un autre spectateur évoque le lien entre la création et le mal dans Une lueur cordiale, un spectacle de l’artiste brésilienne Carolina Bianchi (lire notre critique). Elle revient cette année au Festival d’Avignon pour présenter en création mondiale avec Cara de Cavalo le dernier volet de sa trilogie Cadela Força. L’artiste nous entraîne dans son obsession de l’écriture, en quête des racines de la violence. « Que reste-t-il en mémoire après un traumatisme ? Est-ce que quelqu’un peut parler à la place de quelqu’un d’autre ? La création artistique peut-elle résonner dans une identité fissurée ? Un spectacle dérangeant ne donne-t-il pas des clés pour résister ? », demande une spectatrice. L’intégralité de la trilogie sera présentée pour la première fois dans un marathon de 10 heures (repris en septembre au théâtre de l’Odéon).
« Quand la mort commence à occuper le terrain, comment peut-on continuer à aimer ? ». Voilà ce que retient une festivalière du huis clos sensible et néanmoins revigorant de Tiphaine Raffier (lire notre critique), L’Hors-présence ou Chimères du pays de Morsan. Ce spectacle retrace l’histoire d’une jeune femme gravement malade qui reçoit ses proches dans une maison, à la lisière de la forêt, pour y organiser les derniers jours de sa vie.
D’autres retours, des premières et un final… tous très attendus
Valérie Dréville (lire notre critique), éblouissante artiste associée au Festival en 2008 revient dans un seule en scène dirigé par le brillant Guy Cassiers (lire notre critique) : Thésée, sa vie nouvelle. La comédienne et le metteur en scène ont adapté le roman de Camille de Toledo. L’énigme de la transmission soulève cette interrogation : « Comment la mémoire habite-t-elle nos corps ? »
La grande artiste brésilienne Christiane Jatahy (lire notre critique) est aussi de retour au Festival d’Avignon avec le cinéaste Wagner Moura (qui a reçu des prix prestigieux pour son film L’agent secret). Les deux artistes ont écrit ensemble un spectacle bouleversant, Un procès, d’après L’ennemi du peuple d’Ibsen. « Jusqu’où sommes-nous prêts à nous engager pour défendre les valeurs démocratiques ? ».



« Thésée » Valérie Dréville et Guy Cassiers © Chloé Cohen ; « Un procès » Jatahy © Caio Lirio ; « Parabole du Seum » © Marikel Lahana
Gwenaël Morin (lire notre article) achève son projet (de 4 ans) au jardin de la rue de Mons avec un texte du répertoire : Le deuil sied à Électre du dramaturge américain Eugène O’Neill (version moderne de la tragédie grecque et du mythe d’Électre). « Peut-il y avoir de la lumière dans le deuil ? » ; « Les corps sont-ils les lieux où s’invente notre liberté ? ».
Après Fusées (lire notre critique), la nouvelle pièce de Jeanne Candel, Capra (une chèvre), s’inspire du mythe de Dionysos. L’artiste fabrique une tragédie où s’entremêlent acteurs, machinerie théâtrale et instruments de musique : « que se cache-t-il au fin fond du palais de la mémoire de (l’humanité) ? ». Rebecca Chaillon (lire notre critique) revient au Festival d’Avignon avec La parabole du Seum au Cloître des Célestins. Ce spectacle se questionne nos société en tressant texte, performance, images visuelles et atmosphère sonore.


« Capra » © Jean-Louis Fernadez ; « Everything must go on » © Tim Etchells
Le spectacle Everything Must Go du collectif de théâtre britannique Force Entertainment (présent au Festival en 2012) compose une performance visuelle à partir de textes de Tim Etchells. Dans un monde dystopique où la civilisation est en ruines, le reste de l’humanité décide de passer son temps dans un bar. Au plateau, les corps des acteurs se synchronisent avec une voix générée par l’intelligence artificielle. « Que restera-t-il de l’être humain quand les machines prendront le pouvoir ? ».
L’auteur et metteur en scene Ahmed El Attar (lire notre critique) présente son travail pour la troisième fois au Festival. Salma, mon amour entrelace conflits intimes et politiques : une famille bourgeoise égyptienne se heurte à la violence des crimes de guerre du Moyen-Orient et finit par se déchirer sous nos yeux. « À quel point notre société fracturée influence-t-elle nos déchirements familiaux ? ».


Carrière de Boulbon © Christophe Raynau de Lage ; « TG Stan » © Billlie Marcellis
La compagnie TG Stan (lire notre critique) fait sa première au festival pour un réjouissant spectacle de 5 heures qui célèbre une galerie de personnages de Molière, 1, 2, 3 Poquelin, dans la Carrière de Boulbon. « Va-t-on enfin apprendre quelque chose ? », s’insurge une spectatrice militante. Le spectacle L’intraitable beauté du monde d’Étienne Minoungou est présenté dans la cour du musée Calvet. Le conteur sera accompagné de musiciens pour partager les écritures de grands auteurs comme Edouard Glissant et Sonny Labou Tansy dans un dispositif oscillant entre stand-up et conférence : « De combien d’identités sommes-nous faits ? ».
L’aube des questions est un geste qui mélange pensée, théâtre, musique, danse et poésie. À l’invitation de l’historien Patrick Boucheron, de la journaliste Aurélie Charon et du metteur en scène Tiago Rodrigues, des dizaines d’artistes, scientifiques, philosophes, activistes et autres personnalités de la société civile montent sur scène pour poser 80 questions au monde, au public, à l’avenir. 80 singularités bercées vers le large par l’Orchestre National d’Avignon-Provence. Ces questions partagées ensemble de façon festive dans la Cour d’honneur, vont clôturer le 80e Festival d’Avignon : « peuvent-elles changer nos vies, franchir ces remparts culturels et psychiques pour danser avec le libre flux de la fraternité ? ».
Focus sur la littérature et les arts vivants coréens
Island Story de Kyung-Sung Lee évoque un des épisodes les plus sanglants de l’histoire coréenne. En 1948, sur l’île de Jeju, la répression violente d’un soulèvement a causé la mort de dizaines de milliers de personnes. Le metteur en scène se demande comment donner une voix à ceux qui furent jadis réduits au silence : pendant des décennies, ces événements ont été effacés du discours public. Un spectateur américain de 59 ans réagit : « Je sais que mon pays porte une responsabilité dans cette tragédie. Comment peut-on agir si horriblement et la cacher au monde ? ».
Muljil de Jinyeob Lee nous immerge dans la vie des Haenyeo : ces femmes âgées originaires de l’île de Jeju, en Corée du Sud. Chaque jour, elles plongent dans la mer pour pêcher mollusques et coquillages, en apnée, flirtant avec la mort pour subvenir aux besoins de leurs proches. « Une autre respiration est-elle possible dans notre monde immergé ? », s’inquiète une spectatrice.


« Kin » © GoguMa ; « Muljil » © Shinjoong Kim
Jaha Koo est l’un des jeunes artistes contemporains des plus importants du théâtre coréen. Ses spectacles et performances abordent les enjeux politiques de son pays : l’impuissance de sa génération, l’explosion du chômage, le taux de suicide élevé chez les jeunes. Trois de ses pièces sont présentées. Cuckoo nous parle de l’isolement à travers le dialogue entre trois machines, trois autocuiseurs de riz : « peut-on s’épanouir dans un pays sous pression ? ».
The History of Korean Western Theatre (l’histoire de théâtre coréen occidental) explore l’influence massive de l’Occident sur le théâtre en Corée et demande : « Shakespeare est-il un dramaturge coréen ? Pourquoi le théâtre coréen est-il minoritaire en Corée ? » Le troisième spectacle présent au lycée Mistral s’intitule Haribo Kimchi et nous entraîne dans l’atmosphère des échoppes de street food typiques des rues de Séoul. Entre théâtre et cuisine, il nous conte les petites histoires qui se cachent derrière les saveurs familières. « La cuisine n’est-elle pas le meilleur rempart qui soit contre la haine de l’autre ? ».



« Cuckoo » © Bea Borgers ; « Kin » © GoGuMa ; « Neige » © LG Arts Centers studio AL
Kim : Yeonhee Project I est un spectacle de la compagnie coréenne Liquid Sound qui mêle danse, cirque et percussion, avec des costumes somptueux et des numéros saisissants. Ce spectacle actualise une forme d’art populaire et traditionnel. « Va-t-on vraiment voyager en Corée, sans sortir d’Avignon ? ».
Lee Jaram, voix sans égale du pansori – un art du récit coréen accompagné d’un tambour – fait dialoguer la grande tradition coréenne avec la littérature russe. Au moyen d’un simple éventail, son spectacle Neige, neige, neige plonge le public dans l’hiver glacé d’une nouvelle de Tolstoï. « Un chant qui vient de l’autre côté du monde peut-il exprimer ce que je ressens ? », s’enquiert un spectateur.
La chorégraphe coréenne Song Im Her présente One Degree Celsius à la cour du lycée Saint-Joseph. Sa danse électrisante, rayonnante, rythmée par une musique électronique transforme la scène en un cœur battant : il s’agit d’examiner l’influence de l’art pour lutter contre le réchauffement climatique.



Isabelle Huppert © Christophe Raynau de Lage ; Hyeyoung Lee © Chung Eui Suk ; « Che dolore » © Andra Pizzalis
Quelle douleur terrible est l’amour ! est l’adaptation du dernier roman d’Han Kang, une écrivaine coréenne qui a reçu le prix Nobel de littérature. L’histoire mélange les mémoires collectives et intimes. Oiseau, en collaboration avec Han Kang encore, prend la forme d’une lecture performance créée pour la Cour d’honneur du Palais des Papes par Julie Deliquet, à partir d’un chapitre de son roman Un dieu impossible. En français et en coréen, deux merveilleuses actrices, Isabelle Huppert (lire notre critique) et Hyeyong Lee, seront les voix de la lecture mémorielle profonde et sensible de Han Kang. Un moment très attendu de cette édition.
Shakespeare toujours in love au Festival
Andrea Jiménez est une révélation du théâtre espagnol et elle sera pour la première fois au Festival d’Avignon avec Casting Lear. À chaque représentation, la metteuse en scène dirige un acteur dans le rôle de Lear, le roi de la tragédie de Shakespeare, afin de rechercher un père. L’acteur ne connaît pas le spectacle et accepte de participer à ce jeu aussi irrévérentieux que ludique face au public, et Jiménez interprète Cordélia. Les deux acteurs qui passeront son casting seront Éric Ruff et Denis Podalydès. Une lycéenne de 17 ans se demande si « l’amour d’un père au théâtre peut consoler une fille dans la vie réelle »…


« The last Hamlet » © Paul Blakemore ; « Casting Lear » © Vanessa Rabade
The Lost Hamlet est la nouvelle pièce du chorégraphe et metteur en scène britannique Ben Duke (auquel le Théâtre de la Ville consacre un focus en 2025-2026). Mêlant théâtre physique et danse narrative, il monte Hamlet pour en finir avec cette œuvre : il espère que sans la violence de ce personnage, le monde pourra s’améliorer. Un comédien et cinéaste de 24 ans rétorque : « J’espère sincèrement que Ben Duck n’arrivera pas au bout de sa mission, parce que j’aimerais bien jouer Hamlet en fait ». Il peut compter sur Thibaut Perrenoud, désireux de montrer son Hamlet (joué avec trois acteurs furieusement joyeux) dans des quartiers, des espaces archéologiques, des entreprises, des espaces publics, aux alentours d’Avignon. Une spectatrice, professeure, fouille sans fin ces questions : « être ou ne pas être ? » et « comment transmettre, faire du théâtre pour toutes et tous ? ».
Des acrobates, danseurs et musiciens d’exception
Les acrobates aériens du collectif XY nous bouleversent depuis 20 ans avec leur art spectaculaire et sensible. Avec eux, le cirque fait son retour à la Cour d’honneur du Palais des Papes, dans une adaptation de leur dernier spectacle, en tournée depuis des mois. Le Pas du monde (lire notre critique) interroge notre rapport à l’environnement et nous propose des corps métamorphosés en paysages.



« Terces » © Philippe Laurençon ; « Le Pas du monde » © Melissa Waucquier ; Cour d’honneur © Christophe Raynaud de Lage
« Comment vivre sereinement dans un monde en perpétuel mouvement ? » Le singulier circassien Johann Le Guillerm présente un spectacle nourri de poésie et d’utopie (dans le cadre d’une association entre le Festival d’Avignon et celui de Villeneuve-en-Seine). Terces (lire notre critique) permet à l’artiste de réinterroger son spectacle depuis 2003, tout en faisant ses recherches précises et régulières sur les équilibres.
« Comment peut-on danser ce qui ne peut être dit ? » questionne la pièce chorégraphique Muette, présentée à la chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon pendant les rencontres d’été par Boris Charmatz. L’artiste revient au Festival avec un seul sur scène, « une danse dénudée qui fulmine à bas bruit et fait parler le silence ».
Le concert chorégraphié Silence explore la façon dont « la danse et la musique peuvent modifier nos états de conscience ». Ce spectacle pour 11 artistes est né de la rencontre entre la musicienne Lucie Antunes et la chorégraphe Mathilde Monnier. La splendide carrière de Boulbon fera résonner la question de la place du silence dans nos vies.


« How romantic » © Katerina Andreou ; « Growing piece » © Patrick Berger
« Sommes-nous seuls quand nous dansons ensemble ? » La chorégraphe grecque Katerina Andreou a créé How Romantic pour la compagnie norvégienne Carte Blanche. Sa pièce s’intéresse au couple et à la perception de l’intime. « Peut-on danser le deuil ? » La nouvelle création de la danseuse et chorégraphe Madeleine Fournier sera interprétée aux Hivernales : Growing Piece s’inspire du mythe grec des Héliades et traite du deuil, de la transformation des corps et de la métamorphose (à travers l’épopée quasi immobile d’une plante cherchant à s’arracher du sol pour retrouver l’élan de la vie).
Benjamin Clementine va donner le concert Sir Introvert and the Featherweights dans la Cour d’honneur du palais des Papes. Un spectateur explore sur le parcours de cet artiste passé « de l’underground à la lumière ». En effet, Benjamin Clémentine a très longtemps chanté dans le métro avant d’être découvert par hasard à Paris en 2013. Il a depuis arpenté toutes les scènes internationales et musicales. Son répertoire et ses inspirations mêle des textes de la Beat Generation (d’Allen Ginsberg), de Kafka, William Blake, et du jazz, de la soul, de la musique classique avec Eric Satie. Sa voix sourde, discrète, intime, instaure un dialogue incomparable avec son piano, ses mains, le sol et le public.
« Quelle est la musique de ta vie ? » Le chorégraphe et danseur américain Trajal Harrell partage les siennes au Cloître des Carmes. Avec Music Music, il nous propose un solo intime qui explore les liens profonds entre musique, mémoire et corps. Au Mahabharata, le bar du Festival d’Avignon, nous allons découvrir les performances de Vanasay Khamphommala et nous demander si les fantômes chantent avec nous.
Familles : petites ou grandes, je vous hais, je vous ai
Nous ou le paradoxe du hérisson de Muriel Imbach est un spectacle de théâtre pour tout public à partir de 7 ans qui se demande ce qu’est une famille : « où commence-t-elle ? ». Dans Mon frère, François Grémaud sera accompagné sur scène de son frère Christian, sourd de naissance et ayant souffert d’exclusion. Il lui rend hommage en créant pour lui une pièce entière en langue des signes. « Comment préserver un lien si fort » dans la durée ?
Dans un futur proche, un père et une fille se sont retranchés dans un bunker de luxe. Le père, qui se fait implanter une puce pour augmenter ses capacités cognitives, parle trop. Sa fille s’enferme dans un profond mutisme. Tel le point de départ de Bunker, nouvelle création de Marion Siéfert (dont le spectacle Daddy nous avait marqué à l’Odéon), invitée au festival pour la première fois. « Comment finissent les civilisations ? », s’angoisse un spectateur.



« Bâtir » © Inge Vermeiren ; « Présentation de la prgrammation à la FabricA » © Christophe Raynaud de Lage
Salim Djaferi (lire notre critique) a découvert des photos de grands ensembles urbains bâtis en Algérie dans les années 50. Ceux-ci ressemblaient aux cités dans lesquelles il a vécu avec ses parents en Seine-Saint-Denis. Après Koulounisation (dans le Off et au théâtre de la Bastille), son nouveau spectacle Bâtir, qui mêle récits intimes et histoires collectives, se demande quelles histoires porte l’architecture.
Tentatives, expositions, Fictions, rencontres, films, etc.
Vive le sujet ! Tentatives (en trois séries) est une collaboration du Festival d’Avignon en partenariat avec la SACD que nous apprécions particulièrement. Depuis 1997, le plateau nu du Jardin de la Vierge du lycée Saint Joseph révèle au public six pièces courtes, expérimentales, pluridisciplinaires, réjouissantes.
L’exposition permanente de l’histoire du Festival d’Avignon Les Clés du Festival à la Maison Jean Vilar, sera enrichie par une proposition de Julien Gosselin et du catalogue du commissaire Antoine De Baecq. La collection Lambert propose aussi l’exposition Le Murmure des Libres qui dévoile les œuvres de trois artistes femmes originaires de Palestine, Inde et Corée du Sud.


« Les clés du Festival » © Christophe Raynaud de Lage
D’ailleurs, voulez-vous côtoyer les artistes de la programmation ? Rendez-vous au Café des idées. Pour découvrir les Fictions France Culture, allez au jardin du musée Calvet (entre plusieurs autres propositions, une soirée est consacrée à la vie et l’œuvre de Didier-Georges Gabily avec Stanislas Nordey et Emmanuelle Béart). La BNF propose aussi une série d’événements sur Valère Novarina. Ne manquez pas Les Belles Heures (lire notre article), qui mettent en exergue les écritures théâtrales d’aujourd’hui, avec Artcena à la Maison Jean Vilar, les 10 et 11 juillet.
À la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, les rencontres d’été proposent des spectacles, lectures et rencontres et notamment le cycle Écrire en guerre avec des auteurs et autrices originaires d’Ukraine ou de l’Iran. Retrouvez Le Souffle d’Avignon avec les scènes d’Avignon, le parcours Première fois, le programme Transmission impossible (avec la chorégraphe Lia Rodrigues), des contes coréens pour enfants, des conférences. Enfin, le cinéma Utopia fête ses 50 ans en 2026 et, comme pour toutes les éditions Territoires cinématographiques, on peut voir une sélection de films pour enfants tous les matins, du cinéma coréen et d’autres films proposés par les artistes du festival.
Cette programmation a de quoi nous animer, nous éveiller, nous faire penser contre nous-mêmes, procurer des émotions. L’art pose des questions sans y répondre. Nul doute que les festivaliers tâcheront de répondre à certaines, le temps de cette utopie théâtrale de quelques semaines si nécessaire.
Lorène du Bonnay
Festival d’Avignon
80e édition, du 4 juillet au 25 juillet 2026
Site du Festival d’Avignon
☛ Lire les critiques de nos rédacteurs signalées dans l’article ci-dessus, sur Les Trois Coups !
Photo de une : © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon


